Le Boulonnais...
... de César à nos jours via Napoléon, la vie d'une ville portuaire
Quand vous arrivez dans le Boulonnais, vaste région qui s’étend de du cap Blanc Nez à Etaples-Le Touquet en passant bien sûr par Boulogne sur Mer, vous vous sentez immédiatement conquis, pour peu que vous arriviez par grand soleil. Le paysage est vert, vert printemps, les blés sont dorés à souhait, les collines et les vallons se succèdent jusqu’à la mer, offrant de merveilleux paysages aux amoureux de la nature….
Quand vous arrivez dans le Boulonnais, vaste région qui s’étend de du cap Blanc Nez à Etaples-Le Touquet en passant bien sûr par Boulogne sur Mer, vous vous sentez immédiatement conquis, pour peu que vous arriviez par grand soleil. Le paysage est vert, vert printemps, les blés sont dorés à souhait, les collines et les vallons se succèdent jusqu’à la mer, offrant de merveilleux paysages aux amoureux de la nature….
bocage boulonnais
On arrive à Boulogne sur Mer par la route, en provenance de Lille par le nord et l’est ou en provenance de Paris et du sud par Abbeville… et quelque soit l’angle, on est toujours étonné de ces routes qui montent et qui descendent, alors que le but final est la mer… et lorsque l’on arrive à Boulogne, tous nos sens sont happés… le cri des mouettes, l’odeur de la mer et du poisson fraichement pêché, les fortifications du 13ème siècle et la basilique Notre Dame qui surgissent et dominent la ville, la douceur du soleil qui brille dans un ciel d’azur.. (et si, je vous promet…)
le petit port de pêche
Alors, par quoi commencer pour une promenade dans cette ville aux richesses si diverses et variées… Arrêtons-nous tout d’abord au port, au port de pêche, du côté de l’arrivée des bateaux qui viennent vendre leur poissons directement aux habitants de la ville et aux touristes locaux… les mouettes tournent au-dessus des embarcations, les pêcheurs déchargent et leurs épouses sont elles chargées de la vente sur les étals… sole, céteaux, maquereaux, carrelets, limandes… au kilo uniquement… on ne va pas faire la fine bouche… car là, on ne peut trouver plus frais et moins cher. En été, 2 kilos de soles moyennes pour 10 €, c’est un maximum… pas de privation… et quand c’est la saison, tourteaux et araignées de mer sont aussi sur l’étal. Attention, il faut se dépêcher, savoir jongler avec les heures de marée pour ne pas rater cette pêche que l’on peut nommer de miraculeuse… Un peu plus loin, il y a le port de pêche, le vrai, grand, très grand avec sa flottille diversifiée qui débarque 70 espèces différentes chaque jour… n’oublions pas que Boulogne est le premier port de pêche français, et compte bien le rester !
vue aérienne du port
Une fois le poisson bien au frais dans la glacière, poursuivons par le port de commerce, qui existe depuis le Moyen-âge, le commerce avec les anglais étant déjà florissant. Boulogne est en effet situé stratégiquement que ce soit pour le commerce, la pêche ou la plaisance… et déjà en 1914, il est le premier port de pêche français, le 6ème port de commerce et le premier port transmanche… aujourd’hui à la 8ème place, ce port est ouvert 24h/24, à proximité immédiate du détroit maritime le plus fréquenté au monde, jonction entre la Mer du Nord et la Manche… et le quai de l’Europe, de 800 mètres de long, permet d’accueillir des navires de 230 m… c’est une valse permanente sur ce quai, bateaux, grues de déchargement, en perpétuel mouvement, containers, et bois d’importation soulevés, emportés.. ; et toujours les mouettes... qui tournent au dessus de nos têtes…
catamaran pour l'angleterre
Puisque nous y sommes, passons par le port transmanche. De toute façon, on ne peut pas le rater, il est en plein milieu. Celui-ci avait été fermé alors que les opérateurs maritimes avaient préférés la liaison Calais-Douvres, estimant que Boulogne n’était pas assez fonctionnel… et pourtant… les touristes qui visitaient la région profitaient parfois du passage à Boulogne pour « faire un saut » en Angleterre, sur la journée via ces gros bateaux de passagers… histoire de changer d’air et de profiter de celui du grand large… Ayant eu la chance de le faire à plusieurs reprises, j’en ai des souvenirs émus, ces énormes ferrys qui prenaient la mer, le bruit de la sirène, les « vrais » duty-free, et les mouettes qui faisaient la liaison avec nous… Aujourd’hui, il est possible de traverser en 50 minutes… sur un énorme catamaran rapide capable de transporter 800 passagers et 200 voitures. L’émotion n’est pas la même... mais c’est aussi très impressionnant !
