|
Inscription à la newsletter
édito - par Alain INIAL
C'est l'effet boomerang !
|
BMW 328…… promenade bavaroiseQue diriez-vous d’une petite ballade en voiture de sport d’avant-guerre, une promenade au fil de l’eau, sous les arbres des forêts, au rythme des massifs montagneux….. un retour au source pour notre 328 née à Munich et qui jouit de la réputation de la plus belle voiture de course d’avant-guerre…. Non non, nous n’irons pas sur les circuits…. Mais nous irons profiter des paysages à bord de cette sportive deux places bleue non couverte dont les lignes et le moteur sont encore aujourd’hui un modèle d’exception. Et pourquoi na pas nous faire quelques châteaux qui jalonnent les routes de la région….
Il y en a des choses à faire et à voir …. Et c’est donc assez confortablement installés que nous nous décidons à partir pour un week-end de plaisir…. Et pour s’assoir, il faut d’abord ouvrir la porte, qui ne s’ouvre que de l’intérieur, pas de poignées extérieures… c’est amusant ! Dieu qu’elle est jolie cette voiture, fine, élégante, racée… Et dire que BMW ne l’a jamais annoncée et n’a quasiment jamais fait de réclame pour elle. C’est vrai que nous étions en 1936, les moyens de communication n’avaient rien à voir avec aujourd’hui…. La meilleure pub pour cette voiture a été sa victoire dès sa première compétition lors de la course de l’Eifel sur le circuit du Nürburging le 14 juin…. Avec pour pilote le fameux Ernst Jakob Henne, la voiture de course de 2 litres et 80 chevaux sous le capot ne fait qu’une bouchée de ses concurrentes… le temps est loin d’être au beau fixe et pourtant 250 000 personnes se pressent pour admirer cette course de prestige. Ce que l’on retient à l’époque est la formidable accélération de la voiture malgré un moteur sans compresseur et un poids de seulement 830 kilos. Mais comment fait-elle… c’est ce que nous nous empresserons d’essayer dès que nous sortirons de la ville… direction le château de Nymphenburg érigé entre 1663 et 1664 et agrandi en 1715. L’ensemble est complètement extraordinaire, comme tout ce que nous serons amenés à voir durant le week end. Dommage, pas moyen d’entrer avec notre petit bijou de voiture… mais nous pourrons visiter le Musée des Carrosses dont la voiture d’apparat du roi Louis II, une vraie pièce de musée luxueuse…
Sortons de la ville et promenons nous sur les routes de campagne… C’est vrai qu’elle tire bien la 328… un beau bruit surtout, de belles accélérations sur les routes de campagne…. Elle en a dans le ventre comme on dit…. Et elle fait l’admiration de beaucoup. Dès que l’on s’arrête dans un village se crée un attroupement autour de nous. On veut la voir, la toucher, l’admirer…. BMW fait la fierté du pays, la 328 aussi…. On la reconnait bien à sa célèbre calandre en double haricot à l’avant, aux courroies de cuir marron clair attachées par des fixations métalliques en travers du capot…. Ces deux éléments sont le style caractéristique de la 328. Son pare-brise est composé de deux moitiés rabattables montées en V, chacune d’elles équipée d’un essuie-glace (sachant que sur les 3 premiers exemplaires, le pare-brise était bas et d’une seule pièce). Les roues Kronprintz brevetées sont pleines et à écrou central. Les pneus ont une dimension de 5.25x16. Pas habituel…. Mais la voiture est bien ancrée au sol. Pas de souci. De toute façon, c’est de la promenade que nous faisons, pas de la vitesse….. il y a du monde sur les routes…
Nous nous dirigeons vers la route allemande des Alpes qui nous mènera à Lindau sur le Lac de Constance via la route des Alpes et ses nombreux châteaux. Ça va grimper aussi…. Comment va réagir notre petit bijou de voiture ? Et bien nous n’avons eu aucun problème. Le moteur tient bon. Nous arrivons au château de Linderhof sans encombre. Puis nous continuons la route qui serpente entre les montagnes. C’est un joli périple en décapotable. Le soleil brille, les arbres nous apportent la fraîcheur. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans une charmante auberge qui nous propose des spécialités locales : saucisse blanche ou weisswurst avec des pommes de terre, et une bonne bière bien de là-bas, très rafraichissante… un coup de peigne avant de passer à table car je suis quelque peu décoiffée… c’est le bonheur.
Deux châteaux nous attendent sur la route, pas très loin, le fameux château de Neuschwanstein créé par Louis II. Pour l’atteindre, la promenade est rude et longue, à pied. La voiture est restée plus bas sur le parking, suscitant toujours autant d’admiration. Puis c’est le château d’Hohenschwangau, toujours dans les bois avec ses à-pics impressionnants. Après la grimpette, nous sommes heureux de nous asseoir dans notre petite voiture…. Pour une fois, je prends le volant et découvre de plus près le tableau de bord de grande qualité quant à la lisibilité… deux grands cadrans que sont à gauche le compte-tours et à droite le compteur de vitesse. Ce dernier indique 180 km/h... je ne sais si je les atteindrai un jour ! Trois cadrans plus petits indiquent le niveau de carburant, la pression d’huile et la température du liquide de refroidissement. Bien sûr, on y ajoute démarreur, éclairage, starter et indicateurs de direction… tout est là, le minimum vital qui permet de tout savoir quand il le faut. Le volant est noir, à trois branches, et l’on trouve au milieu le bouton du klaxon, des deux klaxons en fait qui sont montés derrière la calandre en double haricot. Il y a un trou sous la calandre dans le capot du radiateur au cas où il faudrait démarrer à la manivelle ! Nous n’en avons pas eu besoin… ça aurait été rigolo….
Et puisqu’on est dans la description, je rajoute une boîte à gants à couvercle pour le modèle de série, bien sûr pas sur le modèle de course, ainsi que des rangements dans les portières. N’oublions pas la roue de secours rangée dans un renfoncement à l’arrière de la voiture… tout est bien ajusté, bien calculé…. Ils étaient doués les ingénieurs de l’époque qui ne travaillaient qu’avec un papier, un crayon et une règle, et qui étaient capable de concevoir des voitures sublimes et qui plus est avec des moteurs incroyables capable de s’imposer dès la première course. Les deux ingénieurs se nomment Rudolf Schleicher et Fritz Fiedler qui ont réalisé ici « la plus belle voiture de course d’avant-guerre » et qui a été déclinée de série pour tous les passionnés de vitesse et de belles motorisations.
Il nous a fallu une deuxième journée pour rejoindre le Lac de Constance, dans la fraîcheur des pins, sous un soleil merveilleux…. Lindau est au départ juste une île sur le lac qui s’est agrandit ensuite. La vieille ville se fond avec notre jolie petite voiture…. Qui a l’air d’avoir toujours été là….. Nous reprendrons la route un peu plus tard…. Et nous sommes fiers heureux d’avoir pu réaliser ce périple à bord de ce bijou qui a tenu bon, et n’a pas été trop gourmand malgré les routes en lacet des montagnes…. Bravo aux ingénieurs, merci à BMW d’avoir mis au jour une si belle voiture…. Dont la commémoration de ses 75 ans se fait par la présentation d’une 328 Hommage… nous en parlerons un jour…..
Autres articles
Vendredi 27 Mai 2011
par Anne-Sophie Descamps
Lu 1738 fois
|
||||||||
|
|
|||||||||

Berline












