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Tokyo
30 Novembre 2009

Tokyo 2009...

... kon'nichiwa (déprime)!


par Florent FERRIERE

Si les américains et les européens font tout pour relever la tête et voir l'avenir d'un bon œil, les japonais nous ont fait une belle démonstration de pessimisme chez eux, à Tokyo. Un salon ennuyeux, ou seules la Toyota FT-86 et la Lexus LF-A montraient un peu de gaieté.



Tokyo 2009...
Lors du dernier salon de Francfort, on avait parlé de reprise. Les constructeurs espéraient une fin de crise pour l'année 2010 et faisaient tout pour nous envoyer des signes positifs. Un optimisme que ne partageaient guère les constructeurs japonais, dont certains ne s'étaient même pas déplacés. Et apparemment pour eux, le moral ne semble pas s'être amélioré. Au contraire. Le dernier salon de Tokyo nous en a apporté la preuve et s'est déroulé dans une déprime générale rarement vue. Un salon dont on faisait d'ailleurs vite le tour. Sur le fond, mais aussi sur la forme. La surface d'exposition a ainsi été réduite de plus de moitié par rapport à l'édition de 2007. Tous les constructeurs étrangers avaient déserté l'exposition japonaise, à part trois labels très confidentiels : Lotus, Caterham et Alpina.

Tokyo 2009...
Il faut dire que le marché japonais n'est pas des plus séduisants pour les occidentaux. Les constructeurs japonais représentent ainsi plus de 95 % des ventes. Et celles-ci, comme partout dans le monde, plongent cette année. Le marché nippon est aussi assez différent, puisqu'un modèle sur trois vendu est une "kei car", un véhicule de moins de 3,39 mètres de long doté d'un moteur de 660 cm3 maximum. Si ces véhicules ont un tel succès, c'est qu'ils donnent droit à des réductions fiscales. Une catégorie de voitures dont sont peu friands les constructeurs européens et encore moins les américains ! Le nombre de premières mondiales s'est fortement réduit cette année. Pire, le salon qui d'habitude faisait la part belle aux innovations technologique et aux délires stylistiques, faisait preuve d'un conformisme déroutant.

Tokyo 2009...
Mazda qui crée ainsi l'événement chaque fois avec des concepts psychédéliques est carrément venu les mains vides. Il s'est contenté de présenter de nouveaux moteurs! Mitsubishi n'a amené qu'un concept de gros SUV à moteur électrique. Dessiné sans émotion à la règle, ce proto ne rimait à rien car il n'annonçait rien de concret. Suzuki s'est limité à une nouvelle citadine Alto, différente de la notre, et qui par conséquent ne franchira jamais les frontières japonaises. Nissan présentait pour sa part une nouvelle berline trois volumes, qui n'était autre que la dernière Infiniti M rebadgée, et une plus amusante bi-place en tandem, dotée de quatre roues, capable de se pencher dans les virages à la manière d'une moto. Heureusement, il y avait Honda. Celui ci a présenté plusieurs concepts, dont celui d'une petite puce électrique au dessin simpliste mesurant trois mètres de long, nommé EV-N et cachant dans ses contre-portes un drôle de tabouret mobile, illustrant une nouvelle idée de la mobilité. Mais c'est surtout le CR-Z qui a retenu notre attention. Deux ans après le premier opus, le concept CR-Z fait son retour à Tokyo dans une version très proche de la série. Ce petit coupé, dont la diffusion sera mondiale, sera commercialisé chez nous en juin 2010, et pimentera un peu la gamme Honda. Même s'il n'aura pas le caractère rageur d'une Civic Type R, puisque ce CR-Z sera uniquement proposé en version hybride, avec un mode de propulsion similaire à celui de l'Insight. Le moteur électrique sera ainsi juste une aide au bloc thermique (dont la puissance est inconnue), mais n'entrainera pas tout seul l'auto.

Bizarrement, c'est Toyota qui a mis un peu de fun à ce salon à l'ambiance d'enterrement. Il a ainsi présenté une étude annonçant un futur petit coupé, qui sera commercialisé en 2011, et donnera enfin une descendance à la Celica. Baptisé FT 86 (même les patronymes sont sans personnalité cette années à Tokyo), ce modèle mesurant 4,10 mètres de long a été développé avec Subaru, qui proposera sa propre version du modèle et fournira le moteur, un 4 cylindres à plat. Mais la grosse star de ce salon restera la version définitive de la Lexus LF-A. Après nous avoir fait attendre de longues années, la filiale luxe de Toyota s'est enfin décidée à lancer la version de série de sa supercar. Son style agressif, mais pas vulgaire, annonce la couleur. Produite à la main à 500 exemplaires, dont seulement 6 pour la France, elle est dotée d'un V8 de 570 ch. De quoi offrir des performances décoiffantes. Seul petit rayon de soleil au milieu d'une industrie auto nippone en berne.

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