baraque à frites
L’air de la mer, ça creuse… tout le monde le sait… et rien qu’une ballade sur le port de Boulogne sur Mer, ça creuse aussi… et à l’odeur… après celle du poisson fraîchement pêché, voici celle des « frites à Nono », justement située sur la route qui mène à Nausicaa, centre national de la mer et magnifique aquarium à ne rater sous aucun prétexte si vous aimez la faune océanique et si vous passez dans le coin. Revenons à nos frites, ou plutôt « celles à Nono », qui sentent à des (kilo)mètres à la ronde… Dans sa baraque à frites, objet de convoitise magnifiquement mis en scène par Dany Boon dans un film que l’on n’a plus besoin de citer, Nono n’arrête pas. Avec son fils, c’est la valse entre la coupe des pommes de terre (car ici, dans le Nord, les frites sont « presque » toujours des vraies !!), les deux bains d’huile à températures précises, la cuisson des saucisses, steaks ou autres fricandelles qui accompagneront la barquette, sans oublier le sel et le vinaigre... blanc le vinaigre, pour assaisonner… même les enfants adorent, et nous on ne se prive pas… et nous voilà assis sur un banc à regarder la valse des bateaux de tout poil et des mouettes blanches… en dégustant nos frites croustillantes à souhait. Oh non, nous n’aurons pas besoin de dessert, à moins que dans le centre de la ville, nous ne trouvions une pâtisserie délicate ou des glaces merveilleuses…
le château
Et donc, rien de tel que reprendre la marche pour digérer, et direction la vieille ville, en hauteur, entourée de fortifications qui a été édifiée à l’emplacement du camp romain de Jules César. Il faut monter, oui… ça fait partie des vacances ça aussi… un peu d’effort, c’est bon pour la santé, et là-haut, des remparts majestueux, imposants, du haut desquels on peut admirer la vue sur le port que l’on vient de visiter en empruntant le chemin de ronde. La ville de Boulogne sur Mer est classée ville d’art et d’histoire, elle s’attache à valoriser son patrimoine historique et architectural. Les remparts et le château-musée constituent l’un des derniers ensembles architecturaux médiévaux de ville fortifiée encore intact en France. Les soubassements des remparts remontent à l’époque romaine. Le musée abrite la 5ème collection mondiale d’antiquités égyptiennes, sa bibliothèque municipale est classée, son beffroi est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La basilique de Notre Dame dont le dôme s’élève à plus de 100 mètres de haut se voit à des kilomètres à la ronde. Plusieurs « premières » dans l’histoire eurent lieu à Boulogne sur Mer : en 1800 : première vaccination contre la variole en France de trois petites filles ; première distribution de la Légion d’honneur par Napoléon le 16 Août 1804 alors qu’il assemble « la grande armée » ou armée des côtes de l’océan dans l’objectif d’un débarquement en Angleterre suite à la rupture de la Paix d’Amiens en 1803. Napoléon a joué un rôle majeur dans cette ville, et on le retrouve à tous les coins de rue. Il avait un rêve : envahir l’Angleterre et 185 000 soldats répartis en deux camps étaient réunis. Il fit aménager au sein du port un énorme bassin circulaire pour accueillir la flotte (2000 bateaux), deux ponts au dessus de la Liane pour relier les différents quartiers. La colonne de la Grande Armée marque l’avenue de l’empereur Napoléon Bonaparte (mais est maintenant déplacée à Wimille).
le calvaire des marins
Je pourrais continuer ainsi de citer les monuments historiques de la ville, mais il est encore beaucoup de choses à voir, tel le calvaire des marins qui est une chapelle dédiée aux équipages des bateaux perdus en mer, la maison de la Beurrière qui reconstitue l’habitat typique des marins pêcheurs de Boulogne, le Boulogne Eastern Cimetery, très impressionnant, créé durant la première guerre mondiale pour les soldats de l’armée impériale britannique morts dans les hôpitaux de la ville…. Les rues du centre ville toujours pavées qui abritaient autrefois les corporations de marchands et qui sont magnifiquement restaurées, la rue de Lille, autre fois rue des Cuisiniers, bordée de nombreux restaurants et boutiques… tiens au fait, on ne se ferait pas une petite glace ? Au choix pain d’épices ou houblon, histoire de poursuivre la route des goûts du terroir… la bière, ce sera pour l’apéro, un peu plus tard…
le boulonnais
Et voilà, il a fallu une journée complète pour parcourir la ville, et encore… demain nous irons nous promener dans la campagne boulonnaise, irons sans doute jusqu’au cap gris nez admirer les falaises de Douvres de l’autre côté du Channel, chercherons les boulonnais, race équine surnommée « pur-sang des chevaux de trait » qui convoyait des chargements de poissons frais entre Boulogne et Paris avant l’arrivée du chemin de fer au 19ème siècle et qui fut reconverti dans les travaux d’agriculture, nous nous restaurerons dans une de ces petites auberges typiques où nous dégusterons des tartines sur planche, du waterzoi de cabillaud, du potschevlesh, de la carbonade, tous ces plats entre mer et flandres qui me font saliver rien que d’en parler, le tout arrosé d’une bonne bière ambrée ou foncée, c’est selon les goûts, et nous irons nous dépenser en faisant du rando rail sur les anciennes voies de chemin de fer abandonnées ou simplement nous baigner dans une mer à , allez, 19° ( !) sur une de ces plages de plusieurs kilomètres de long que l’on trouve le long de la côte d’opale…. Ne vous inquiétez pas, je ne vous quitte pas, je reviendrai vous raconter tous ces plaisirs du Boulonnais, à vivre et à revivre…sans modération… avec ou sans les mouettes du bord de mer…..
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