QUELQUES GENERALITES
Pas facile de situer la bête quand on innove et dans la forme, et dans le style et dans la motorisation! Disons pour résumer que le Twizy ressemble plus à un module lunaire qu'à un engin terrien…Une sorte de buggy du 3ème millénaire, un rien attachant, saugrenu, mais forcément sympathique puisque le but ultime de sa raison d'être tient principalement dans son pouvoir de séduction énormissime. Champion du tout électrique contre vents et marées, Renault lance, avec son Twizy, son 3ème atout ZE après le Kangoo… très utilitaire et la Fluence dont on se demande encore pourquoi? Ici, nous sommes en face d'un vrai concept adapté aux affres des bizarreries urbaines, de ses tracasseries quotidiennes et de ses aléas compulsifs.
LE TOUR DU PROPRIO
Force est de constater qu'il ne sert à rien de comparer, de chercher, d'imaginer ou de fouiller dans ses souvenirs, le Twizy n'a jamais existé et c'est ce qui va faire sa force et son atout majeur. Bizzarroïde à l'extrême, futuriste à souhait, cet engin roulant non identifié n'en fait qu'à sa tête. Pour des raisons administratives et pratiques, Renault l'a fait classer dans le segment des quadricycles. ce n'est donc pas une automobile, bien que sur 4 roues, avec un volant et une sécurité embarquée qui n'a rien à voir avec la voiturette hasardeuse que l'on peut croiser. Au fond, quand on y regarde de près, ce Twizy est sympa, taquin, humoristique, directement sorti d'une BD. Ses 4 roues à l'extérieur, cette bouille malicieuse et son cul proéminant lui donnent des airs moqueurs, prêts à en démordre avec qui viendrait le titiller.
ESPACE INTERIEUR
Pas de portières sauf en option (590€ et toc…)! Un habitacle rustique, sobre, quasi minimaliste, une planche de bord au rabais, 2 sièges un rien tape-cul en file indienne, position jambes écartées… pour le passager, presque pas de volumes de rangements, ça, c'est un des défauts majeurs du Twizy, car si l'on peut goûter aux joies de la cité, pas de portes et pas de rangements, ça veut dire: où qu'on met les affaires perso? Et qui c'est qui va les piquer dès qu'on aura le dos tourné… Mal vu! Heureusement, le volant est bien présent et si l'équipement aurait pu bénéficier de certaines largesses (je pense au son par exemple, au GPS ou au pare soleil qui ne figurent même pas en option), la sécurité, elle, active ou passive, est bien au rendez-vous avec toute l'artillerie rencontrée dans le monde automobile. Pour le fun, Renault a prévu quelques variantes colorées intérieures extérieures qui agrémenteront l'ordinaire.
ASPECT TECHNIQUE
Conçu dans les bureaux d'études de Renault Sport, le Twizy ne joue pas les doublures et s'assume en tant que tel. Un châssis court, un cadre spécialement étudié et rigidifié pour répondre aux tests les plus usuels et un moteur électrique basique en position arrière. Le Twizy est donc une propulsion. Un bloc batteries loué pour une cinquantaine d'euros mensuels avec les services qui vont bien se situe en position basse et confère au Twizy une tenue de cap bluffante. Pour les recharger, comptez 3h 30 sur une prise normale et c'est reparti pour… 50 à 80 km selon les conditions, même si quand on décélère, la récupération au freinage redonne du peps à la batterie. Stocker l'électricité de manière satisfaisante est toujours une énigme et cela fait des lustres que l'Homme se heurte à cette problématique… C'est d'ailleurs pour cette raison que le tout élec est essentiellement réservé à la ville intramuros.
SUR LA ROUTE
Là, je reconnais que le sceptique que j'étais, a dû mettre de l'eau dans son vin. Car le Twizy, qui aurait pu passer pour le nouveau jouet des bobos, se révèle une arme de tout premier choix quand il s'agit d'opérer dans les flots urbains. Avec son gabarit miniature, le Twizy se faufile en toute sécurité dans le flot de la circulation. En parking, c'est 3 pour le prix d'un. Entendez par là que vous garez 3 Twizy sur une place de parking ordinaire… enfin, tant que la législation le permet! Il y aura bien un énarque qui, un de ces matins, se réveillera avec une idée de génie! Le rayon de braquage autorise certaines fantaisies, la puissance du moteur et son couple ne sont pas ridicules et le démarrage au feu peut en surprendre quelques uns. Freinage, direction et boîte auto ne sont jamais à la ramasse. C'est vrai que côté confort, ce n'est pas toujours la joie, que rien ne protège l'habitacle des voleurs, que la pluie et les courants d'air sont désagréables dès que le compteur s'affole (au dessus de 40 km/h), qu'il n'y a naturellement ni clim', ni chauffage et qu'on se les pêle hormis en plein été… Mais pour le fun, les économies de carburant, la protection environnementale (hormis la gestion des batteries et la production des kWh consommés…), c'est un vrai bonheur. Un jouet extraordinaire qui fait tourner les têtes toutes ébahies…!
CONCLUSION
Que dire de ce Twizy, qui, pour notre essai, était une variante 80, donc avec permis B ou B1 obligatoire? Il existe une version 45 sans permis, un peu moins chère, un peu moins puissante, mais tout aussi attachante à l'arrivée. Surprenant à plus d'un titre, il répond à une préoccupation du moment. Citoyen des villes par excellence où il devrait, contre toute attente, recevoir un chaleureux accueil, oubliez le citoyen des champs, car les routes de campagne et les longs rubans de bitume, ne sont pas faits pour lui. Agréable à conduire par beau temps et toujours habillé chaudement, il offre peu de rangements protégés des regards indiscrets et ses occupants, bien que réellement protégés par un niveau de sécurité qu'il convient de saluer, sont sujets à la météo, aux courants d'air et au confort spartiate des sièges. Mieux qu'un scooter, probablement… Moins bien qu'une voiture… pas forcément dans tous les cas… Mais une réelle opportunité pour les petits déplacements du quotidien pourvu que l'on solutionne le souci de la recharge sur les lieux de travail. Quel flambeur, ce Twizy!

Berline
Renault Twizy 80 Urban...




























