Mitsubishi Pajero Long 3.2 Di-D 30ème Anniversaire...
...la bourgeoisie grimpe aux arbres
Barcelone - Après 30 ans de bons et loyaux services, ne croyez surtout pas que le Pajero se range des voitures pour prendre sa retraite. Le bougre insiste et signe en s'offrant une 4ème génération pour ce millésime 2012 ainsi qu'une série spéciale de 300 exemplaires et pas un de plus, pour marquer dignement l'évènement. S'il existe aussi en châssis court 3 portes, c'est la variante 5 portes que nous avons retenue pour notre essai grandeur nature. Et dans cette belle région de Catalogne, la nature est magnifique.
QUELQUES GENERALITES
Nous avons relayé l'info, il y a quelques semaines à peine: Mitsubishi profite du potentiel du Groupe Frey pour revoir la distribution de ses produits dans notre pays, en lui confiant la gestion des affaires. Jean-Claude Debard hérite donc d'une énième branche dans l'arbre Emil Frey (Daihatsu, Subaru, Hyundaï et Sssang Yong). En fait, une sorte de retour aux sources pour Mitsu distribué dans les années 70 par Sonauto et qui réintègre le même bercail de St Ouen l'Aumône. L'occasion pour Mitsu de remettre en scène son mythe éternel avec un Pajero certes toujours férocement 4x4, mais avec un zeste d'embourgeoisement en prime.
LE TOUR DU PROPRIO
Pour 2012, le restylage du Pajero porte essentiellement sur une nouvelle calandre chromée au style très dynamique, un nouveau pare-chocs avant imposant, ton caisse, qui surmonte un ski de protection noir, de nouvelles jantes alliage de 18 pouces, des barres de toit non plus argentées comme par le passé, mais noires. Pour le reste de la partie externe du Pajero, rien de changé excepté quelques sigles. On retrouve la carrure dominante de la bête féroce que rien ne semble arrêter, la stature de ses lignes musclées, la force tranquille tel un ciel dégagé avant l'orage. Un style propre au Pajero que rien n'est venu perturber au fil de ces trois décennies. Une allure intemporelle qui traverse les années sans prendre une seule ride.
ESPACE INTERIEUR
Hormis une plaque numérotée, des tapis brodés "3oth Anniversary", et un porte-clé badgé, rien ne vient contrarier un univers connu et apprécié par tous ceux qui recherchent l'espace et la polyvalence. En fait, cette variante "joyeux anniversaire" est conçue sur la base de la finition Instyle déjà bien pourvue. Planche de bord à l'image du produit, une sorte de savant compromis entre la puissance de la rusticité et l'agrément de la modernité, des sièges très accueillants dont le maintien parfait autorise certes de longues escapades en terrains hostiles, mais aussi plusieurs centaines de kilomètres de bitume qu'ils soient sur route et même sur autoroute. Naturellement, comme la roue de secours est à l'extérieur, bien protégée sous un carénage sérieux et soigné, le coffre est immense et l'habitabilité générale est réelle. Pour l'équipement, c'est plus que nécessaire: volant multifonctions, clim' auto avant et manuelle arrière, sellerie cuir avec sièges avant chauffants, (seul, le conducteur bénéficie des réglages automatiques, dommage!), système audio Rockford 860W 12HP, GPS, bluetooth, camera de recul…
ASPECT TECHNIQUE
Une première évolution moteur avait été faite en 2009 et le millésime 2012 embarque donc un gros 4 cylindres de 3.2 litres qui développe ici 200 ch pour un couple magistral de quelques 441 Nm, tout cela relayé par une boîte auto à 5 rapports bien programmés. Inutile de vous cacher que même si les émissions de CO² chères aux apprentis écolos flirtent encore avec les 224 g/km, le Pajero n'est pas un modèle de vertu dans ce domaine. D'ailleurs, est-ce qu'on le lui demande? Il en est de même pour les consommations, certes en baisse, puisque désormais, la mixte est annoncée à 8.5 litres… de gasoil, ce qui, pour un gabarit de ce type, peut être qualifié d'acceptable. A l'actif du Pajero, une structure monocoque légère et rigide, un châssis séparé et un centre de gravité abaissé, une suspension à 4 roues indépendantes, un système de contrôle de trajectoire et antipatinage, sans compter l'excellente boîte de transfert "Super Select 4 II (ouf!) équipée de son différentiel central à visco-coupleur. Ne pas oublier que le Pajero intègre une position 2WD pour la route.
SUR LA ROUTE
Sur la route, le Pajero tient son rang, même s'il préfère les grands espaces naturels. La sérénité qu'il apporte au conducteur et aux passagers est surprenante. Confortable sur les voies civilisées, le Pajero sait jouer de son charme et séduit par un agrément de conduite surprenant. Tenue de route, absence de roulis, confort de suspension, visibilité, performances, peu de choses viennent le desservir si ce n'est un tarif inflationniste, une maniabilité urbaine toute relative eu égard à un gabarit plus que généreux et un coût de revient kilométrique nettement au dessus de la moyenne des crossovers actuels. Car c'est bien par ce flanc là, que le Pajero est attaqué, y compris dans sa propre famille avec l'Outlander et surtout l'ASX. En fait, c'est quand les chemins deviennent difficiles, quand les conditions de conduite sont délicates, quand l'heure du franchissement est venue, que notre Pajero excelle. Et là, comme sur les pistes du Dakar où il a forgé son image de conquérant, il est quasi invincible.
CONCLUSION
Avec le nouveau Pajero et plus particulièrement sa version "30th Anniversary", Mitsubishi a voulu donner à son fer de lance une allure moins bestiale, moins virile, plus familiale. Une sorte de mix entre nature et centres urbains avec un brin de polyvalence et des prestations routières très évoluées. En civilisant le Pajero, Mitsubishi veut élargir sa cible. Reste que 70% des propriétaires européens de Pajero y reviennent à l'heure du renouvellement. Et si Madame y prend goût, sûr que le Pajero pourrait y trouver son compte en s'offrant une seconde vie.
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