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5 Décembre 2011
berline

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...

...indigestion de pucerons


par Patrick RENZI

Liverpool - Cherchant désespérément un second souffle à sa New Beetle des années 2000 qui n'a jamais affolé les bons de commandes, Volkswagen relance les dés de la nostalgie en nous proposant la Coccinelle des temps modernes. A trop jouer la carte émotionnelle, à faire vibrer maladroitement une corde lifestyle très instable et à tenter de viriliser un concept dont ce n'est pas la vocation, Volkswagen prend le risque de passer une nouvelle fois à côté du mille.



Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...

QUELQUES GENERALITES

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...
Copier n'est pas jouer. Maladivement jaloux de la réussite de la Mini et de la DS3, Volkswagen en devient pathétique et sombre dans le ridicule en voulant refaire vivre éternellement l'originale sans grand succès. Aujourd'hui est un autre jour. Un revers que le constructeur allemand habitué aux lauriers ne supporte pas. Mais ce n'est pas en ressortant des puisards la tendre appellation "coccinelle" que les bobos vont se jeter sur cette nouvelle génération de Beetle qui a une nette tendance à l'embonpoint.

LE TOUR DU PROPRIO

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...
Plus longue de 15 cm tout de même et plus large de 8, pas facile d'ignorer que la Coccinelle du 3ème millénaire a pris de l'ampleur et occupe désormais un gabarit qui l'éloigne un peu plus de son modèle. Il a bien fallu que Volkswagen trouve un remède aux nombreuses incohérences de la Beetle One dont l'habitabilité pour le moins mesurée et le coffre rikiki, alors quelques centimètres en plus ne font pas de mal. Certes, mais comme citadine, il faudra désormais repasser et ne plus être obnubilé par le fantasme Mini/DS3. Tout a changé ou presque et les designers se sont amusés à conserver l'esprit et la forme sans pour autant sombrer dans l'archaïsme primaire. Plus cossue, plus racée, moins jouet que la précédente génération, cette Coccinelle fait plus sérieux... La rigueur germanique est repassée par là et ce ne sont pas les quelques teintes un peu vives des carrosseries ni l'esquisse de décorations pour le moins saugrenues proposées en option qui trompera son monde. La voiture du peuple s'est embourgeoisée et cela ne surprendra personne. On ne mélange pas les genres. Sauf pour les jantes Twister de 18". VW y voit une inspiration Fuchs... alors que j'aurais volontiers misé sur des "boutons de culotte" de chez BBurago.

ESPACE INTERIEUR

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...
Oh! Pardon! Sorry! Ouverture grande portière encombrante, seuil de porte alu sans saveur (faut raquer en option pour cela, comme toujours chez VW) et entrée dans un univers pimpant, mais clinquant! De la couleur certes, mais de la quincaille aussi. Plastique duraille lowcost sur la partie haute de la planche de bord, insert plastique promo sur la façade (façon carbone déclassé sur notre voiture), les portières (itou), tout cela ne nous parait pas sérieux pour une voiture de ce prix. Côté sellerie, ce n'est pas mieux...ok pour le maintien des sièges avant, beaucoup moins bien à l'arrière, mais le revêtement tissu rayé ne fait même pas d'époque. On se demande quel génie a pu avoir autant mauvais goût. Alors bien sûr, les porteurs d'eau de chez VW (les patrons ne prennent même plus la peine de se déplacer comme c'est le cas chez les autres constructeurs, n'est pas futur numéro 1 qui veut!?) nous bassinent avec des clins d'oeil au passé (esprit du tableau de bord, lanière de maintien, bloc compteurs ou soliflore!), les vrais nostalgiques du modèle original n'y verront qu'une fanfaronnade sans nom. Enfin, si le volume du coffre a enfin été revu à la hausse, la modularité de la banquette arrière n'est toujours pas une réussite.

ASPECT TECHNIQUE

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...
C'est à coup sûr dans ce domaine que Volkswagen pourra avancer de sérieux arguments. Il est vrai que le constructeur allemand possède une certaine maîtrise du sujet et la banque d'organes du groupe est suffisamment vaste pour répondre à toutes les demandes. Bloc 2 litres TSI de 200 ch et 280 Nm pour notre monture sans aucun intérêt sur une Coccinelle, (il existe aussi 2 autres moteurs essence 105 et 160 ch) et 2 diesel (105 et 140 ch), excellente boite DSG 6 très efficace avec les palettes qui vont bien, nouvel essieu arrière à 4 bras très stable et bien guidé, direction assistée électromécanique douce et très précise, blocage de différentiel électronique XDS qui facilite le passage des virages rapides, bref, vous l'aurez compris, dans le chapitre, inutile de chercher l'erreur, la Cox a tout ce qu'il faut là où il faut.

SUR LA ROUTE

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...
Du coup, on retrouve le pack conduite inhérent aux Volkswagen. Maniable en ville malgré ici une visibilité arrière complètement dégradée, les accélérations sont fulgurantes pour peu que les tours grimpent un peu, les reprises convaincantes grâce aux lois de programmation de la DSG et le rayon de braquage demeure conforme à nos attentes. La tenue de cap est bluffante, le châssis révèle ici tout le potentiel de sa conception, le freinage particulièrement sollicité dans ces routes tortueuses ne faillit jamais à sa tâche, même en situation intense. Reste que les jantes de 18" (on a échappé de justesse aux très chères Tornado de 19) affublées de leur Hankook ne sont pas le couple idéal pour favoriser un confort de suspension évolué. Bref, une fois de plus, notre Cox nous laisse sur la faim, partagés entre une présence technologique optimale et un concept décalé.

CONCLUSION

Volkswagen Coccinelle 2.0 TSI Sport...
Chère, trop chère pour nous faire croire que la voiture du peuple reste à la portée de toutes les bourses. Certes, un prix d'attaque de 16990 € existe et prend des vessies pour des lanternes, car à ce tarif, vous avez le strict minimum (jantes tôle, pas de clim', même manuelle, ...). En fait, il faudra grimper en gamme pour satisfaire la plupart des clients, taper copieusement dans la longue liste des options et des packs cumulatifs et la calculette de s'affoler au point de ne plus maîtriser quoi que ce soit. Par billets de 500, on arrive vite au delà des 22 ou 25000 euros, et presque 32000 € pour notre 2.0 TSI. Convenez qu'à ce niveau de tarification, on titille l'inconvenance et le ridicule. D'accord, à ce prix, "let it be" est magnifié par un Sound System Fender de 400W... Paul, John, George, Ringo,... c'est vous là-bas dans le noir ?

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