Mitsubishi e-MiEV...
… un ballon d'anxiogène !
Même si nous sommes tous plus ou moins convaincus, que sur le terme, l'énergie dite fossile est moribonde, pour l'heure, pas facile d'apprécier l'énergie électrique sur nos véhicules de tous les jours. Bien sûr, certains constructeurs, opportunistes ou futuristes, nous chantent la mélodie de la fée électrique. Il n'empêche, que tant que nos ingénieurs n'auront pas résolu le stockage "longue distance" des kW, les modèles tout élec n'ont aucune chance de salut… à l'exception peut-être de quelques niches de circonstances souvent utilitaires.
QUELQUES GENERALITES
Dans cet élan productif de modèles électriques, Mitsubishi s'est associé à PSA(à moins que ce ne soit l'inverse…) pour créer une citadine pure souche aux allures de nano occidentale. C-Zéro pour les chevrons, Ion pour le lion, c'est i-MiEV qui portera les couleurs électrisantes de Mitsubishi dont les premières recherches en la matière, remontent à 1966… Car un véhicule électrique, ce n'est pas seulement un vulgaire moteur, c'est surtout et avant tout, des batteries dont les performances de stockage sont encore très insuffisantes. C'est d'ailleurs cette problématique qui fiche la migraine à de nombreux ingénieurs…
LE TOUR DU PROPRIO
Pour tenter de séduire les aficionados de la "voiture propre!", les stylistes osent des coups de crayon rondouillards (vous savez, la goutte d'eau…) qu'ils nous vendent comme futuristes… On a souvent droit à des allures sans grandes saveurs et si les concepts initiaux habillés de leurs coûteux équipements novateurs et de leurs appendices artificiels ont souvent fière allure sous les feux des projecteurs ébahis, les modèles de série doivent sacrifier aux exigences du marketing et leur banalité n'a souvent d'égal que leur insipidité. Pour notre i-MiEV, considérant que sa carrière marginale n'intéressera probablement que quelques rares flottes administratives (les décideurs se donnant bonne conscience en optant pour des marques bien françaises comme Citroen C-Zéro ou Peugeot Ion fabriquées sur les mêmes lignes japonaises que notre i-MiEV et beaucoup moins convaincantes), quelques clubs de bobos introvertis, l'esthétique bon enfant comblera l'essentiel des troupes dont la première préoccupation est de se démarquer. A ce jeu, sans affoler les foules, notre mini Mitsu sauvera l'honneur.
ESPACE INTERIEUR
Ici, tout est léger, simple, les bonnes âmes diront épuré pour ne choquer personne. Pour un peu, on ferait un bon d'une cinquantaine d'années en arrière, du temps où les équipements et autres instrumentations n'agrémentaient que très rarement les planches de bord. Pas de fioritures particulières, une qualité d'assemblage moyenne, heureusement, mais sur option, un système de navigation gestion multimédia bien comme il faut sauvera le naufrage titanesque. Décoration minimale, agrémentation sommaire et habillage rustique, diable, à ce prix, on attendait nettement mieux.
ASPECT TECHNIQUE
La vérité vraie est bien ailleurs, très éloignée d'une quelconque raison stylistique. Il faut traquer les kilos, éradiquer toute source de consommation électrique inutile, privilégier cette fichue autonomie au prix de quelques sacrifices de bien-être. Car, encore aujourd'hui, une voiture tout électrique est une prouesse technologique, un subtil ratio entre habitabilité maximale, équipement suffisant et autonomie rassurante. Pour un peu, j'oubliais l'attrait du client. Si on se résume techniquement, une i-MiEV, c'est un moteur synchrone à aimant permanent… léger et compact. Les ingénieurs font actuellement leur marché des recettes miracles… Ici, un aimant au néodyme, là un rotor optimisé, la liste est longue… Une i-MiEV, c'est aussi un pack batteries pour la traction, une transmission minimaliste et… un chargeur embarqué afin de pouvoir faire le plein d'énergie quand l'occasion se présentera. Ici, contrairement aux cousines PSA, quelques programmes améliorent l'ordinaire de la transmission… Deux positions spécifiques, une position B (Frein) pour le système de récupération d’énergie en descente, une position C (Confort) qui fait l'inverse pour la conduite en zone périurbaine… pas mal !
SUR LA ROUTE
Franchement, s'il n'y avait pas cette appréhension permanente qui nous envahit quand l'indicateur de charge s'affole et sanctionne le moindre écart de civisme écologique, tout flirterait avec la note satisfaisante. Démarrage sans aucun souci, pour peu que la charge ait été fait auparavant pendant 5 ou 6 longues heures, passage progressif de la puissance du moteur électrique au travers d'une transmission à rapport unique. Accélérations très franches et surprenantes, au fond très agréables, itou pour les reprises puisque sur ce genre de motorisation, le couple est disponible à tous les étages. Habitabilité surprenante pour 4 individus même bien constitués, clim', radio, et un vrai confort de suspension malgré des sièges peu avenants mais redoutablement efficaces. On se faufile partout, on grimpe les moindres raidillons sans soucis, on braque court et on manœuvre sans effort. On freine bien, tout pourrait être idyllique s'il n'y avait pas cette autonomie angoissante qui nous pourrit notre ballade. Car, la clim', la radio, les accélérations franches, tout cela se paie cache et ampute notre réserve de manière affolante. On nous annonce 150 km au départ… mon œil, même en se la jouant cool, ce sera 90 au mieux 100 avec le vent dans le dos et dès que l'on titille la petite, même en respectant les principes essentiels de la conduite normalisée; ce sera…70, le temps de rentrer et de brancher cette pauvre i-MiEV désappointée à sa précieuse prise de courant… Franchement trop anxiogène…
CONCLUSION
Chère, trop chère pour le service rendu et les prestations apportées, il n'est pas normal qu'une auto de ce segment valle plus de 30 000 euros déduction déjà faire des 5000 € que verse gracieusement l'Etat français pour soutenir dans le cas présent l'industrie nippone. Anxiogène, trop anxiogène pour que l'on puisse profiter pleinement des bienfaits de la motorisation électrique. Cette angoisse, qui nous envahit quand on fixe notre réserve d'autonomie qui fond comme neige en plein soleil, nous empêche de rouler zen. Le marketing des marques intéressées nous assènent à grands coups d'arguments, que la moyenne des français en terme de distances parcourues, ne dépasse pas 80 km par jour… Au fond, c'est comme si nous roulions actuellement toujours sur la réserve… En attendant votre prochaine voiture électrique, vous pouvez toujours vous entrainer… moi, je retourne à ma pompe…!
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