QUELQUES GENERALITES
Reprenant le concept marketing des premières Twingo, le losange nous refait le coup des Collections. Millésime oblige, c'est donc la Mégane Collection 2012 qui nous fait le plein d'Energy, car plus que quelques éléments de carrosserie discrètement remaniés ou quelques décors ou selleries habilement implantés, c'est sous le capot que l'essentiel des modifications se sont concentrées. En fait, la Mégane est une référence dans son segment et ses qualités de prestations routières ou de fiabilité sont unanimement reconnues. C'est donc de manière homéopathique que les équipes Renault ont opéré les changements de première nécessité. Et comme les budgets sont en berne, ça tombait pile poil…
LE TOUR DU PROPRIO
Relooker, oui… mais se lancer dans les freins inconsidérés… certes non et chacun a du user de subterfuges pour procéder au relookage. Tenez, un exemple. Sur la face avant, les stylistes se sont limités au bouclier. Vous me direz qu'aujourd'hui, le bouclier, c'est la moitié de la proue… Capot identique, feux itou hormis l'éclairage de jour à Led qui est venu donner un coup de jeune à la Mégane… quelques nouvelles jantes, une ou deux baguettes de faux chrome et le tour est joué. Modernité et qualité perçue sont les deux adages du losange… ben voyons !
ESPACE INTERIEUR
Comme l'intérieur se remarque moins que l'extérieur, il faut vraiment chercher l'erreur pour dénicher une quelconque révolution de style de cette Collection 2012 et les designers se sont contentés de nouvelles selleries dont deux pack cuir alcantara bi-ton superbes avec les décors de planche de bord qui vont bien. En fait, c'est la finition Bose, jusque là optionnelle, qui devient un niveau de finition à part entière et qui apporte une qualité acoustique sonore que l'on ne retrouve généralement pas sur ces gammes moyennes. L'équipement son est plus que satisfaisant bien servi par un partenariat Bose efficace.
ASPECT TECHNIQUE
C'est ici que les dénicheurs de talents trouveront dans la Collection 2012 de la nouvelle Mégane, quelques sources d'inspiration et si, toute la gamme disponible des moteurs n'a pas été retenue par Renault France (en fait, c'est Renault Monde qui mène le jeu et pas l'inverse…), le bloc dCi 110 bien connu puisqu'il est installé sur plus d'une Renault sur trois (1.2 millions d'unités en 2011), a été totalement refondu dans l'esprit Energy. Faibles émissions de CO² (90g pour la version de notre essai), sobriété avec une conso moyenne mixte de 3.5 litres… en théorie et faible coût d'usage, ce 1.5 dCi 2012 voit son couple bénéficier de quelques 20 Nm supplémentaires (260 dès 1750 tr) et offre désormais des performances améliorées ainsi qu'un certain agrément au quotidien. Renault se réfère souvent à son potentiel technologique et à la réputation qu'il a su construire grâce à Renault Sport et son parcours en F1. Réduction des pertes de charge pour une nouvelle architecture de la zone turbo qui s'offre pour la circonstance une géométrie variable à faible inertie pour des reprises plus franches, nouvelles buses d'injection ANI plus précises, EGR basse pression pour une pression de suralimentation augmentée, pompe à huile autorégulée et thermostatée pour limiter la conso d'énergie et au final une sonorité mieux maîtrisée. Tout cela paraitra probablement futile au client lambda, mais comblera le téléspectateur de Grands Prix…
SUR LA ROUTE
Mégane 2012, ici dans une configuration Coupé dCi 110, n'a pas fait un bond en avant extraordinaire et c'est plutôt au fil du temps, que son conducteur appréciera, selon son style de conduite, son impétuosité, les progrès requis. Force est de constater que la Mégane 3 était déjà un véhicule de très bon niveau, offrant à ses propriétaires une tranquillité d'esprit, une robustesse, une polyvalence et un confort de conduite plus que satisfaisants. En attendant la relève qui ne viendra pas avant quelques longs mois, Renault a cru nécessaire de créer le buzz en redonnant à son fer de lance, une actualité marketing doublée malgré tout, de certains apports bénéfiques. Mais la Mégane est toujours aussi plaisante à conduire… en boîte manuelle! Franchement, oubliez la boîte EDT honnêtement dépassée. Hormis l'esthétique, on l'a dit et répété, pas ou très peu de changement, donc pas ou très peu de sensations nouvelles, que ce soit au chapitre freinage, direction, suspension, tenue de route, visibilité ultra réduite à l'arrière sur notre Coupé…
CONCLUSION
Une sorte de changement dans la continuité qui conviendra à la majorité des clients qui ne seront jamais déçus par leur choix. Pour nous, essayer une Mégane 3, même en Collection 2012, est une mission facile, une sorte de promenade de santé, sans grande surprise certes, mais sans grands désagréments non plus, et c'est bien là l'essentiel. Fidèle à sa réputation de robustesse, la nouvelle Mégane reçoit désormais de nouveaux boucliers avant qui évoluent en fonction des carrosseries pour un soupçon de modernité. Ses qualités routières d'origine ne souffrent aucune critique sérieuse et le bloc dCi 110 désormais à la sauce Energy (l'ancien est toujours au catalogue pour les prix d'appels) apporte sur le terme, quelques commodités complémentaires dont quelques Nm bienvenus pour un CO² de 90 minimaliste et une conso de 3.5 litres toujours théorique, mais au final bien appréciable par ces temps de disette. Mais franchement, tout ça pour ça, c'est plus un coup de marketing que de révolution réelle.

Berline
Renault Mégane Coupé








