3000 Km en Citroën DS3 Racing...
...joue-la comme Loeb
30 000 € pour une DS3, est-ce bien raisonnable ? Sûrement pas, mais après l’avoir conduit on n’y pense plus ! Attachez vos ceintures, on embarque pour un long voyage qui va nous mener dans le Sud de la France pour faire le plein de soleil (enfin c’est ce qu’on pensait) et de gourmandises !
La DS3 Racing se veut discrète dans cette livrée blanche. La forêt en voit de toutes les couleurs
Quand on aligne les titres de champion du monde en rallye, aussi bien au niveau du pilote que du constructeur, il est curieux de ne pas avoir dans son portefeuille de produits une auto sportive qui profite de ces succès et assoie la réputation. Citroên aura mis très longtemps à combler cette grosse lacune, puisqu’il aura fallu attendre 2011 (et déjà 6 titres !) pour voir débarquer dans la gamme classique une auto que ne renierait pas Sebastien Loeb. Et c’est la DS3 qui a le droit à sa version « hautes performances ». Un choix logique puisque le champion alsacien utilise la même auto au travail !
Dès la présentation de la DS3, on rêvait tous d’une version sportive qui viendrait se mesurer à des cadors de la catégorie : Mini Cooper JCW, Renault Clio RS… Citroën n’a pas résisté à la tentation et nous propose cette version Racing en série limitée ! 1 000 exemplaires ont été produits pour des raisons d’homologation. Mais rassurez-vous, la marque compte bien en refaire une série l’année prochaine ! Il n’est donc pas trop tard pour profiter de cette petite premium vitaminée, qui cache sous son capot un bloc essence d’origine PSA/BMW annonçant 202 ch.
On part sur les routes de l’hexagone pour un périple de plusieurs jours afin de voir son potentiel. Routes escarpées, ville, autoroute, elle a tout connu pendant plus de 2000 km, par tous les temps, de jour comme de nuit !
LES ALPAGES DANS NOTRE ASSIETTE A GRENOBLE
Elle ne fatigue jamais. Mais nous si !
Avant de rejoindre la Provence, étape à Grenoble pour manger un bout. Riche d'un terroir d'exception, Grenoble, et plus largement le Dauphiné, conjuguent la gastronomie à tous les temps. Celui des traditions séculaires avec les recettes et préparations héritées des terroirs et des populations qui ont fait Grenoble et sa région. Ainsi le gratin de pommes de terre, les crozets, les bugnes, le murçon, les ravioles ou la caillette ont-ils traversé les âges pour être toujours d'actualité.
Le terroir de l'Y que forment les vallées qui entourent Grenoble compte aussi quelques produits premiers qualifiés et reconnus. La noix de Grenoble AOC occupe évidemment la place de choix dans la liste de ces produits identitaires au rang desquels on trouve également le Bleu de Vercors-Sassenage AOC ou la liqueur des pères Chartreux.
Pas le temps de traîner, on reprend la route.
L’A51 se termine et on retrouve la D1075 qui va nous conduire jusqu’à Sisteron. L’occasion de traverser des paysages plein de couleurs en période automnale où les arbres ont revêtu leur belle robe rouge/orangée.
Curieusement, les premiers kilomètres de cette départementale sont parfaitement dégagés ! La DS3 virevolte et enchaîne les courbes sans bouger, ce qui incite à augmenter le rythme. Les petits virages se succèdent à 110 km/h, sans que l’on s’en rende compte quasiment. Il faut alors être prudent pour garder son permis.
Ceux qui connaissent ce parcours n’en gardent peut-être pas un bon souvenir tellement il est dur de pouvoir rouler sans être gêné par un véhicule lent. Il faut alors être sûr de son coup pour dépasser et être sur le bon rapport. Mais cela ne fait pas peur à la DS3 Racing, qui reprend facilement en 3è ou 4è.
On prend alors un vrai plaisir au volant de cette auto et chaque rond-point devient l’occasion de tenter un départ rapide. Il en faut peu pour être heureux parfois !
