Renault Grand Scenic Energy dCi 130 Exception...
… occuper l'Espace !
Depuis 1984, Renault règne en maître dans le créneau des monospaces longtemps boudés par une concurrence qui s'en est longtemps mordue les doigts avant de revenir à la vitesse grand V sur le devant de la scène en dégainant quelques savoureux modèles dont la vocation première est de faire vaciller le losange. Mais depuis 1984, Renault réplique à chaque semonce en déclinant quelques variantes pour lesquelles les places de leader sont chèrement acquises, d'autant que le segment est moins prisé par les aficionados du concept.
QUELQUES GENERALITES
Aujourd'hui, le gabarit du Grand Scenic a dépassé celui du premier Espace. Extérieurement imposant, son dernier coup de Mr Propre lui a donné une allure plus noble, plus aéro, plus moderne. A quelques artifices esthétiques près, il affiche une bonhomie naturelle et une maturité rassurante. Malgré les attaques en règle dont il est l'objet de la part de petits jeunes aux dents acérées, le Scenic fait front et se maintient toujours sur la plus haute marche du podium. Mais, tel un vieux lion à la crinière sénescente, il peine. Pour lui redonner un coup de Mars, Renault installe sous son capot un nouveau moteur 1.6 diesel...
LE TOUR DU PROPRIO
La ligne du Grand Scenic est désormais sans surprise majeure. Fluide et aérodynamique, il est entré dans un âge qui rassure. Bien conçu, ce sont les liftings successifs qui ont permis de gommer les rides et son embonpoint est enveloppé dans un design habile et de bon goût. Son museau a perdu son arrogance d'antan, sa ligne de toit fuyante lui donne fière allure et sa poupe aurait gagné à troquer ces blocs optiques quincailles contre des feux expressifs comme on les connait aujourd'hui. Ceci étant, hormis quelques failles de petite importance, globalement, le Grand Scenic n'a rien d'utilitaire et c'est tant mieux.
ESPACE INTERIEUR
Dès que l'on pénètre dans l'habitacle, on entre dans un univers fait de modernité, de clarté et de bon goût. Ne cherchez pas la débauche de luxe ou le raffinement extrême des belles et riches anglaises, ici, vous êtes dans un univers futuriste avec cette planche de bord très sobre, épurée, dominée par des informations digitales, lisibles et colorées. Les adeptes des multiples compteurs aux aiguilles en sont pour leurs frais, mais les clients modernes seront séduits. Aucune instrumentation dédiée au conducteur, un peu frustré. Côté volant, c'est aussi le copier coller traditionnel, il faut bien rentabiliser les banques d'organes. Surprise, la position de conduite est satisfaisante, contrairement aux anciennes générations où l'on se retrouvait plus au volant d'un Trafic que d'une Laguna. La modularité a longtemps été un exemple.
ASPECT TECHNIQUE
C'est naturellement ici que nous allons évoquer ce 4 cylindres 1.6 litre Energy dCi 130 flanqué désormais dans les antres du Scenic. Consommation en chute libre, taux de CO² en baisse, tout en conservant un confort de conduite à tous les étages, voilà résumé en quelques mots, le cahier de charges des motoristes. Pour ce faire, on est revenu à une chaîne de distribution (fini les courroies qui lâchent et les puzzles à l'intérieur des moteurs), on diminue la cylindrée en réduisant la course des cylindres (une sorte de moteur carré cher à la F1), on multiplie les soupapes (16 au lieu de 8), on installe un Stop and Start, une EGR basse pression, une pompe à huile à cylindrée variable, on adopte le thermomanagement pour faire monter le moteur en température plus rapidement, le swirl variable pour optimiser le mélange air-carburant et on récupère l'énergie cinétique en décélération/freinage. Tout cela permet un gain de conso d'un litre aux 100 et une trentaine de grammes de CO² en moins dans l'air. Avec 130 ch, dans cette cylindrée de 1.6, ce moteur est le plus puissant et le plus sobre du marché pour un coût d'usage réduit (FAP sans entretien). Au total, 160 ingénieurs auront bossé sur ce nouveau bloc fabriqué à Cléon... France! Yes!
SUR LA ROUTE
On pouvait s'attendre à un mieux flagrant, on aura, au niveau de la conduite pure, un léger plus. Il est vrai que l'ancien 1.9 de 130 ch apportait déjà un confort de conduite réel doublé de performances plus que satisfaisantes et d'une plage d'utilisation très étendue. On retrouve donc ici un Grand Scenic qui conserve ses fantastiques aptitudes routières. Châssis très sain offrant une tenue de cap sécurisante, direction asservie, douce et toujours hyper précise, un freinage endurant qui n'est jamais pris en défaut et enfin une boîte manuelle 6 rapports bien étagés qui secondent idéalement l'énergie que lui prodigue le moteur. En vérité, ce moteur est appréciable pour son silence de fonctionnement amélioré et indépendamment de la conduite, pour son coût qu'il engendre au quotidien. 15000 km sur une année, voyons voir, grosso modo, 1 litre aux 100 en moins, ça nous fait tout de même autour de 200 euros de gagnés. Et je ne parle pas du FAP, du reste et accessoirement des bienfaits en terme d'écologie. Mais ce qui restera le point fort de notre Scenic sera sans conteste son confort de suspension et son volume de charge. Mais attention, à 7, faudra gérer la bagagerie...
CONCLUSION
Sans créer la révolution, Renault relance son Scenic en gratifiant les clients potentiels d'une offre moteur novatrice. Une technologie très en pointe (merci la F1!), privilégiant la consommation et la planète tout en maintenant le confort d'utilisation et en réduisant le coût d'usage, ce moteur n'est que le premier d'une lignée. Cocorico, comme certains de ses illustres ancêtres, ce 4 cylindres Energy dCi sera fabriqué à Cléon, en Haute-Normandie. Il annonce 20% de CO² en moins, une conso en baisse (4.4 litres en cycle mixte) avec, à l'arrivée, un monospace toujours en pointe.
Notez
au hasard des essais déjà parus...
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