Suzuki Splash 1.2 VTT GLS Auto...
… petite sirène !
A l'image de certains autres constructeurs asiatiques, Suzuki européanise sa gamme afin d'offrir à ses clients occidentaux, des modèles plus conformes aux standards du Vieux Continent. Si désormais la Swift dans ses multiples variantes peut venir titiller certaines vedettes de son segment, la Splash constitue, sous une allure relativement anodine, une sympathique alternative urbaine.
QUELQUES GENERALITES
Pendant longtemps, c'est le célèbre Wagon R qui a œuvré dans ce sens pour occuper le terrain des cités. Fan des feux rouges et autres réduits des villes, son aspect utilitaire le limitait dans certains élans de sympathie. Avec la Splash, Suzuki se positionne dans une offre de mini-voiture multifonctions comme ils disent en proposant depuis quelques mois maintenant, un mixte alliant le gabarit mesuré, la polyvalence utilitaire, l'agilité pour affronter les affres des quartiers, l'économie et un zeste de confort pour s'offrir de temps en temps, quelques échappées campagnardes, voire autoroutières. Un concept multitâche donc, loin des extravagances esthétiques passées et des incohérences redondantes des productions d'antan.
LE TOUR DU PROPRIO
A prime abord, la Splash se présente sous l'allure d'un concentré automobile tout en hauteur, dont le coup de crayon général aurait été guidé par un élan d'aérodynamisme et de crise identitaire avérée. Les designers japonais ont voulu loger 5 portes dans moins de 3,80 m tout en ménageant une habitabilité satisfaisante et un volume de charge honorable. Pour ne pas retrouver les travers du Wagon R, les lignes se sont avantageusement galbées, les angles se sont émoussés et les détails esthétiques se sont quelque peu affinés. Les 4 roues aux 4 coins de la voiture, un hayon vertical dont la prouesse est de s'intégrer dans une forme anti-cubique et une proue qui revendique son identité visuelle chère à la marque tout en abritant la motorisation qui va bien. Entre ces extrêmes, une cellule de vie qui semble privilégier la qualité de l'accueil méridional à l'austérité des terres arides. Et puis, ça et là, quelques pointes de jovialité et de modernité comme les superbes feux arrière boomerang ou la face avant globalement taquine.
ESPACE INTERIEUR
C'est un des paris réussis de cette Splash dont on aurait pu craindre que l'espace intérieur fût amputé d'un certain réalisme. Sans atteindre pour autant des sommets, 4 adultes, 5 en serrant un peu, peuvent trouver une place dans cette Splash qui voit alors sa contenance de coffre limitée à une expression réduite aux acquêts. On ne peut pas tout avoir. Un regret, la qualité des plastiques qui viennent tout droit de chez Gifi. Les sièges maintiennent bien leurs passagers et même si la largeur aux coudes est dépendante du gabarit citadin, on ne se gêne pas aux entournures. Mieux! On se sent bien au volant de la Splash qui fait tout ce qu'elle peut pour honorer ses hôtes. L'aménagement de l'habitacle est très éloigné de la rigueur teutonne excepté au niveau des harmonies de couleurs et on retrouve un univers BD avec le compte tours déporté planté au hasard, un compteur central qui essaie de regrouper l'essentiel des indications usuelles, quelques vide-poches, des manettes, mais rien de bien enthousiasmant. Une sorte de minimum syndical qui symbolise l'esprit minimaliste de la grille tarifaire. Une mention pourtant pour l'équipement avec les airbags qui vont bien, mais aussi la clim', les jantes alu, direction assistée, lève vitres électriques (AV), volant réglable, verrouillage à distance…
ASPECT TECHNIQUE
Sous notre petit capot trône un 4 cylindres de 1.2 litre essence de 86 ch. Avec un couple de 114 Nm, ce groupe motopropulseur offre des performances fort honorables et des ressources utiles dans certaines circonstances. Construction alu, injection multipoint, double ACT, ce moteur était ici secondé par une transmission automatique à 4 rapports, une option fort utile dans les dédales des villes. La plate-forme retenue pour la Splash a des airs de Swift avec des spécificités pour juguler les mouvements intempestifs que pourraient entrainer la caisse haute. Une rigidité qui ne doit pas pour autant nuire au confort. Mission réussie. Soucieux une fois de plus de coller aux exigences des routes européennes, Suzuki a su adapter la direction, les freins et les autres composantes mécaniques pour permettre à la Splash d'affronter les différents profils routiers.
SUR LA ROUTE
Et tous ces efforts et ces soins apportés à la conception de la Splash contribuent à fournir à notre Suzuki des prestations routières d'un excellent niveau. Agréablement surpris par tant de déférence à notre égard, nous nous surprenons à emmener notre Splash avec un plaisir insoupçonné. Plus qu'une petite citadine qui se voudrait cantonnée dans le royaume des parcmètres et des parkings souterrains, plus qu'une bizarrerie utilitaire dont la vocation ne serait que transporter quelque passager d'un point à un autre, la Splash se veut polyvalente et adopte volontiers le profil de son propriétaire. Autoroutière à la demande, sa tenue de cap rigoureuse lui permet d'enfiler les lacets de montagne. Sa direction est douce et précise malgré un volant dont le diamètre aurait gagné à se faire plus discret, ses freins sont endurants en usage normal et son confort de suspension ne pose aucun problème particulier. Bénéficiant d'une banquette arrière fractionnable et rabattable, elle saura embarquer quelques objets plus conséquents, mais l'armoire normande devra rester chez belle maman. En ville, elle excelle grâce à un rayon de braquage minimal et la Splash est très maniable avec ce brin d'agilité et de dynamisme que lui apportent les 86 ch et le couple de son moteur.
CONCLUSION
Maniable, pratique, performante et confortable, la Suzuki Splash offre à son conducteur et à ses passagers un plaisir de voyager que ses propriétaires ne bouderont pas. Son gabarit extérieur mesuré lui permet quelques facéties urbaines, mais ses aptitudes routières lui autorisent de s'extraire des feux rouges et des passages piéton sans tomber dans le ridicule. Polyvalente, la Splash est un bon compromis qui a su s'adapter aux doléances multiples et complexes des clientèles européennes. On regrettera un coffre trop petit, une finition au centimètre et des plastiques bon marché qui dénaturent quelque peu le produit. Dommage, car le produit mérite incontestablement le détour car, plus que les artifices visuels, ce sont les aptitudes routières qui font ici la différence. Mais 3 ans de garantie, c'est un peu chiche face aux 5 ans de Hyundaï et aux 7 ans de Kia…
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