QUELQUES GENERALITES
Tout commence par une bonne dose d'anxyogène pour savoir si oui, ou non, il faut d'ores et déjà appeler la dépanneuse…?? Vous l'avez compris, l'important, sur une monture tout élec, ce n'est pas son moteur dont on se fiche éperdument pour peu qu'il délivre une puissance syndicale, mais c'est la batterie… ou les batteries qui, non seulement, doivent être qualitatives, intelligentes, performantes et à bonne température, ni trop chaud, ni trop froid, tout un art…que certains ont la fâcheuse habitude d'oublier, mais doivent savoir stocker un minimum vital en un temps réduit. L'avantage de la C30, c'est à coup sûr sa forte identité visuelle. Catégorie premium que vise le suédois oblige, ce n'est pas avec une autonomie faiblarde annoncée de 150 km, soit 80 km réels qu'elle va se démarquer d'une concurrence plus opportuniste que vigoureuse.
LE TOUR DU PROPRIO
Réhaussée de son kit R-Design Orinoco Blue et habillée de sa robe immaculée nacrée Cosmic White, la C30 Electric est esthétiquement séduisante, juste compromis entre élégance naturelle et coquetterie écolo. De quoi donner à ce modèle, un supplément d'âme que ses frangines thermiques ne possèdent pas. Coupé 2 portes hommage aux anciennes Volvo 470 qui ont fait le bonheur de certaines clientes VIP, notre C30 qui plus est Electric, se verrait bien reprendre ce glorieux flambeau huppé. Face avant devenue agréable depuis le dernier restyling bénéfique, poupe tarabiscotée par des designers en mal de simplicité, cette C30 aurait probablement gagné en succès commercial, si ses concepteurs avaient su la doter, habilement cela va de soi, de 2 portes latérales supplémentaires pour emmener les 2 rejetons dans quelque boutique branchée.
ESPACE INTERIEUR
Hormis le petit levier de vitesses que nous aurions aimé moins effacé et un bloc instrumental au sein duquel l'inutile compte-tours a été judicieusement remplacé par des indicateurs spécifiques, on retrouve une fois encore l'esprit suédois qui règne à bord de la C30. Un style Volvo épuré, net et sans bavure, où le superflu n'a aucune place préservant l'essentiel dans un univers rationnel. Quatre places in situ, pas une de plus que desservent 4 sièges ergonomiques bien pensés et dessinés avec soin. La sellerie biton est de qualité. L'habillage de l'espace de vie contribue à donner à l'ensemble une allure raffinée, mais jamais ostentatoire. Dommage que pour accéder aux places arrière, il faille jouer les équilibristes et déranger son monde. Dommage aussi que la contenance du coffre soit si mesurée et pourtant, les batteries situées en lieu et place de feu le réservoir de carburant, n'y sont pour rien.
ASPECT TECHNIQUE
Au fond, sans en avoir l'air, Volvo a beaucoup travaillé sur sa C30 Electric en la dotant de technologies évoluées et d'un savoir faire réel. Pour contenir le poids de la voiture (rien que les batteries, comptez 280 kg!), les ingénieurs rusent ici et là comme sur les jantes de 16 pouces, - 11kg! ou le moteur. Mais c'est la climatisation des batteries, du moteur et de l'électronique qui a reçu la meilleure attention et les tests en conditions hivernales dans le grand nord suédois n'y sont pas étrangers. 200 tests et essais différents au total. En fonction des besoins, des conditions extérieures, il faut adapter ces paramètres pour optimiser les performances. Un climatiseur optionnel alimenté au bioéthanol peut même venir en renfort. Pour la boîte, c'est de tout simple puisque, après avoir tourné une pseudo clé de contact classique, on place au choix le minuscule levier sur R pour reculer, D pour avancer et une option H (Highway) pour l'autoroute (qu'il vaut franchement mieux éviter) et qui met hors jeu, la récupération d'énergie à la décélération.
SUR LA ROUTE
La conduite électrique, c'est avant tout des accélérations immédiates plus ou moins foudroyantes avec un couple disponible à la demande et un silence de fonctionnement rassérénant, trop peut-être puisque, déjà, les concepteurs équipent leurs progéniteurs de bruiteurs pour réveiller les piétons un peu distraits. Pour peu que la voiture d'origine bénéficiait déjà de qualités routières abondantes, on y ajoute sans compter la direction douce et précise, le freinage convaincant en toutes circonstances, le confort de suspension appréciable, meilleur que sur les thermiques?, la tenue de route très saine, ici aussi mieux maitrisée que sur les autres C30 grâce à une répartition des masses plus équilibrées, un centre de gravité abaissé et des paramétrages mieux adaptés. Hélas, en fonction des conditions météo, des équipements en action, du profil routier, du tempérament du conducteur, du nombre de passagers…et de l'âge du capitaine, l'autonomie peut varier du simple ou double, voire plus. Du coup, on ne peut rien prévoir, rien prédire, juste se confier à un indicateur peu scrupuleux puisque peu réactif à l'instant t. Et c'est là que le bât blesse quand on sait qu'il faut une dizaine d'heures pour recharger la bête… c'est long!
CONCLUSION
Inutile de compter sur la C30 Electric pour assurer la livraison de vos colis, vos rendez-vous d'artisans ou la distribution du courrier. La C30 est un coupé à vocation semi familiale, plus destinée à emmener conjoint ou conjointe en balade en profitant de la vie qu'à stresser en fixant désespérément ce fichu indicateur d'autonomie aux informations dépressives. Certes le coup de la panne peut avoir ses charmes et générer quelques belles histoires, il peut aussi devenir cauchemar. Un véhicule électrique en panne d'énergie est un corps mort. Aucune autre solution que l'appel de détresse à une assistance bienveillante qui viendra au bout de longues et interminables demi-heures successives vous délivrer de cette situation ubuesque. Imaginez-vous sur le périph' à heures blindées, file de gauche, à deux petits doigts de la panne irrémédiable… Quand on vous dit que la vie ne tient qu'à un fil…

Berline
Volvo C30 Electric...

















