Saab est mort...
... honte à GM !
En regardant, pour la énième fois je vous le concède, un classique du cinéma français où il est question notamment d'un père Noël qui reçoit à un moment un fer à repasser en plein visage, j'ai noté cette phrase que, très personnellement certes, je trouve bête et que l'on entend pourtant souvent : " Au moins, il aura eu une belle mort ". Associer un adjectif positif à la fin de vie m'est peu concevable, la faute peut-être à mon jeune âge encore. Alors, oui, il y a des morts moins inconcevables que d'autres, qui se déroulent de façon moins insoutenables. Si cette phrase a tant résonné dans mon esprit, c'est sûrement parce que quelques jours à peine auparavant, on apprenait la fin définitive de l'aventure Saab, après de longs mois d'agonie. Le suédois n'a pas eu une belle mort. Au contraire, il a connu la pire de toutes : l'arrêt alors que l'espoir était revenu depuis quelque temps après un premier rachat par Spyker et l'opportunité d'un autre rachat par un chinois prêt à investir.
Une fois encore, le nœud du problème est l'argent. On le sait tous bien, il ne fait pas le bonheur, mais sans lui on ne fait pas grand-chose. La firme nordique n'avait tout bonnement plus un rond en caisse depuis belle lurette, les employés n'étaient même plus payés depuis le début 2011, les fournisseurs non plus. La fabrication s'est donc stoppée, faute de moyens. Le pari était trop fort. Un tout petit fabricant de voitures de sport, qui produisait des autos au compte-goutte, n'a pu sauver une marque déjà trop affaiblie par la négligence de GM. Tout au long de ce feuilleton, le géant américain a eu un comportement honteux. Comme un enfant trop gâté, il s'est offert le suédois dans les années 90 pour le rajouter à sa collection. Mais il n'a jamais investi dedans, il l'a totalement laissé à l'abandon au cours des années 2000, sans jamais se préoccuper de son sort. Il était bien trop occupé à régler la situation catastrophique dans laquelle il s'était mis quand a éclaté la crise à cause de son portefeuille de marques aux modèles dépassés, concentrées sur les pick-up pendant que les japonais raflaient la mise aux USA avec des berlines.
Comme un enfant gâté, il n'a donc pas hésité à sacrifier une marque qui ne lui tenait plus à cœur et n'a pas hésité le moins du monde à la mettre à mort en 2009. Sans chercher à trouver d'abord un repreneur. Mais où GM devrait avoir le plus honte en repensant à cela, c'est qu'il avait décidé de tout arrêter à un moment où Saab voyait enfin le bout du tunnel en venant de commercialiser la nouvelle 9-5. Le 9-4X était aussi prêt à être lancé. Toute une marque, avec ses employés, pensait aller vers un futur plein de promesses, mais GM en décida autrement alors que tout le monde avait retrouvé espoir. La mort est encore plus inacceptable quand on voit que les choses évoluaient bien.
Heureusement, grâce à la détermination d'un petit constructeur, on a pu sauver la marque. Et grâce à la mobilisation de ses fans. Car plus qu'aucune marque au monde, Saab est une firme qui mobilise une communauté de fidèles. Quand on achète une Saab, c'est quasiment un acte d'amour !
A la base, je ne suis pas du genre à être attaché à une marque. Je ne suis pas de ceux qui ont à chaque fois un " préféré " (ma couleur préférée, mon dessert préféré…). Parce que je ne suis pas un imbécile, je change d'avis en fonction des saisons sans pour autant suivre comme un mouton la mode. La preuve, un jeune qui veut une Saab, vous n'en trouverez pas beaucoup. Je me souviens d'un temps pas si lointain où au collège ou au lycée mes camarades ne s'emballaient que parce qu'il était écrit Quattro sur une calandre (sans savoir d'ailleurs à quoi cela correspondait) ou ne regardaient que des Ferrari. Imaginez alors celui qui, au milieu, se retourne au passage d'une 9-3X… Il faut reconnaître qu'à mon avis, cette marque a une âme. On reconnaît une Saab entre toutes, avec un dessin empreint de pureté. D'ailleurs, une Saab pour moi est forcément blanche !
Mais voilà, une nouvelle fois, Saab est face à la mort faute de dollars. Et une fois de plus GM s'illustre. Il bloque la vente, même si là les raisons sont moins contestables malheureusement, je le concède. Les Saab actuelles sont basées sur des GM et vendues sous licence. L'américain a bien raison de choisir qui peut avoir accès à ses technologies. Mais l'espoir reste car Saab a un petit atout. Il a dans ses cartons de quoi repartir du bon pied avec sa propre plate-forme. Ce qui l'émancipe de GM et lui permet de présenter une nouvelle 9-3. Il faut pour relancer la machine de l'argent et trois acquéreurs se sont déjà montrés intéressés. Il y a donc de l'espoir pour que j'achète un jour ma propre Saab neuve. Et vous savez déjà de quelle couleur elle sera. En tout cas, jamais je n'achèterai une auto venant de GM. Ou pas. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je vous l'ai dit !
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