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11 Novembre 2011
break

Opel Insignia OPC 2.8 V6 Turbo 4x4 Tourer...

… franchement immorale


par Patrick RENZI

A vrai dire, ils ne sont malheureusement plus légion, les constructeurs automobiles, qui plus est généralistes, qui osent présenter dans leur catalogue, des modèles pleins de vie, bourrés de vitamines et élevés au super. Des modèles à faire pâlir le vert le plus écolo, avec des compte-tours dont les aiguilles ont résolument établi leur quartier dans les boîtes à gants, même réfrigérées. Cette fois, c'est l'Insignia Tourer qui reçoit la griffe OPC avec, sous le capot, de quoi décoiffer la pucelle la plus effarouchée…



Tour de contrôle, ici le termac
Tour de contrôle, ici le termac
Chez Opel, on ne plaisante pas avec le vrai plaisir de la route. J'entends déjà, quelques gardiens du Temple de la moralité, brandirent leur satanée ritournelle aux allures de magie noire, menaçant de tous les mots, une société en pleine décomposition, toute dédiée à la Salsa du Démon, mais qu'importe.

QUELQUES GENERALITES

Une poupe qui en dit long sur les intentions de la bête
Une poupe qui en dit long sur les intentions de la bête
Bien sûr que ces voitures ne sont plus full compatibles avec les stupides limitations en vigueur, évidemment que leur profil énergétique se joue de tous les interdits, mais ce n'est pas en fréquentant les nouveaux pots de yaourt édulcorés que nous assènent régulièrement la production mondiale, que l'on va devenir pire ou meilleur. Ce qui est rassurant, pour l'automobile en général, pour le devenir de sa technologie et pour l'éducation de ses adeptes, c'est de voir que l'on sait encore fabriquer autre chose que des tas de ferrailles anémiques…

LE TOUR DU PROPRIO

Trois lettres magiques en signe de reconnaissance
Trois lettres magiques en signe de reconnaissance
Une voiture, c'est comme un paquet cadeau… quand l'emballage déçoit, la surprise a du plomb dans l'aile. Avec l'Insignia Tourer, les designers maison ont mis les petits plats dans les grands en dotant leur break vitaminé d'artifices esthétiques convaincants. Ici, on ne donne pas dans la demi-mesure. Allure extérieure féroce, virile et puissante, gros spoiler massif, ouïes béantes, ailes élargies à souhait, jantes surdimensionnées vernies gris anthracite de 20 pouces, mais splendides, flancs robustes, même la partie arrière qui, généralement ressemble souvent à des sacs à dos maladroitement surajoutés, transpire la puissance. Franchement, côté aéro, ce Tourer est une pure splendeur. Digne héritier des élégants breaks de chasse, on a vraiment hâte de vérifier si le ramage et le plumage…

ESPACE INTERIEUR

L'art de faire parler la poudre dans un certain standing
L'art de faire parler la poudre dans un certain standing
Avant de poursuivre, il faut bien avoir en tête que ce Tourer, même réhaussé de sa sauce pimentée OPC, demeure un break à usage familial. Et même si la présentation des harmonies, le choix des matériaux usités, la présence d'équipements dédiés, l'apport de touches habilement soignées, donnent à penser que ce Tourer OPC a dans ses gênes, des ADN de sportivité dévoyée, ce ne sera jamais sur les circuits qu'il séduira les foules. Qu'on se le dise, afin que certains initiateurs ne soient pas blasés, trompés, déçus. Une fois cette mise au point délibérément affranchie, on peut profiter pleinement de l'énorme potentiel de ce break bodybuildé, à commencer par le maintien et le savoir-vivre des sièges Recaro cuir perfo dont les surpiqûres sont bluffantes. L'équipement est pléthorique, dommage que le limiteur de vitesse ait été délaissé. Franchement, nous n'avons jamais été des champions du frein main électrique, mais quand sa commande est petite et mal placée, là c'est trop! On a cherché une jolie montre pour faire premium… dommage! Par contre, une mention pour les manos et le pédalier sport! Bien vu!

ASPECT TECHNIQUE

C'est ici que les vitamines sont stockées
C'est ici que les vitamines sont stockées
C'est naturellement ici qu'Opel fait la différence pour doter son Tourer vitaminé de technologies évoluées. Sous le capot, on trouve en bonne place, le V6 maison de 2.8 litres qui développe 325 ch. Une fois que le couple de 325 Nm sera annoncé et qu'on aura précisé que ce Tourer plus que généreux est un 4x4, les esprits commencent à s'échauffer et les paupières se lèvent. D'abord l'une avec un 250 en pointe muselé, ensuite l'autre du fait d'un 0 à 100 km abattu en 6,6 s. Pour transmettre cette puissance, Opel fait appel à la boîte auto 6 bien adaptée à l'usage. Les modes Sport ou OPC font le reste en adaptant les prestations de l'Insignia au potentiel de son conducteur. Nous l'avons dit, ce Tourer demeure familial, convivial et sait se faire avenant et placide, le cas échéant.

SUR LA ROUTE

Signe extérieur de richesse ou argument sécuritaire?
Signe extérieur de richesse ou argument sécuritaire?
Fort de ses 325 ch, de son couple de camionneur et de ses prestations routières évoluées, le Tourer est un régal pour peu qu'on ait pris de haut certains rapports de la boîte auto, pas toujours motivée sur les premiers stades. Une fois ces quelques règles établies, que l'on soit polisson ou général, flic ou truand, sage ou gourmand, le Tourer saura satisfaire vos différents égo, pour peu que vous daigniez lui octroyer sa ration de super sans plomb nécessaire et suffisante. Disons, à la louche, en 15 et 20 litres aux 100… Personne n'a dit que la bête était sobre…! En fait, le Tourer OPC est une bombe, un missile, … bien élevé, certes, mais missile tout de même. Ses accélérations sont franches et constantes, ses reprises ne laissent personne indifférent, son freinage est tellement endurant, son châssis rabaissé Flexride amélioré est si sécurisant, précis, pointu, sa tenue de route idéalement saine, et je n'évoque même pas le comportement, le confort de suspension, la tenue de cap… Cette voiture est un enchantement immoral, certes, je le confesse, mais Dieu que ça fait du bien de se dérider. Cette voiture est un kart et colle au bitume avec une insolence rare. Du grand art pour un véhicule à vocation humaine.

CONCLUSION

L'aiguille du compte-tours est au repos... c'est rare !
L'aiguille du compte-tours est au repos... c'est rare !
En nous gratifiant des évolutions OPC sur la majeure partie de sa gamme, Opel enfonce le clou de la vertu et rappelle, à qui veut l'entendre, que le plaisir existe encore. Mais en griffant ses gammes Insignia de cette puissante signature, Opel va plus loin. Ce Tourer OPC comblera d'aise toutes aficionados de la perf'. Plus destiné aux pères de famille soucieux de préserver l'utilité de leur monture tout en jalousant leurs élans passionnels, l'Insignia Tourer OPC offre, à ce jour, un des meilleurs ratios du moment. La voiture est esthétique tout en demeurant vorace, sécurisante tout en préservant sa polyvalence, performante tout en restant accessible, terriblement attachante tout en se comportant avec rigueur et sérénité. Du coup, on se surprend à "oublier" sa conso déraisonnable, parce que son prix, lui, est réellement accessible… Quant à certaines sonorités de son V6, elles envoûtent littéralement… Immorale, certes, mais, ensorceleuse!

Opel Insignia OPC 2.8 V6 Turbo 4x4 Tourer...

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