Commençons par une réaction inattendue en découvrant ce concept. Faisons les rabat-joie. On est français, on aime bien ça et on ne peut s’en empêcher. Mais on peut commencer à en avoir marre de ces concepts qui en mettent plein la vue et qui n’aboutissent jamais sur rien. Et Peugeot en est le spécialiste. Sauf que le contexte est particulier en ce moment : la marque est en pleine tourmente financière et s’apprête à licencier des milliers d’employés. On peut alors trouver très déplacé de découvrir au Mondial de l’Auto une supercar à moteur V8 très loin des considérations actuelles. On peut aussi sourire en observant la plaque placée entre les sièges où est écrit « Fabriquée en France ». Un peu gonflé à une époque où les usines ferment dans l’hexagone et que les rumeurs de délocalisations sont de plus en plus insistantes chez PSA. On s’amuse aussi de voir que Peugeot a imaginé une sorte de barquette radicale alors que son programme Sport est au point mort depuis l’arrêt de la compétition en endurance.
Mais Peugeot nous répondra sûrement « est-il devenu interdit de rêver ? ». Pourquoi la marque ne pourrait pas se faire plaisir et nous faire plaisir avec un tel prototype. D’autant que l’Onyx s’inscrit dans une longue tradition de concepts de supercar. On se souvient ainsi du Quasar ou de l’Oxia. Mais les temps ont un peu changé. La super-sportive du 21ème siècle est hybride. Même si Peugeot a choisi cette fois une formule light. Pas de bloc électrique qui fait rouler l’auto à lui seul. Ici, le système Hybrid4 fonctionne comme le KERS sur les Formule 1. L’énergie cinétique perdue lors des phases de freinage est récupérée et stockée dans des batteries lithium-ion. Elle est restituée automatiquement lors des phases d’accélérations, boostant la puissance de 80 ch supplémentaires.
Mais le plus important se trouve en position centrale arrière. L’Onyx cache sous sa robe un bloc V8 HDI 3,7 litres qui développe 600 ch. La puissance est transmise aux roues arrière via une boîte robotisée à 6 rapports. Sans grande surprise, Peugeot promet de « hautes performances » mais ne communique aucune valeur. Il préfère insister sur le soin apporté à l’aérodynamique de l’engin. L’Onyx est ainsi équipé d’un fond plat en carbone qui crée un puissant effet de sol. Ceci a permis de limiter le nombre d’artifices aérodynamiques. On note juste quelques extensions de la structure et un aileron rétractable. Celui-ci charge le train arrière et améliore les freinages, assuré par quatre disques carbone de 380 mm à l’avant et 355 mm à l’arrière.
Peugeot a cherché à réduire au maximum le nombre de pièces pour la structure, fabriquée en carbone. Ceci permet d’améliorer la rigidité et de réduire le poids. Au total, l’Onyx annonce 1 100 kg sur la balance. Long de 4,65 mètres, il en impose en combinant grande largeur (2,20 m) et faible hauteur (1,13 m). Les jantes de 20 pouces sont chaussées de pneus spécialement développés par Michelin. Ce qui marque peut-être le plus quand on regarde l’Onyx, ce sont les éléments en cuivre. Les portes et les ailes sont réalisées dans ce matériau. Il s’agit d’une feuille travaillée à la main par un maître-artisan. Ce métal ne recourt à aucun artifice pour se protéger. Il va donc évoluer en aspect au fil du temps, se patiner.
L’Onyx tente d’adapter à sa silhouette particulière les nouveaux codes du style de la marque. On remarque ainsi les feux arrière avec la signature lumineuse à trois griffes. A l’avant, on note les optiques et la calandre affinés. Celle-ci intègre le monogramme de la marque mais aussi le logo. Voilà qui pourrait faire penser à certaines Ferrari. Comme un hommage à la RCZ, le toit montre un double bossage et des arches en aluminium. Le vitrage et le pavillon sont réalisés en PMMA, polyméthacrylate de méthyle.
Les portes offrent un accès aisé grâce à leur cinématique en deux mouvements. L’élément extérieur en cuivre se sépare de la contre-porte, se dégage latéralement de quelques centimètres avant de pivoter autour de son axe de rotation. A bord aussi, Peugeot a voulu réduire le nombre de pièces. L’habitacle est ainsi modelé d’un seul tenant, sans couture ni raccord. Il est tapissé de feutre. Au niveau des zones en contact avec le corps, des mousses sont dissimulées pour assurer plus de confort. La planche de bord est réalisée dans un « bois » d’un nouveau type, le Newspaper Wood. Il est produit à partir de journaux usagés, assemblés et compressés pour créer de nouvelles billes dans lesquelles sont réalisées les pièces. Au centre de l’habitacle trône une pièce en cristal, réalisée par un maître-souffleur. Il s'agit du réservoir de l’auto, dont le niveau est indiqué sur la face supérieure par de fines ciselure.
Peugeot est assez clair : l’Onyx n’a aucun avenir en série. C’est un bel objet fait pour rêver que l’on admirera dans les salons.
Peugeot est assez clair : l’Onyx n’a aucun avenir en série. C’est un bel objet fait pour rêver que l’on admirera dans les salons.


Berline
Peugeot Onyx
















Mercedes GLA Concept