Accueil Accueil       Version imprimable Version imprimable          Partager Partager
25 Janvier 2012
une voiture, une marque, un homme

Great Wall

un constructeur chinois qui monte

par Joest Jonathan OUAKNINE

Il y a quelques jours, en suivant le Dakar, vous avez peut-être vu apparaitre dans le classement : " C. Sousa, Great Wall. " Pour sa troisième participation, le SUV Chinois a terminé au 7e rang final. Et ce n'est qu'un début…



Carlos Sousa 7e du Dakar 2012 avec un Great Wall préparé en France par SMG
Carlos Sousa 7e du Dakar 2012 avec un Great Wall préparé en France par SMG
La longue marche
Great Wall naît en 1976, à Baoding et elle est alors spécialisée dans le machinisme agricole. En 1984, la marque dévoile une première automobile, sans lendemain. En 1991, elle présente cette fois un pick-up, le Deer. En 1996, Great Wall obtient enfin l'autorisation officielle de produire des véhicules. En 1999, elle produit son 10 000e Deer et devient premier producteur Chinois de pick-up (c'est dire si à l'époque, les niveaux de productions étaient faibles.)

En 2001, le marché des tout-terrains explose en Chine. Great Wall accompagne la tendance en lançant toute une gamme de véhicules bon marché : les pick-up Sailor et Socool (sic.), ainsi que les SUV Safe, Sing et Pegasus.
Cette même année, Wang Feng Ying est élu présidente, après 10 ans au service commercial. Avec Chen Ailian, fondatrice de Wanfeng, Wang est la seule femme responsable d'un constructeur automobile Chinois.

En parallèle, le constructeur commence à exporter dans les pays émergents, où il obtient un certain succès. Le pick-up Deer apparaît même sur le billet de 10 pesos convertibles cubains !

Wang Feng Ying, présidente de Great Wall depuis 2001
Wang Feng Ying, présidente de Great Wall depuis 2001
En 2001, le marché des tout-terrains explose en Chine. Great Wall accompagne la tendance en lançant toute une gamme de véhicules bon marché : les pick-up Sailor et Socool (sic.), ainsi que les SUV Safe, Sing et Pegasus.

Cette même année, Wang Feng Ying est élu présidente, après 10 ans au service commercial. Avec Chen Ailian, fondatrice de Wanfeng, Wang est la seule femme responsable d'un constructeur automobile Chinois.

En parallèle, le constructeur commence à exporter dans les pays émergents, où il obtient un certain succès. Le pick-up Deer apparaît même sur le billet de 10 pesos convertibles cubains !

le pick-up Deer, premier véhicule produit en série par Great Wall
le pick-up Deer, premier véhicule produit en série par Great Wall
Montée en puissance
Il existe alors une centaine de constructeurs et d’assembleurs Chinois de tout-terrains. Great Wall est noyé dans la masse. Pourtant, sa production a augmenté de façon vertigineuse : le constructeur fête son 100 000e véhicule en 2005 et il se vante d’être désormais capable d’en produire 100 000 de plus chaque année.

Un premier tournant a lieu en fin d’année, avec le Hover. Ce SUV de milieu de gamme se veut plus confortable, mieux fini et moins rustique que ses concurrents. Notez qu’il est proposé dans une version limousine, baptisée ∏. Le constructeur fait de même dans les pick-up avec le Wingle, dont l’avant est inspiré d’un concept-car Volkswagen.

Parmi les nombreuses citadines lancées entre 2007 et 2008, la Florid est le seul succès de Great Wall
Parmi les nombreuses citadines lancées entre 2007 et 2008, la Florid est le seul succès de Great Wall
Néanmoins, le grand virage a lieu fin 2006. Great Wall dévoile trois citadines : la basique Peri, la Cool Bear, plus cossue et la Florid, la plus grande du lot. Il s'agit de plagiat évident de modèles existants. Un paparazzi s'infiltre chez le constructeur et y surprend le Cool Bear aux côtés de son " inspirateur ", le Toyota bB.

L'état Chinois, qui délivre les autorisations de production, est embarrassé. D'un côté, il souhaite une industrie automobile Chinoise forte. De l'autre, il est déjà suffisamment accusé d'être un paradis des contrefacteurs. En plus, loin de se calmer, Great Wall présente trois autres citadines clonées : la Cowry, la i7/Phenom et une version 4x4 de la Peri.

Le bras de fer avec l'état Chinois dure un an. Pour faire aboutir son dossier, Great Wall  montre qu'il possède déjà des pré-commandes pour sa Peri au Moyen-Orient et en Russie. Or, l'export est le talon d'Achille de l'industrie automobile Chinoise.
A l'automne 2007, la Peri obtient un feu vert. La Cowry et la Florid suivent peu après. Great Wall est ainsi le premier constructeur Chinois venu des SUV qui se diversifie dans les berlines.