Le soleil commence à décliner. Et on retrouve l’A51 à Sisteron. La journée se termine après déjà 800 km parcourus. Sans la moindre trace de fatigue. La DS3 est certes ferme mais pas vraiment inconfortable. En revanche, sa teinte nacrée n’aime pas l’autoroute ! Il faut déjà lui offrir un bon coup de karcher pour la nettoyer.
CASTELLANE DOMINEE PAR NOTRE DAME DU ROC
Levez les yeux et vous verrez tout en haut, sur le Roc, la chapelle Notre Dame du Roc !
Le jour se lève et la DS3 ne se doute pas encore de ce qui l’attend. Elle va rejoindre Grasse en passant par Digne les bains, préfecture du département des Alpes de Haute Provence. Puis vient Castillane, cité ancienne implantée en amont des Gorges du Verdon, avec Notre Dame du Roc, site du Moyen Age qui abrite une chapelle. La chapelle Notre-Dame du Roc, bâtie à 903 mètres d’altitude, domine le pays de Castellane depuis le début du XIIIème siècle, mais son apparence actuelle ne date que de la fin du XIXème siècle. Les murs de ce lieu de pèlerinage sont recouverts d’ex-voto.
Mais pour rejoindre cette étape, la DS3 Racing se retrouve mesurée au test de la petite départementale, elle a été un peu malmenée. La direction précise permet d’enchainer les épingles rapidement et les pneus agrippent le bitume. On se sent donc en sécurité et cela incite à aller plus vite. L’ESP veille toujours au grain. Cela arrive qu’il soit parfois sollicité quand on tente le départ pleine puissance, l’arrivée des chevaux sur le train avant faisant légèrement patiner les roues.
Les gorges du Verdon sont un formidable terrain de jeu.
La boîte de vitesse offre une commande agréable (même si elle émet quelques bruits peu flatteurs). Le guidage est très précis et les verrouillages francs. On prend donc du plaisir à la manier bien que cela ne soit pas forcément nécessaire car le bloc est souple. En exagérant, on pourrait dire que la DS3R sait ainsi tout faire en 3è. C’est le rapport le plus intéressant quand on la malmène dans les cols, l’auto pouvant repartir facilement dès les bas régimes et monter dans les tours avec un son rageur. Ce n’est pas forcément bon pour la consommation !
AU BON PARFUM DE GRASSE
Choc des générations dans Grasse : la DS3 chic fait face au symbole de l'auto populaire, la 2 CV.
Pas le temps d’aller voir le point de vue depuis la Chapelle (uniquement possible à pied !). On poursuit notre périple jusqu’à Grasse, célèbre pour ses parfumeurs. On arrive sur la ville avec un panorama moins glamour : une splendide vue sur… la maison d’arrêt ! Mais on rejoint rapidement le centre, l’occasion de croiser un garage spécialisé dans la restauration de 2 CV !
Une visite nous apprend que les senteurs rares du pays de Grasse (lavande, myrte, jasmin, rose, fleur d'oranger sauvage, mimosa) firent gagner à la ville le titre de capitale mondiale du parfum. Aujourd’hui encore, la parfumerie demeure le principal pôle industriel de Grasse. Un réseau d'une soixantaine d'entreprises y emploie 3 500 personnes dans la ville et les environs. En comptant les emplois induits ce sont près de 10 000 Grassois qui vivent des parfums.
Cette DS3 est aussi mise au parfum dans l’habitacle avec un diffuseur présent au niveau des aérateurs centraux. Une cartouche que l’on peut facilement changer. On note bien une odeur au début (la mangue pour cet essai) mais on ne la remarque rapidement plus.
Petite pause pour admirer le point de vue.
