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5 Septembre 2012
nostalgie

Messerschmitt KR


par Alain INIAL

Le marché allemand, dans une pénurie totale de matières premières au lendemain de la guerre, nous sommes en 1946, voit fleurir des voiturettes ultralégères. Parmi elles, le KR (Kabinen Roller) de Messerschmitt laisse la trace de performances hors du commun.



Messerschmitt KR
1945, l’Allemagne vit au rythme de la reconstruction, comme bien d’autres pays européens d’ailleurs. Tout manque et surtout les matières premières indispensables à toute construction industrielle. Pourtant la matière grise est bien présente et les ingénieurs doivent penser à leur reconversion. C’est le cas dans l’aéronautique et comme il n’est plus question de construire des avions, c’est désormais interdit d’après les termes de l’acte de capitulation, Fritz Fend, jeune ingénieur aéro explore les pistes qui lui permettront de vivre.


Messerschmitt KR
Il constate tout d’abord la forte demande de véhicules sans lesquels il n’est pas question d’envisager une quelconque reprise de l’économie nationale. Tout ce qui roule ou peut rouler est réparé, bricolé, remis en état de marche tant bien que mal, qu’il s’agisse de véhicules personnels, professionnels, individuels ou collectifs.

Le manque de moteurs et de carburant l’amène à créer un petit véhicule à propulsion musculaire, une sorte de voiture à pédales offrant plus de confort qu’un vélo, comme le Vélocar de Mochet (France). Toujours les problèmes d’approvisionnement et quelques autorisations difficiles à obtenir et Fritz Frend s’oriente vers la construction de voitures pour handicapés, très demandées en cette période d’après-guerre, voiturettes mues par un système de levier.

Messerschmitt KR
1948, la situation s’améliore et notre jeune ingénieur peut, à la demande, équiper ses voitures (monoplaces) d’un petit moteur de 35 cm3. Le Flitzer (la Flèche) est né. Il est équipé de roues de vélo et d’une porte à basculement, style cockpit d’avion de chasse, mais on ne se refait pas !  L’année suivante, il conçoit un tricycle à roues de scooter et pouvant accueillir un moteur de 100 cm3 (deux places l’une à côté de l’autre). Entre temps, il est approché par la Société Messerschmitt qui doit obligatoirement diversifier ses productions pour remplacer les chasseurs bombardiers. Il signe un accord avec la firme aéronautique et se penche sur la conception d’une voiturette biplace (en tandem) dotée d’un moteur Sachs de 175 cm3. L’ensemble motopropulseur est situé à l’arrière des sièges et devant l’unique roue arrière, un guidon pour la direction et une boite 4 vitesses avant avec transmission par chaîne pour la propulsion. (Il n’y avait pas de marche arrière mais une réversibilité du moteur deux temps d’où quatre rapports en marche arrière. Les membres des commissions d’homologation, aujourd’hui, s’arracheraient les cheveux …).

Messerschmitt KR
1953, le modèle définitif est présenté au salon de Genève sous l’appellation Kabinen Roller 175 et comme la pénurie en matière d’automobiles sévit toujours en Allemagne, c’est le succès immédiat d’autant plus rapide que le véhicule affiche une consommation de 3 l/100 kms. Deux ans plus tard, une version plus puissante sort avec un moteur de 200 cm3 (10 ch.) et atteignant les 100 km/h. C’est presque le même mode de conduite que celui d’une automobile sauf que le guidon est conservé à la place d’un volant trop encombrant. Les commandes de gaz et d’embrayage sont désormais au pied, tout comme le freinage.

Un Kabinen Roller 200 est préparé pour battre des records, équipé d’une motorisation spécifique. Il peut atteindre les 140 km/h et décrochera 25 records de sa catégorie sur le circuit d’Hockenheim. Une variante est présentée en version décapotable de luxe, la voiture utilitaire fait place à la mini-voiture à tendance sportive.

Messerschmitt KR
1956, désormais, Messerschmitt peut revenir à l’aéronautique et reconstruire des avions. La direction décide d’abandonner la construction des KR. L’ingénieur Fend reprend la fabrication à son compte en compagnie de sous-traitants. Leur alliance marchera un an jusqu’en 1957, qui voit l’essor du marché de la voiture d’occasion au détriment des voiturettes. On pouvait désormais acheter une VW d’occasion pour le prix d’un KR avec l’avantage d’avoir quatre places assises. Plutôt que de se lancer dans une seconde carrière de constructeur automobile, Fritz Fend jette l’éponge et prend sa retraite.

Bien que rare, on peut trouver quelques KR sur le marché de la collection, comptez entre 3000 et 10000 €

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