Subaru Trezia 1.4 D 90 ch L...
… je copie, je colle
Ce ne sera pas l'évènement de l'année et si l'on gratte un peu, on pourra longtemps se demander la réelle légitimité de ce modèle dans le catalogue Subaru. Pensez donc, un petit minispace, sans transmission intégrale, même pas de boxer, j'en connais qui se sont faits jeter pour moins que cela. Mais Toyota possédant, depuis 2005, 16.5 % de Fuji, maison mère de Subaru, ce dernier, ayant égaré le Justy dans la corbeille de mariés, était en quête d'un petit modèle d'accroche pour attirer le chaland, élargir son offre, du moins éviter qu'il parte ailleurs se ravitailler. Ceci pouvant expliquer cela, voici donc venue la Subaru Verso-S, pardon Trezia… rien que pour vous servir.
QUELQUES GENERALITES
Fort heureusement pour Subaru, il y a pire comme minispace compact, le Toyota Verso S étant une des bonnes valeurs du segment B. Soucieux de dynamiser ses ventes et de poursuivre son développement mondial, le japonais Subaru ne focalise pourtant pas sur le marché européen qu'il trouve, comme beaucoup et à raison, bien complexe et un rien surchargé. En attendant le futur coupé BRZ (toujours avec Toyota) et la nouvelle XV, la Trezia occupe donc le terrain médiatique, un produit sans surprise.
LE TOUR DU PROPRIO
Pour tenter de donner le change et identifier sommairement son petit minispace, les designers ont revu la face avant en relookant habillement le bouclier et en intégrant le célèbre ovale et ses 6 étoiles que l'on retrouve également, en bonne place, sur le hayon qui, lui, ne bénéficie d'aucun aménagement particulier. Un choix de la part de Subaru de ne pas investir une fortune dans la personnalisation de la Trezia. Rien d'extraordinaire donc, mais suffisant pour intégrer notre Trezia au catalogue. On retrouve donc le style anguleux et moderne du Verso S, globalement réussi.
ESPACE INTERIEUR
Hormis le volant habillé de son nouveau logo, rien de neuf dans l'habitacle que l'on retrouve avec ses aménagements initiaux de bon aloi. De la place, il n'en manque pas et, hormis la planche de bord en plastique dur que l'on aurait aimé habillé d'un revêtement plus noble pour intégrer l'image que l'on se fait de Subaru, rien de particulier ne vient choquer le regard. La modularité, certes à l'ancienne, est un autre avantage de ce modèle qui peut accueillir un volume de charge impressionnant par rapport à son gabarit extérieur somme toute limité (moins de 4 mètres de long) et des rangements multiples disséminés un peu partout dans l'espace. Pour la France, une seule finition, L, avec jantes alu, peinture métal, clim' manuelle, ordinateur de bord, antibrouillards, rétros extérieurs électriques dégivrants et banquette inclinable. Autre bonus, un équipement audio 6 HP moderne et de bon niveau.
ASPECT TECHNIQUE
Dans la série "je copie, je colle", rien de bien nouveau, non plus, sous le capot où l'on retrouve avec satisfaction le 4 cylindres D4-D (ne l'appelez surtout pas ainsi!) 90 ch de Toyota. Un groupe motopropulseur de bonne facture qui procure à notre Trezia des performances bien plus qu'honorables. Rampe commune dernière génération, 205 Nm de couple, conso moyenne de 4.3 litres, 113 g/km de CO², ce moteur équipe déjà nombre de modèles en donnant globalement beaucoup de satisfaction. Autre point fort de la Trezia, son confort de suspension particulièrement soigné. Suspension avant McPherson, essieu de torsion pour la partie arrière, réglages opportuns contrôlant en outre le roulis à peu près bien contenu.
SUR LA ROUTE
Comme la place ne manque pas dans son espace intérieur bien agencé, conduire une Trezia ne demande aucun effort particulier. Les instruments se situent là où il faut et la visibilité est bonne que ce soit vers l'avant, de ¾ ou vers l'arrière, le hayon vertical permettant de jauger l'extérieur avec précision. Les accélérations ne sont pas faramineuses, la Trezia n'est pas un foudre de guerre, mais le moteur respire bien, les performances ne sont pas ridicules, loin s'en faut et les consommations sont très basses. Le châssis Toyota est précis et suffisamment dynamique pour offrir à la petite Subaru des tenues de cap rassurantes et lui permettre d'enfiler quelques routes sinueuses (pas trop tout de même) avec une certaine sérénité.
CONCLUSION
Sur le plan strictement marketing, ce chassé croisé Toyota Subaru est une réelle opportunité pour les 2 protagonistes. Le premier va diminuer ses coûts de revient en augmentant son volume de production, le second récupère dans son catalogue un minispace digne d'intérêt et de bonne facture. Reste que le réseau Subaru devra être fichtrement convaincant pour refiler des Verso S rebadgés, 5% plus chers que les équivalences originales. Posséder une Subaru vaut-il ce sacrifice? Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle? Quelle sera la réaction du client? Autant de questions dont les réponses ne viendront pas avant quelques mois… A suivre…
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