SKODA Yeti 2.0 TDI 110 ch 4x2 Ambition…
… bien plus qu'une illusion !
A sa sortie l'année dernière, le Yeti nous avait franchement bluffé par des capacités de franchissement dignes du plus grand intérêt. Un 4x4 chez Skoda…la bête était attendue au bout du gué par quelques concurrents espiègles. Le Yeti se sortait sans complexe des pièges les plus délicats et grosso modo, on pouvait décerner une mention bien pour ce premier de lignée du constructeur tchèque.
Aujourd'hui, le Yeti profite de l'opération médiatique " TDI 2010 " de la gamme Fabia et Roomster pour se refaire son coup de pub et nous l'avons testé dans une variante 2 roues motrices plus en adéquation avec le commun des mortels que nous sommes. Car, le tout terrain, pour efficace et sécurisant qu'il est, ne s'impose pas sur des utilisations ordinaires faites d'allers retours personnels, de sorties loisirs ou d'escapades familiales. Un peu comme le Canada Dry, le client recherche avant tout l'apparence, l'illusion, l'utile, en résumé, le contenant avant le contenu… ainsi va la vie !
Et de ce côté-là, le Yeti n'a rien perdu de ses compétences routières. Mais avant tout, ce qui compte, c'est l'esthétique… et là, malgré les goûts et les couleurs, vous savez, les trucs qui fâchent, le Yeti joue la carte de la bonhomie tranquille. Pas de révolution chamboule tout, pas de conservatisme reniflant l'antimite, l'allure du Skoda est avant tout sympathique, virile, un brin matcho, du genre à ne pas se laisser berner par le premier venu. Carrée, enfin je veux dire, un poil massif, la ligne convient bien à ce genre de véhicule haut sur pattes, pour le bonheur des dames et de quelques messieurs soucieux de dominer le monde… La face avant empruntée au Roomster est réhaussée de 2 généreux antibrouillards du plus bel effet, qui plus est très bien intégrés dans un majestueux spoiler. De ci, de là, les traditionnels appendices et autres artifices qui transforment en un clin d'œil la plus lourdingue des guimbardes en crapahuteuse avide de chemins plus poussiéreux que franchement hostiles… Skoda suit la mode et c'est un bon point pour le marketing, toujours attentif aux phénomènes de mode. Au fond, notre Yeti, bien campé sur ses roues de 16 pouces (cela suffit largement tant au niveau de confort routier, remarquable pour notre Yeti, que pour le porte monnaie toujours irritable au moment de changer les pneus !), nous apparait sous les meilleurs auspices, comme on aime.
Dedans, on aurait pu craindre le pire de la part d'un constructeur dont les espaces intérieurs et les planches de bord ne transpirent pas forcément l'éclat de rire. Là, aussi, Skoda prend les choses en main en osant des mariages de couleurs, des volants aux allures moins corbillard, des cadrans plus harmonieux, des habillages plus agréables, et ce, tout en conservant la qualité de fabrication et surtout la rigueur d'assemblage qui font les beaux jours du Groupe VW. Car, et ce n'est pas un crime que de le proférer, les Skoda actuelles sont tellement proches des standards allemands de la maison mère qu'on se demande pourquoi aller chercher en Germanie ce que Skoda fabrique en moins cher ? Une question à laquelle il sera encore plus facile de répondre quand le constructeur tchèque aura vaincu son déficit d'image chronique inhérent de sa période communiste où la splendeur et le savoir faire des premières Superb (avant la Seconde Guerre Mondiale) avaient laissé place à l'austérité, la rusticité, le déclin de l'ère soviétique. Il faudra du temps pour que les mémoires collectives oublient et comprennent que derrière une Skoda des temps modernes, il y a souvent une voiture digne des meilleures productions européennes, certes avec des qualités et des défauts, comme ses concurrentes, mais jamais de tare indélébile.
Le souvenir du tout terrain me revient à l'esprit, la campagne de Nuit St Georges profile quelques terrains sympathiques !, oubliant mes 2 roues motrices, me voilà en train de grimper à travers les ceps de vigne. Ca monte, ça arpente, les cailloux du départ laissent place à des caillasses inamicales, le bitume est déjà loin et l'eau a raviné sans compter les rigoles qui se profilent de plus en plus hostiles. Et pourtant, le Yeti ne moufte pas et les 110 ch du 2 litres TDI emmène l'équipée. Les vignes sont en bas, tout ce qui nous entoure respire la pierre et la poussière, plus d'herbe, plus d'arbustes, rien ! Tout cela avec 2 roues motrices et il va falloir redescendre. Le freinage du Yeti est endurant, la direction est précise, le confort de suspension réel et les sièges contribuent au restant de bien-être que vous imaginez !! Les ContiPremiumContact qui chaussent les jantes alu de 16 pouces remplissent bien leur office.
Tout le monde est à l'abordage, franchement ce Yeti 2 roues motrices est bluffant. Même si certains pensent que ce n'est pas le propos que d'emmener ce genre de bestiole loin des chemins battus, il n'empêche que la vocation première d'un Crossover devrait être de délaisser les rubans bitumineux pour des sentiers perdus. Alors, 2 roues motrices, ok, mais l'esprit d'aventure du Yeti est bien présent, et franchement, ça, j'ai aimé. Revenu à la civilisation viticole de ce haut lieu sacré de la Bourgogne, le Yeti se posera juste quelques instants pour la photo souvenir avant de reprendre les voies nationales avec une aisance réelle et toujours cette facilité de conduite qui est celle du Yeti. Et puis cette habitabilité et ce volume de chargement sont des arguments qui pourront faire la différence dans les périodes de doute. Quelques meilleurs plastiques pour l'espace intérieur, quelques bouts de tissu pour cacher la mousse des sièges, encore un petit zeste de folie pour égayer un peu plus l'ensemble, et le tour est joué…
CONCLUSION Maintenant que Skoda a atteint l'âge de raison au sein du Groupe et que VW ne refile plus ses vieilles reliques au constructeur tchèque, ce dernier se sent pousser des ailes en nous gratifiant, maillon après maillon, d'une chaîne de modèles surprenants d'intérêt. Le Yeti n'est pas étranger au succès que rencontre Skoda sur nos marchés occidentaux. Petit à petit, le tchèque fait son nid et rattrape le déficit d'image qui le pénalise désormais à tort. Le Yeti nous a littéralement bluffés dans sa variante 2 roues motrices et force est de constater qu'il faut ramer pour aller dénicher le défaut. Belle gueule sympa, mécanique pleine de vie, dispositions routières optimales, confort de roulement généreux, vaste habitabilité, capacité de chargement maximale, notre Skoda nous a emmené en prime dans des endroits un rien retirés en toute quiétude. Bien né, on regrettera pourtant de ci, de là, quelques plastiques bas de gamme indécents, des options mesquines comme les tapis de sol ou l'ESP et un tarif qui aurait tendance à flirter avec la surcharge pondérale…
Notez
au hasard des essais déjà parus...
maxi drive
|
berline
|
break
|
monospace
|
coupé-cabriolet
|
4x4-suv
|
gt
|
super sport
|
deux roues
|
utilitaire
|
électrique
|
concept car
|
|