Seat Alhambra 2.0 TDI 140 4WD Techside...
… Zézette, où t'as garé le camion?
On savait que Seat était le parent pauvre du Groupe Volkswagen qui concède, de temps en temps, quelques gestes bienveillants, à son satellite espagnol. On a vu ainsi une vieille A4 honteusement refourguée et recyclée en familiale archaïque au sein du catalogue hispanique, voilà venu le temps de gratifier Seat d'une transmission intégrale sur un monospace dont la diffusion confidentielle ne fait plus aucun doute… Une sorte de cadeau empoisonné qui ne servira que les intérêts du Groupe.
QUELQUES GENERALITES
Clone de Sharan sans ambition particulière, l'Alhambra n'en est pas moins un fidèle compagnon de route pour qui est plus soucieux de l'utilité de sa monture que de son pouvoir de séduction. Sous son gabarit de camion de déménagement, l'Alhambra est avant tout destiné aux familles bien composées. Un peu moins cher en règle générale que la lignée de chez VW, cet immense monospace se distingue plus par ses honnêtes prestations globales que par un réel intérêt attractif. Désormais affublé de sa transmission intégrale électronique naturellement puisée dans la banque d'organes interne, il faudra se tourner vers nos espaces montagneux pour lui trouver une réelle utilité et justifier une plus-value abusive.
LE TOUR DU PROPRIO
Extérieurement, ne cherchez pas! L'Alhambra ne dégage aucun charme particulier, pas même le moindre zeste de séduction latine ou de jovialité méditerranéenne. Fruit d'une union cachée entre un camion de déménagement et une colonie de vacances, l'Alhambra se distingue avant tout par une surface vitrée généreuse qui impose une clim' par nécessité absolue de service. On se dit que les portes latérales arrière coulissantes et électriques sont un avantage non négligeable pour peu que leur fonctionnement soit suffisamment fiable dans le temps pour ne pas énerver toute la famille. A part cela, franchement, on n'ira pas plus loin dans les louanges de cet utilitaire familiale dont la vocation première est d'emmener tout ce petit monde d'un point à un autre… ce qui n'est déjà pas si mal!
ESPACE INTERIEUR
Une fois franchi le seuil des portières, on pénètre dans un immense habitacle ultra lumineux, une sorte de salon roulant pouvant accueillir 7 personnes sans armes, ni bagages. Et c'est là que le bât blesse. A quoi peut bien servir un véhicule pouvant emmener "royalement" 7 passagers avec un volume de coffre restant digne d'une Fiat 500 (267 litres!)? Du coup, on peut bien nous expliquer les bienfaits des modularités intérieures à vocations multiples, la qualité des assemblages, des matériaux, quelques efforts de présentation, l'accueil des selleries ou l'équipement ultra complet sur cette finition Techside, il y a blocage? Une sorte de question que Seat et quelques autres laissent sans réponse, un arrière-goût de "j'y reviens pas"… A quoi peut bien servir un coffre quand il ressemble à une boîte à gants?
ASPECT TECHNIQUE
Le 4 cylindres TDI 140 ch qui règne sous le capot de notre Alhambra 4WD est une mécanique que l'on retrouve à tous les étages de la production VW. Gage de sérieux et de relative fiabilité, performant en règle générale et peu gourmand quand on ne titille pas trop le pied droit, il y a nettement pire sur le marché. On aurait aimé que la fabuleuse boîte DSG7 vienne le seconder pour en extraire la substantifique moelle, mais Wolfburg a dit nein! Dommage, car l'ensemble aurait eu fière allure d'autant que la transmission 4WD est techniquement bien conçue. Système Haldex de dernière génération, il permet de parfaitement doser les différents modes de traction, propulsion avec une efficacité remarquable en fonction des profils de route et des aléas climatiques.
SUR LA ROUTE
Hormis le fait que la boîte mécanique 6 rapports est usante à la longue et inappropriée sur un modèle à vocation routière comme notre Alhambra, hormis les trépidations du moteur qui parviennent encore dans l'habitacle malgré une insonorisation poussée, hormis un confort de suspension pas à la hauteur de nos espérances, surtout quand on ne roule pas à pleine charge, conduire un Alhambra, même en 4WD, ne pose aucun problème particulier… D'ailleurs comment pourrait-il en être autrement puisque, même avec cette transmission intégrale, on roule la plupart du temps en 2 roues motrices avant (traction) et c'est encore une fois la légitimité d'un tel équipement qui peut être remise en cause et surtout le surcoût que cette transmission entraîne, tant au niveau du prix de vente, que du malus et du coût de revient fonctionnel. L'Alhambra offre une visibilité maximale grâce à une surface vitrée exceptionnelle et un champ de vision bien dégagé, mais attention, la clim' est obligatoire dès que les rayons du soleil viennent se rappeler à notre bon souvenir… Pour les autres champs de performances, l'Alhambra s'en tire avec les honneurs en offrant des prestations routières à l'allemande. On aurait pourtant aimé un peu d'exotisme dans la déco et de chaleur dans les aménagements… ce sera peine perdue…
CONCLUSION
En dotant son catalogue espagnol d'un gros monospace à la sauce intégrale, le Groupe VW se donne bonne conscience. Vendu grosso modo quelques 2000 euros de moins que son cousin Sharan, à prestations quasi égales, l'Alhambra devrait trouver preneur chez quelques professionnels du taxi ou de la montagne. De là à faire une grande carrière… Résolument placide par son esthétique peu enjôleur, immense par son gabarit surdimensionné, il accueille ses hôtes avec un minimum syndical et surtout, la contenance de son coffre diminue au fur et à mesure que ses passagers prennent place, au point de devenir ridicule, ce qui reste un comble, pour un véhicule à vocation familiale. Bref, pas de quoi casser 4 pattes à un canard, un phénomène de niche sans grand intérêt.
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