La Racing n’est pas une version de frimeur. On trouve la tenue de sport discrète à l’extérieur (on y reviendra), elle l’est encore plus à l’intérieur ! Même si les sièges baquets ne laissent aucun doute sur les velléités de l’auto ! Ceux-ci maintiennent très bien, même si on regrette l’absence d’un réglage lombaire, qui permettrait de mieux caler les petits gabarits. La console centrale reçoit un habillage carbone et le pédalier est en alu. Quelques inscriptions nous indiquent que l’on est à bord de la Racing, avec notamment une plaque au niveau du plafonnier qui nous rappelle que Citroën est champion du monde des rallyes. On s’en souviendra au moment d’écraser l’accélérateur.
Pour le reste, on est à bord d’une DS3 tout ce qu’il y a de plus classique, aucune surprise pour les connaisseurs. La présentation est agréable et la finition plutôt bonne (même si certains plastiques laissent à désirer). L’ergonomie est perfectible. Les commandes de clim et radio sont placées trop bas et le commodo pour le régulateur de vitesse est caché derrière le volant.
LE PLEIN DE GOURMANDISES A AIX EN PROVENCE
Une vraie drogue. Douce bien évidemment !
Parfois on ne compte plus les kilomètres pour faire le plein de friandises pour lesquelles on serait prêt à tuer pour en avoir ! Pour moi, les calissons d’Aix en Provence méritent tous les sacrifices. Cette confiserie est faite d'une fine pâte de melon confit et d'amandes broyés ensemble et nappée de glace royale. Très addictif ! On profitera de la balade en ville pour trouver les produits typiques de la région : huile d’olive, herbes aromatiques… De quoi remplir le coffre.
Une malle qui se trouve bien dessinée et dont le volume peut être augmenté en repliant la banquette arrière. Dommage en revanche que l’auto manque d’aspects pratiques. Les rangements ne sont pas légions et ils ne sont pas vraiment généreux. Pour un véhicule à 30 000 €, on trouve quasiment scandaleux de ne pas avoir de GPS. D’autant qu’en l’absence de celui-ci, on retrouve un ordinateur de bord dont l’écran est issu de la 206 ! Le graphisme est dépassé et les renseignements ne s’affichent pas assez longtemps. Heureusement, la DS3 est à la page niveau connectiques.
PIT STOP EN GARE DE LYON PART DIEU
Au dessus de la DS3, 15 quais d'embarquement où passent chaque jour plus de 100 000 voyageurs.
Sur le chemin du retour, la DS3 Racing fait étape à Lyon. Une ville déjà vue sur le Mag’Auto, mais dont on ne se lasse pas. Il faut dire qu’il se passe toujours quelque chose à Lyon. En ce moment, la ville vit au rythme de la fête des lumières. Un événement de quatre jours qui nous permet de découvrir Lyon sous un angle différent : les bâtiments et lieux publics s’animent en fonction de jeux de lumières. Une fête qui trouve son origine dans un fait religieux.
Mais la traversée de Lyon se fait dans les embouteillages. Et la version Racing n’aime pas les bouchons (pas ceux où l’on mange malheureusement) car comme tout bon modèle essence à turbo qui se respecte, son bloc est particulièrement creux sous 1500 tr/min, avant que le turbo ne se réveille. Les démarrages en première sont rapidement fatiguants car la course de l’embrayage est longue. Il faudra donc être attentif pour ne pas caler.
On rejoint la gare de la Part Dieu, qui est la première gare ferroviaire de province (et de loin), avec plus de 50 millions de voyageurs par an. Au milieu du dépose minute, la DS3 fait sa star dans cette version Racing. On entend un amateur dire à un autre qu’elle existe aussi en noir et orange.
Le carbone se fait discret mais très élégant sur cette carrosserie.
En effet, la DS3 Racing est proposée en deux versions : noire/orange ou blanc/gris. Dans cette définition, l’auto mise sur la discrétion. Citroën a fait le choix de la sobriété pour les modifications esthétiques. Il faut un œil exercé pour distinguer les changements. Honnêtement, seules les jantes mettent vraiment la puce à l’oreille concernant le pedigree de cette DS3. Les passages de roues abritent des 18 pouces de couleur anthracite. A l’avant, on aime les étriers de frein rouge. Le reste de l’auto est revu par petites touches : la Racing adopte des éléments en carbone au niveau des bas de caisses ou jupes latérales, des stickers ou une double sortie d’échappement. Elle conviendra à ceux qui ne veulent pas en mettre forcément plein la vue.