Première citadine du constructeur la Peri s'attire les foudres de Fiat
Première citadine du constructeur la Peri s'attire les foudres de Fiat
Turbulences

Great Wall ouvre des usines d'assemblage de Hover en Ukraine et au Venezuela. Lors des Jeux Olympiques de Pékin, il offre des voitures aux athlètes Croates et Roumains, afin de souligner qu'il est présent là-bas. A peine la Peri sort de chaîne qu'il en exporte 556 unités (alors que d'ordinaire, les Chinois expédient plutôt leurs invendus ou leurs modèles obsolètes.)

Avec ses citadines, Great Wall crée une polémique. Fiat clame que la Peri n'est qu'une copie de la Panda. Il entame en parallèle une procédure judiciaire en Italie et une autre en Chine. Les deux procès durent des mois. Le jugement Italien tranche en faveur de Fiat : Great Wall n'a pas le droit de vendre la Peri en Europe. Sans surprise, le jugement Chinois conclu que la Peri est une création originale. Pire : Fiat, qui tente de monter une joint-venture, voit la bureaucratie se dresser devant lui.

Le problème de Great Wall, ce n'est pas le jugement Italien (il n'avait aucun projet de mise en vente de la Peri en Europe), mais les chiffres de vente. Trop chère, la Peri est un flop en Chine. A contrario, la Florid dépasse les espérances du constructeur. Néanmoins, au final, il n'a vendu que 130 000 véhicules en 2008 (contre 120 000 en 2007), là où il en espérait 200 000.

L'Hover marque de nets progrès en terme de design et de finition
L'Hover marque de nets progrès en terme de design et de finition
Deuxième étage de la fusée
Pour 2009, Great Wall réorganise sa gamme. Les vieux pick-up et SUV sont sacrifiés. La Peri et le Cowry, qui n'ont pas convaincu, sont également dégagés. Désormais, " Hover " désigne tous les SUV de la marque. La Peri 4x4 devient Hover M1. Le Hover " tout court " devient Hover H3. Il est épaulé par une première version plus luxueuse, le Hover H5, puis une seconde encore plus luxueuse, le Hover H6. Le pick-up Wingle s'offre également un coup de jeune avec le Wingle5.

Hélas, à l'export, il est victime de la crise mondiale. La plupart des importateurs ferment. Les représentants Australiens, Italiens et Russes tiennent le coup, malgré des ventes en chute libre.

Un SUV Hover assemblé en Ukraine en 2007
Un SUV Hover assemblé en Ukraine en 2007
Pour franchir un nouveau palier, le constructeur veut se lancer dans les berlines 4 portes. A l'instar de ce que la marque a fait avec Hover, elle décide que ses berlines s'appelleront " Voleex ".

Le premier modèle est la compacte Voleex C30, commercialisée fin 2010. Elle plait d'emblée et se retrouve meilleure vente des voitures " pures " en Chine. Elle est secondée en 2011 par la berline moyenne Voleex C50.

En parallèle, pour capitaliser sur son image d'expert en SUV, Great Wall aligne un véhicule au Dakar 2010. L'expérience est jugée concluante et il récidive en 2011. Son pilote, Zhou Yong, manque de peu de finir dans le top 10 et il est accueilli en héros à son retour en Chine. De quoi convaincre le constructeur de revenir en 2012, avec cette fois deux voitures. Le Portugais Carlos Sousa termine 7e, la meilleure performance à ce jour d'une voiture Chinoise dans une course internationale.

Conclusion
Aujourd'hui, le moral est au beau fixe pour Great Wall. En Chine, les ventes de SUV, de break et de monospace n'entrent pas dans les chiffres des voitures particulières. Sans quoi il serait le deuxième constructeur " pur ", derrière Chery.

En terme de produits, on attend un SUV sportif (sur le modèle du BMW X6) et peut-être une grande berline, la Voleex C70. Par contre, il n'a aucun projet un tant soit peu excitant (coupé, berline haute performance, etc.)

Avec plus de 100 000 véhicules exportés en 2011, Great Wall est au deuxième rang Chinois. Suite à ses revers de 2008-2009, il préfère consolider sa présence dans les pays où il est déjà présent. Il n'a ainsi pas de projet déclaré pour l'Europe occidentale, au-delà de l'Italie.

L'atout de ce constructeur, c'est son intelligence. Là où ses compatriotes ont tenté de proposer des véhicules à prix cassés, il a préféré vendre du milieu de gamme suréquipé. De plus, il est le premier à avoir compris l'obligation d'un diesel sur nombre de marchés. Le marché du diesel est inexistant en Chine, mais il n'a pas hésité à développer un nouveau moteur, rien que pour l'exportation.


Notez

Tags : greatwall

Dans la même rubrique :

Audi A3 - 02/07/2012

Lifan - 05/03/2012

Byd - 13/02/2012

Chery - 05/01/2012

Mitsubishi - 14/11/2011

Danica Patrick - 11/01/2011

Bertha Benz - 06/01/2011

1 2

évasion | évènement | pratique | musée | clubs et associations | visite guidée | eco green | une voiture, une marque, un homme | lifestyle


le magauto magazine automobile