Racket à Marseille...
...la police contrôle...
Marseille a son histoire, Marseille a sa légende, mais le seul nom de la grande cité phocéenne évoque d'abord le soleil et les gangsters. Images classiques, éculées.... méritées ? La réponse est sous nos yeux.
Ce matin, un bijoutier a été pris en otage et tué... Le Lidl du 14ème a été attaqué... Braquage au supermarché Casino de la Rose... et du magasin ED à Sainte Marguerite... Home jacking sur le Vieux Port... Et même, contrôle radar avenue Fleming !! La police est débordée. Oui, c'est vrai, la police, malgré toute sa bonne volonté, ne peut pas être au four et au moulin, et le préfet de police dispose au mieux son maigre effectif sur le terrain. Il est intelligent, il a fait de longues études dans de grandes écoles, donc il sait ce qu'il fait pour le bien de la population. Et là, franchement, il faut lui rendre hommage, parce qu'en plus il y a ces dizaines de milliers de délinquants au volant de leur voitures qui dévalent à 56 km/h sur le périphérique et même plus (photo 1). Il faut donc établir un choix. Parer au plus pressé donc tailler dans la masse. Logique.
Et puis à y réfléchir vraiment, c'est plus raisonnable. Essayer de piéger les petits malfrats, de mieux en mieux armés, qui se cachent sous des cagoules, c'est compliqué, dangereux au risque de perdre le peu de personnel, et pas du tout rentable. En revanche, verbaliser les fous du volant, c'est la panacée, la promotion assurée. Une prime au passage? certes non, il n'est pas question d'entamer une polémique sur le sujet mais de rester objectif. Une chose est sûre, la moitié des Marseillais deviennent des tueurs en puissance derrière leur volant. C'est un constat. La preuve en est régulièrement faite. Pas dans la zone à 30 km/h du boulevard Guigou, elle est respectée, pas devant l'école des Chartreux, c'est trop embouteillé à cause des voitures garées en triple file. Pas non plus sur la Canebière, où il y a le record de piétons renversés, c'est trop la panique avec en plus un tramway qui circule sur les trottoirs. Le choix est judicieux, il faut placer une voiture banalisée, bien planquée (photo 2), dans un endroit où les chauffards se croient à l'abri de tout accident et oublient momentanément de surveiller leurs compteurs.
L'astuce, c'est donc l'affût dans une zone non « accidentogène », ou le moins possible, comme sur le très large Chemin de la Madrague, le long du port de commerce, pratiquement pas de trottoirs parce que pas de piétons, juste de quoi garer une voiture banalisée, en bas d'une légère descente avant un feu rouge (voir photo 3). « C'est super, parce que les automobilistes accélèrent toujours quand c'est vert pour éviter le rouge, et à chaque fois on gagne ». Véridiques propos d'un policier en pleine action. En plein effort pour lui rendre justice. Mais le nec plus ultra, c'est le boulevard Fleming, sur une portion de périphérique à trois voies partagée par un muret et sans piétons car sans accès à aucune habitation. Une grande courbe en légère déclivité ascendante, un poste de guet en retrait d'un mur, et c'est le jackpot parce que les voitures se comptent en milliers à l'heure et que le flot se déverse tranquillement à une vitesse moyenne de 60 km/h, entre 13h30 et 17h30 quand la circulation est fluide. Après, ça bouchonne, les délinquants redeviennent malgré eux des citoyens honnêtes. La police a fait son travail et rentre au bercail.
Le bilan est très instructif et digne d'éloges. Dans l'après-midi, près de 1.000 dangereux activistes du volant repérés et fichés... mais pas arrêtés. Bon sang, mais que fait la police? Deux policiers sont dans la voiture blanche (photo 4), moteur tournant pendant cinq heures pour faire fonctionner le chauffage, et regardent ses écrans en comptant les points qui sautent. D'autres compteront les euros, les millions d'euros engrangés « honnêtement ». Pas étonnant que les Français n'aient pas le moral. Normal qu'au Vietnam et en Afghanistan ils soient beaucoup plus optimistes. Presque pas de vauriens... sinon, il y aurait des radars dans les fourrés. Notre police non plus n'a pas le moral, parce qu'avec du bon matériel plus sophistiqué, elle pourrait faire mieux. Il faut savoir que quand deux ou trois voitures déboulent de front à 50 km/h pour l'une et à 70 ou 80 km/h pour les autres, le radar ne sait pas faire la différence. Donc flashes perdus. A raison d'un flash toutes les 5 secondes en moyenne constaté, ça fait 3.600 éclairs dans l'après midi. De quoi éclairer un temps bien gris dans ce début de janvier.
Même les bus de la RTM se font prendre, mais la tradition, c'est « l'amende pour le chauffeur mais pas de point retiré sur le permis » dixit la police. Bizarre ce laxisme envers les transports en commun qui se maîtrisent moins facilement qu'une voiture!! Et puis l'amende... bref, vaut mieux ne pas en parler et éviter une grève. A Marseille, on ne plaisante pas avec ça, les syndicats non plus. Enfin, les motos s'en donnent à cœur joie. Elles flirtent souvent avec le sang, pardon avec le 100 km/h, mais pas de flash?? « Notre appareil flashe en rapprochement de l'avant, pour les motos, il faut un appareil qui flashe l'arrière en éloignement » avoue le policier aux ordres du préfet. Forcément, les motos n'ont pas de plaque d'immatriculation à l'avant. Le grand banditisme à ses avantages... Le mieux, ce serait de mettre six radars à la suite pour comptabiliser douze points d'un coup de retrait. Plus de permis, plus de voitures dans les rues de Marseille. Plus que des piétons heureux... slalomant sur des trottoirs réputés particulièrement odorants. Dormez tranquille braves Marseillais, vous êtes sous protection. Le temps des parrains n'est pas mort!
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