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édito
4 Novembre 2011

Vent de panique ?


par Alain INIAL

L'Autan, le Mistral ou le Marin ont soufflé ces derniers temps et si j'ai honoré ces phénomènes naturels d'une majuscule, c'est, que de tout temps, l'homme a calqué sa vie et ses besoins en fonction des caprices de la nature. Mais "point trop n'en faut" disait mon copain d'école. Aujourd'hui, les tornades, les cyclones et les tempêtes sont boursières et nos portefeuilles, moroses. C'est le calme plat dans le porte-monnaie, un calme plat qui ne présage peut-être rien de bon.



Vent de panique ?

Vent de panique ?
Un sujet qui nous est cher, l'automobile, vous savez ! Cet outil qui nous sert quotidiennement à nous déplacer, fait partie du cercle des secteurs les plus exposés. Un cercle pas très fermé, il faut bien l'avouer car, désormais, la belle époque des voitures "parues-vendues" est bien révolue. La grande époque des voitures construite sur une chaîne et dont le client a déjà réglé la facture est bel et bien terminé. Les constructeurs sont contraints désormais de s'adjoindre un second cerveau, une capacité supplémentaire. Jusqu'ici, ils concevaient des voitures et essayaient, tant bien que mal de les vendre, à grand renfort de gadgets et d'innovations. Ils ont compris aujourd'hui qu'il faut vendre à des clients qui ne peuvent plus payer, des voitures pas trop chères tout en s'autorisant une marque qui va leur permettre de continuer à exister. Du constructeur au vendeur,dernier maillon de la chaîne avant la mise en circulation d'un véhicule, toute l'échelle industrielle réfléchit à sa mutation et, oserai-je le dire, à sa survie. L'industriel va revoir sa copie quant au produit proposé et si 6 airbags suffisent plutôt que 8, personne ne s'en plaindra. Si le détecteur de pluie ou le régulateur de vitesse sont absents, ca ne sera pas si important. Le concessionnaire, lui, devra revoir sa marge à la baisse et ses services à la hausse et nul ne s'en plaindra. C'est d'ailleurs sur ces derniers critères que l'éventuel acheteur fera son choix. Enfin, le vendeur, lui, devra être plus respectueux du client et arrêter de le regarder comme une vache à lait qui est venue s'asseoir en face de lui pour lui proposer un gros chèque.

Vent de panique ?
Et alors, comme à l'habitude, on constate un grand écart dans le paysage automobile. Les constructeurs vont réduire leurs gammes moyennes, elle sont si précieuse pour la survie de l'espèce qu'il faut leur réserver un traitement de faveur (c'est le Rack-e d'Opel ou la Nils de VW), d'autres comme Volvo se rangent aux 4 cylindres, 3 simplement pour Ford qui propose un 3 cylindres (1 litre de 120 cv) pour la Focus.

Vent de panique ?
Et, paradoxalement, le marché du luxe s'envole !. Les riches n'ont jamais été aussi riches ( ou est-ce le chant du cygne pour cette clientèle hors du temps?). Une année record pour Ferrari, une nouvelle Porsche, des Lamborghini ou des Maserati de rêve qui semblent ignorer totalement la crise. Le rêve est permis ... mais on ne touche pas ! Juste avec les yeux ...
Et pendant ce temps, une voiture continue de dérouler son bonhomme de chemin. Les années passent et la Golf reste en tête de sa catégorie en rejetant les gadgets, les fioritures et les guirlandes qui la rapprochent des fêtes de fin d'année, les noëls passent et la Golf brille toujours au sommet du sapin, un peu comme un chemin à suivre pour les autres constructeurs. Et pourtant l'ambiance intérieure de la Golf n'a jamais été réjouissante, l'austérité allemande a toujours été de mise, et malgré cela, les "abonnés" en redemandent ; preuve que la recette doit être bonne. L'ambiance intérieure, les "golfistes" n'en parlent pas, ils semblent en être heureux. La consommation semble raisonnable avec le nouveau bloc 1.6 TDI et la tenue de route n'a pas devié depuis les débuts de cette routière familiale en ... 1976 (depuis, 25 millions d'exemplaires sont partis en balade sur les routes du monde entier).

Vent de panique ?
Un plus, les passagers ont de quoi allonger les jambes et peuvent voyager loin sans avoir à sa faire masser le dos à l'arrivée. La ville comme la campagne ne lui font pas peur et c'est bien ça l'important. Allons-y les yeux fermés, elle ne demande qu'à nous séduire ...

Vent de panique ?
Et pour conclure, cette nouvelle approche du monde de l'automobile, les constructeurs devraient s'inspirer de réussites comme celle-là et ne plus jouer à l'apprenti sorcier en demandant constamment au client de régler les conséquences de leurs erreurs. Une fuite en avant que la crise que traverse actuellement l'Europe ne peut plus se permettre.


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