LE BEAUJOLAIS, ENTRE PIERRES DOREES ET CAVE A VINS
Le petit matin dans les Monts du Lyonnais nous rappelle que l'hiver approche !
Avant de se séparer de ce jouet que je trouve fort attachant, allons nous amuser encore dans la campagne entre Monts du Lyonnais et Beaujolais. Des lieux où les vignes sont omniprésentes ainsi que les caves pour remplir la sienne ! Mais faire la tournée n’est pas une bonne idée quand on teste une auto ! On rejoint le petit village de Bully, porte sud du Beaujolais, un territoire qui vient mordre la Saône et Loire, avec en son cœur des villages que les amateurs connaissent pour les avoir lus sur une bonne bouteille : Beaujeu, Fleurie… L’occasion de faire un petit détour par les bourgades aux pierres dorées, pas celles colées à Lyon abritant la bourgeoisie, mais celles qui sont restées abordables. Et puis on atterrit à Villefranche, où l’on reprend l’A6.
Si la DS3R s’apprécie surtout sur routes sinueuses, elle se montre une bonne autoroutière. Mais qu’il est frustrant de ne pas pouvoir tenter une pointe de vitesse sans courir le risque de perdre son permis. On se contentera des barrières de péage pour s’amuser un peu en tentant une belle accélération.Les 130 sont atteints en 3è ! Le bloc accepte de monter dans les tours et le turbo distille un son agréable.
A partir de la motorisation 1,6 litre THP 150, les ingénieurs ont augmenté la puissance de 156 à 202 ch tout en contenant les émissions de CO2 à 149 g/km. Le couple est également plus généreux. Il passe de 240 Nm à 275 Nm, soit une progression de près de 15 %.
Le sud du beaujolais se transforme avec l'arrivée de l'A89, encore en chantier.
Pour coller à la route, un travail de fond a été mené sur la suspension avec des réglages d’amortisseurs spécifiques et avec un élargissement de 30 mm des voies avant et arrière. L’assiette a également été abaissée de 15 mm. Le système de freinage composé à l’avant d’étriers à 4 pistons et de disques spécifiques, bénéficie d’une définition sport, dans le but de le rendre encore plus endurant et plus performant.
Une épreuve parisienne l’attend pour terminer : la partie bétonnée de l’A6. Le test ultime pour tester le confort. Bon, on fera simple : la DS3 n’a pas du tout aimé ce passage aussi ! On lui pardonnera plus volontiers compte tenu du caractère sportif de l’engin, même si ces quelques kilomètres ont été un petit supplice. En respectant les 110 km/h réglementaire, on est vraiment secoué : les suspensions sèches font sautiller l’auto à tel point qu’on a envie de ralentir le rythme !
CONCLUSION
Vive le périphérique parisien et ses bouchons à toutes les heures.
La Racing est très agréable à conduire. Performante, collée à la route et montrant un bel agrément de conduite, elle est une très bonne petite sportive qui donne le sourire à son volant en se montrant très efficace. On lui reprochera d’être un peu sèche parfois. On lui trouvera aussi d’autres défauts, mais communs aux autres DS3 : manque d’aspects pratiques, quelques plastiques à revoir… Mais est-ce si important pour pouvoir monter les cols à pleine vitesse ?! Non, assurément. Mais à 30 000 €, il y a sûrement des choix plus intelligents. Une Clio RS, aussi bonne sur la route, est proposée plusieurs milliers d’euros de moins. Et la DS3 montre quelques lacunes d’équipements. Elle a en revanche le bon goût de ne pas boire exagérément.
Dur de s'en séparer tout de même !
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