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27 Mars 2013
berline

Honda Civic 1.6i-DTEC Executive Navi

pourquoi si laide ?


par Raphaël OLIVIER

Ce n'est pas une mauvaise voiture au sens étymologique du terme. Elle aurait même de sérieux arguments à faire valoir face à quelques concurrentes pourtant bien dotées. Oui mais voilà, elle porte de tels tourments dans le dessin de ses lignes et embarque de telles contrariétés dans la genèse de son concept, que cette Honda Civic ne glane que bien peu de lauriers. Et si aujourd'hui, elle revient sur un devant de scène, elle le doit avant tout, à son moteur.



QUELQUES GENERALITES

Des lignes tourmentées
Des lignes tourmentées
Au fond, avant d'être un constructeur automobile, Honda est un grand motoriste qui prouve, une fois encore, l'énorme potentiel de ses pouvoirs technologiques. Le Japonais profite donc de l'avènement d'un groupe diesel 1.6 litre 4 cylindres de 120 ch garanti 1 million de kilomètres pour redonner un coup de projecteur sur sa berline dont le succès d'estime rencontré dans l'hexagone, ne lui permet pas de jouer les trublions dans son segment. Il faut dire que son esthétique particulièrement ingrate ainsi qu'un réseau de distribution éparse et pas toujours animé d'une motivation réelle sont de sérieux handicaps.

LE TOUR DU PROPRIO

Une poupe massive
Une poupe massive
On ne peut pas dire que les dernières générations de Civic jouent la carte séduction pour attirer les regards. Tout au plus sera-t-on disposé à jeter un œil distrait, voir inquiet, à un objet roulant mal identifié, une sorte de modèle lunaire venu d'une autre galaxie, mais qui a l'avantage de dénoter dans une morosité esthétique générale. Pour cette nouvelle génération, Honda a accentué le caractère affirmé de sa Civic tout en conservant précieusement les mêmes gènes. Hors normes, que ce soit par un visage aux yeux bridés, une poupe massive ou des faces latérales peu engageantes.

ESPACE INTERIEUR

Il ne faut pas être exigeant avec les matériaux et la déco
Il ne faut pas être exigeant avec les matériaux et la déco
Et lorsque l'on ouvre la portière, on doit faire face à une planche de bord tellement fouillie qu'il nous faut un sérieux temps d'adaptation pour s'en approprier le mode d'emploi. Il y en a partout, dans les coins et les recoins et on a parfois du mal à partager la logique de conception. Peu intuitive, bizzaroïde dans sa forme, dans ses graphismes, ce ramassis d'instrumentation a quelques difficultés à retenir un quelconque intérêt. L'espace habitable n'est pas très vaste et la place aux jambes mériterait un peu d'ampleur à l'arrière. Quant au choix de décoration et aux matériaux utilisés, ils conviendront aux moins exigeants. Un bon point cependant avec la cinématique astucieuse des sièges arrière rabattables à assises relevables autorisant une réelle modularité des espaces de chargement.

ASPECT TECHNIQUE

Le plus bel atout : le moteur
Le plus bel atout : le moteur
En fait, le plus bel atout de la nouvelle Civic est sans conteste son moteur dont culasse et bloc sont en alu, histoire de mieux faire la chasse aux kilos qui demeurera la plus belle conquête de la nouvelle Civic qui emploie le maximum d'alliage ultra-léger pour alléger la bascule. Oui, ce moteur. Revenons-y justement. Un 4 cylindres qui n'émet que 94 g de CO² pour 120 ch pour une conso moyenne de 3.6 litres sur le papier, comptez presque 6 litres dans la vraie vie. Moins de cylindrée, mais un turbo Garett moderne qui joue l'EPO et offre à la Civic des performances bien plus qu'honorables. Nouveauté importante à l'usage tant pour le marketing qui en joue que pour les futurs usagers: la garantie du million de kilomètres jamais vue dans aucune contrée. Preuve une fois encore du savoir-faire du constructeur japonais dans ces domaines spécifiques.

SUR LA ROUTE

Plus à l'aise sur le plat
Plus à l'aise sur le plat
Si la nouvelle Civic ne remporte aucun prix de séduction, elle offre de sérieuses qualités routières dont un silence de fonctionnement surprenant. Parfaitement intégrée dans la tendance du constructeur qui a presque tout misé sur la baisse des consos et des émissions de CO², la tendance écolo bobo qui veut qu'en appuyant sur un banal bouton Eco, on ne puise presque rien dans le réservoir, j'exagère à peine. Il faut savoir raison garder. Comme tout véhicule actuel, si les consommations affichées tendent vers une baisse conséquente, tout cela parait bien artificiel pour être retranscrit dans les faits. Et pour cause. Des boîtes de vitesses rallongées à outrance, des cylindrées minimalistes pour contrer les mauvaises ondes, emploi de matériaux dits légers, pneumatiques adaptés… tout cela ne fait pas le compte quand la voiture se frotte aux conditions normales de conduite. Et c'est le cas, comme tant d'autres, pour notre Civic qui demande des rétrogradages fréquents dès qu'un profil un peu raidouillard se présente. Résultat, un bon 6 litres, loin des 3.6 litres vantés par le marketing avec l'approbation des contrôles officiels dont on connait les modes de calcul. En fait, il faudra considérer la Civic comme une berline de son temps dès que vous aurez franchi la barrière du concept. Côté moteur, on ne craint rien et on applaudit des 2 mains la garantie du million plus facile à vendre qu'un banal 2 bicylindres à air de chez Fiat.

CONCLUSION

Bon comportement mais manque de vitamines
Bon comportement mais manque de vitamines
Ce dernier opus de l'Ovni signé Honda n'a pas pu nous convaincre malgré de sérieux atouts au niveau du routier, dont un super moteur, qui plus est, garanti 1 million de kilomètres. Il faudra au moins cela pour contrer les 7 ans de Kia sur la totalité de la voiture. Ceci étant, le comportement de la Civic est rigoureux, le moteur est silencieux, mais il manque de vitamines dès qu'un léger raidillon se profile et les remontées de régime peuvent être un brin longuettes, sauf à tomber un rapport qui grèvera la conso. On ne peut pas tout avoir. De plus, pas spécialement donnée à plus de 22000 euros tout de même pour le ticket d'entrée, comptez  26000 et plus, si vous aimez vous faire plaisir. Ca commence à chiffrer dans un segment où les petites séductrices ne manquent pas. Enfin, hormis le tableau de bord ingérable, la piètre visibilité arrière, l'habitabilité réduite et l'absence de boîte auto, il y a le problème de la revente dont on peut craindre certaines réticences. A prendre en compte lors de votre hypothétique achat.


Honda Civic 1.6i-DTEC Executive Navi
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