Accueil Accueil       Version imprimable Version imprimable          Partager Partager
16 Mars 2013
berline

Toyota Auris 1.8 VVT-i Hybrid Style

le prix du superflu


par Raphaël OLIVIER

S'il n'y avait pas l'effet Hybrid, Toyota ne vendrait pas la moitié de ses modèles. Depuis la Prius, dont l'effet écolo reste toujours à démontrer dans le fond et surtout la forme, le nippon passe son temps à dégainer les variantes Hybrid de la gamme, qu'elle soit Toyota ou Lexus.



QUELQUES GENERALITES

Un regard sans saveur à l'image de la voiture.
Un regard sans saveur à l'image de la voiture.
Si pour certaines voitures typées urbaines, le jeu peut en valoir la chandelle, sous réserve des aides gouvernementales dont on sait qu'elles ne dureront pas comme les impôts, sur la plupart des modèles, cela ne sert quasiment à rien, sauf à entrer dans le jeu d'un marketing opportuniste jouant à tout va, la carte de l'écologie et de la protection de la planète pour compenser des prestations routières et esthétiques souvent limitées. Ainsi en est-il de la nouvelle Auris, dite de 2nde génération. Force est de constater que la version 1 ne laissera aucun souvenir impérissable dans les chaumières. Franchement moche et peu avenante, elle n'aura jamais bousculé les foules.

LE TOUR DU PROPRIO

Un faux air de Giuletta, la chaleur latine en moins.
Un faux air de Giuletta, la chaleur latine en moins.
Peu enclin à se fendre en deux pour trouver un design novateur, les stylistes maison se sont limités à faire de cette nouvelle Auris, une banale Yaris qui aurait pris un peu d'embonpoint, histoire de respecter les standards de la catégorie. Taillée grossièrement à la serpe pour la face avant bizarroïde et la poupe franchement utilitaire, désespérément lisse et gonflée sur les parties latérales très hautes de ceinture, le résultat n'est pas spécialement séduisant. Du Toyota pur souche qui ne détrônera pas les nombreuses rivales qui ne manqueront pas de ranger l'Auris au rayon des niches commerciales et ce sera logique.

ESPACE INTERIEUR

La planche de bord a été repensée, mais toujours peu lisible.
La planche de bord a été repensée, mais toujours peu lisible.
Pour faire oublier les fadasses aménagements intérieurs des premières séries, Toyota a refondu l'espace de sa nouvelle Auris qui en avait bien besoin. En vérité, on s'est toujours demandé comment un constructeur aussi important que Toyota avait pu mettre sur le marché un tel loupé. Les mauvaises langues diront que j'en veux à Toyota, mais quand on voit le peu de goût apporté à la planche de bord, on se dit que certains concurrents peuvent dormir tranquilles. L'équipement est satisfaisant uniquement dans les finitions hautes. Heureusement, l'habitabilité reste dans la norme.

ASPECT TECHNIQUE

Il parait que ces jantes ont été étudiées avec soin... Bof!
Il parait que ces jantes ont été étudiées avec soin... Bof!
Dans ce chapitre, on regrettera que Toyota ait repris la base technique de l'ancienne version pour donner l'illusion. On attendait mieux de la part d'un constructeur qui se dit numéro 1 ou 2, on ne sait jamais exactement. Là, où Toyota rafle la mise, c'est sur son système full hybride qu'il maîtrise depuis plusieurs années, au point de l'installer sous tous les capots des deux marques. Un moteur thermique 1.8 essence, un moteur électrique, l'ensemble cumulant 136 ch, une accélération 0/100 en moins de 11 secondes et surtout un dégagement CO² de 91. Le Full Hybrid Toyota est conçu pour se passer de l'essence en ville où on peut légitimement rouler à l'électrique pendant quelques centaines de mètres pour peu que les grimpettes ne soient pas au programme. Et c'est là où il faut bien constater que le segment auquel appartient l'Auris ne limitant pas ses pensionnaires aux bornes de la cité, l'Hybrid pour utile qu'il est sur une Yaris, se retrouve de trop sur une Auris plus destinée à manger du bitume qu'à se cantonner au royaume des parcmètres et des feux rouges.

SUR LA ROUTE

Pas la peine d'avoir son bureau de style en France pour accoucher de telles banalités.
Pas la peine d'avoir son bureau de style en France pour accoucher de telles banalités.
Une fois la démonstration faite (en ville toujours) du silence ambiant au point d'entendre tous les bruits parasites des sifflements d'air ou des roulages et d'effrayer les piétons qui ne nous entendent pas surgir, ce qui, à notre sens, n'entre pas spécialement dans l'esprit sécurité que l'on exige traditionnellement d'une voiture actuelle, la déception vient assez vite. L'électronique compense certains manques de la voiture et les différentes lois de programmation qui régissent la gestion moteurs donnent illusion au conducteur qui doit se faire aux exigences de cette nouvelle manière de vivre l'automobile. Et puis ce levier microscopique qui gère la transmission titille le ridicule. Son maniement n'est pas intuitif. La boîte ou du moins ce qui en fait office n'est pas un modèle du genre et puis, franchement, ce bruit strident à l'accélération, quel supplice! Côté freinage, il faut un peu de temps avant de savoir doser. Le toucher n'a rien d'évident et si le résultat final ne pose pas problème, la manière de s'en servir et de récupérer l'énergie au passage demande une certaine nouvelle habitude de vie. Autre chose, comme toutes les Toyota, le confort routier n'est pas une référence. Sec et ferme, les suspensions relayent magnifiquement les irrégularités de la chaussée. Les sièges font ce qu'ils peuvent pour compenser, mais ce n'est pas top. Heureusement, la nouvelle Auris affiche une tenue de route très saine.

CONCLUSION

Ce toit panoramique apporte la lumière dont les vitres latérales minimalistes limitent l'entrée.
Ce toit panoramique apporte la lumière dont les vitres latérales minimalistes limitent l'entrée.
Pour terminer cet essai déroutant, et c'est là que le bât blesse on pouvait s'attendre à une véritable performance au niveau consommation. Hélas, 3.9 litres officiels en mixte normé, soit 5 litres à l'arrivée après les corrections saisonnières, n'a rien d'exceptionnel aujourd'hui, qui plus est, en essence. Un pauvre couple de 142 Nm au régime élevé de 4000 tr ne donne pas à cette auto, des performances dignes du rang et ce manque ne joue pas en faveur du plaisir. Quand on vous dit que l'hybride a ses limites et que le jeu n'en vaut pas forcément toutes les chandelles... Sauf à être un extrêmiste de l'écologie maladive, l'Auris 2 Hybrid n'affiche pas assez de qualités majeures pour faire la différence au moment du choix.


Toyota Auris 1.8 VVT-i Hybrid Style

Notez


au hasard des essais déjà parus...
< >

Mercredi 27 Mars 2013 - 10:45 Honda Civic 1.6i-DTEC Executive Navi

Jeudi 3 Janvier 2013 - 10:43 Peugeot 301 1.6 HDi 92

maxi drive | berline | break | monospace | coupé-cabriolet | 4x4-suv | utilitaire | électrique | concept car



le magauto magazine automobile