Salon de SHANGHAI 2011
L’Europe à l’assaut de la Chine
Curieusement, à mesure que les années passent, la menace chinoise semble s’éloigner. On se souvient de cette fameuse édition 2006 du Mondial de Paris où pour la première fois des constructeurs chinois exposaient en Europe. On n’entendait parler que de ça : ils allaient débarquer sur le Vieux Continent et cela devait faire très mal. Et pourtant, depuis, on a toujours rien vu venir, et ces firmes ne font plus le déplacement dans nos salons.
Citroën DS5
En revanche, si les chinois n’arrivent toujours pas à débarquer dans nos contrées, l’inverse est nettement différent ! Les européens se sont rués sur la Chine en comptant bien profiter de l’extraordinaire potentiel de ce marché. Ce pays est devenu leur nouvel eldorado. A tel point que les européens ont décidé de mettre les petits plats dans les grands lors du rendez-vous de Shanghai. Ils y sont venus les mains chargées de grosses surprises. Des autos qu’il y a peu, on aurait découvertes à Genève, mais la priorité est clairement donnée dorénavant à la Chine. Les joies du marketing.
Intérieur Volkswagen Beetle
D’ailleurs, manque de chance pour les constructeurs locaux, les européens ont tellement créé l’événement avec quelques premières mondiales qu’ils ont totalement éclipsé les nouveautés chinoises, du moins dans les médias internationaux. Peu de premières chinoises n’ont eu d’écho par chez nous, si ce n’est la MG 5. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, MG est né sur les ruines de l’ancien label Morris Garage, mis en faillite en même temps que Rover à qui il était lié. Mais maintenant, cela signifie Modern Gentleman ! Cette firme semble la mieux armée pour tenter une percée en Europe. Sa nouveauté est une compacte rivale des Focus, Mégane et 308. Le style est plutôt séduisant et montre que les chinois commencent à tourner la page de la copie. Enfin pas tous, car au milieu du déluge des présentations de ce salon, un européen a largement de quoi rire en découvrant nombres de contrefaçons plus ou moins réussies !
MG5
Mais les vraies stars ont donc été européennes. On peut même dire que l’incontournable du salon venait de chez nous ! Citroën avait en effet décidé de dévoiler pour la première fois sa DS5 à Shanghai. Voilà qui pourrait faire hurler les puristes : le nouveau porte-drapeau du haut de gamme français dévoilé à des milliers de kilomètres de la France ! Mais on l’a bien compris, Citroën mise gros sur la Chine. Il n’a donc pas fait les choses à moitié pour présenter là-bas pour la première fois sa gamme DS en bâtissant un immense show-room éphémère en plein Shanghai. La marque nourrie de grandes ambitions pour sa branche distinctive : elle participera à la réussite de l’objectif fixé par le patron, qui consiste à doubler la part de marché de la firme d’ici à la fin de la décennie.
Citroën DS5
Le cousin Peugeot n’est pas resté de marbre. Il est venu en Chine avec un concept-car de gros crossover, le SXC. Enfin venu n’est peut-être pas le bon mot. Car le SXC a été conçu et développé par le bureau de style Peugeot de Shanghai. Mais l’auto s’inscrit parfaitement dans la lignée de dernières productions de la firme, en offrant une énième interprétation du nouveau style de Peugeot à une autre catégorie. Le choix d’un gros SUV n’est pas anodin, car ceux-ci sont en plein boom en Chine. Il y a peu, on aurait qualifié cela de pur exercice, totalement gratuit. Mais le potentiel que représente la Chine donne des espoirs pour une possible industrialisation. Le SXC cache sous sa carrosserie la technologie Hybrid 4, avec moteur essence 1.6 THP entrainant les roues avant et un bloc électrique entrainant les roues arrière.
Peugeot SXC
S’il y en a un qui a d’ailleurs bien compris l’importance des SUV en Chine, c’est Audi. Il avait déjà dévoilé en avant-première mondiale à Pékin son Q5. Il est venu à Shanghai avec une autre surprise : le Q3. La marque allemande descend en gamme en matière de SUV premium, avec un modèle de 4,39 mètres de long, annoncé 10 000 € de moins qu’un Q5. On distinguera la Q3 rapidement à son regard plus perçant et à sa silhouette plus dynamique avec lunette inclinée. A bord, on retrouve une planche de bord au dessin aéré, qui prouve que la page des consoles centrale envahissante dessinées dans le prolongement de l’instrumentation est révolue chez Audi. Commercialisation française en septembre.
Audi Q3
Autre incontournable de ce salon, elle aussi venu d’Outre Rhin, la nouvelle génération de Volkswagen Beetle. La marque allemande s’est enfin penchée sur son modèle néo-rétro, dont la précédente mouture a connu un succès mitigé. Un comble quand on pense que c’est elle l’instigatrice de cette tendance de la réinterprétation de mythes, bien avant les Mini et Fiat 500 qui elles cartonnent. VW a donc décidé de faire évoluer la philosophie de l’auto, en lui donnant un côté plus masculin et sportif. La silhouette se dynamise donc, avec un toit aplati, un capot allongé ou un vitrage latéral affiné. Mais on reconnaitra toujours la Beetle au premier regard avec ses phares ronds. A bord, la présentation et la finition sont en net progrès. Il faut dire que l’ancienne Beetle, née en 1998, n’était pas un exemple à ce niveau ! La technique fait aussi un bond dans le temps avec une offre moteurs totalement revue basée sur des 4 cylindres à injection directe.
Volkswagen Beetle
Mais ce que les chinois aiment par-dessus tout, ce sont les grandes berlines statutaires, qui illustrent au mieux la réussite sociale. Le comble est même d’avoir un chauffeur à sa disposition. Volvo l’a bien compris. Ou plutôt c’est son nouveau propriétaire chinois Geely qui lui a fait comprendre. Le suédois réfléchit donc à une nouvelle limousine placée au-dessus de la S80. Il a dévoilé à Shanghai une première ébauche, avec l’Universe Concept. Celui-ci montre un dessin solide, qui marque un retour aux formes géométriques. On notera quelques inspirations au niveau de Rolls ou de Jaguar, notamment pour la poupe.
Volvo
BMW a aussi voulu se faire remarquer en Chine avec sa Série 5. Mais pas n’importe comment : il a dévoilé sous forme de concept la version Motorsport, qui se remarque de loin à son bouclier aux grandes prises d’air ! Si BMW n’a rien officialisé en termes techniques, il semble acquis que l’auto abandonne son V10 pour un V8 bi-turbo plus puissant. C’est donc bien l’Europe qui a décidé d’envahir la Chine en matière d’automobile ! De quoi profiter de boom exceptionnel de ventes avant que les chinois ne viennent piquer des parts de marché à nos constructeurs sur leur propre terrain.
BMW Concept M5
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