Opel Astra GTC 1.6 Turbo 180...
…tout est dans la boîte
En attendant la future et redoutable? OPC, Opel nous décline un coupé GTC aux allures de splendeur, une sorte de petite merveille esthétique aux lignes suffisamment racées et dynamiques pour emporter certains élans passionnés, dans un segment de marché où, le plus souvent, l'ordinaire côtoie une platitude latente. Tout cela élégamment posé sur un châssis redoutable… Déjà proposée dans une variante 2 litres CDTi de 165 ch qui nous avait bluffée, elle est ici animée d'un 4 cylindres 1.6 turbo essence de 180 ch attelé à une boîte méca 6 qui vont avoir la lourde tâche d'emmener la belle au-delà de la raison. Tout ce petit monde sera-t-il à la hauteur de nos attentes légitimes?
La recette est pourtant simple… quoique pour certains! Une voiture tendance sportive un peu chicos, c'est avant tout une jolie gueule, taillée au millimètre, sensuelle et rageuse, tendre et rutilante, mais pas trop! Pas question de jouer le bling bling ou la quincaille… Il faut savoir raison garder et dans ce domaine, les designers de chez Opel ont un véritable vent en poupe.
QUELQUES GENERALITES
Le trait de crayon qu'il concède à leurs dernières générations de modèles est d'une grande qualité et cela fait plusieurs fois que le constructeur allemand met dans le mille, loin des économies d'échelle mesquines que l'on devine à chaque détour de la concurrence. Résultat: Opel marque de précieux points et trace son retour gagnant au niveau des meilleurs… sans pour autant avoir les chevilles qui gonflent comme certains… et ça, c'est bien!
LE TOUR DU PROPRIO
Extérieurement, notre Astra GTC est une splendeur. Dynamique, trapue comme il faut mais pas trop, à l'affût de je ne sais quelle proie qui pourrait passer par là, ce coupé est un des plus beaux sinon le plus beau de sa catégorie. Loin de devoir reprendre un maximum d'éléments de carrosserie figurant dans la banque d'organes maison, les stylistes s'en sont donné à cœur joie en faisant table rase de l'existant, ne reprenant de la 5 portes que l'antenne de toit et les coques de rétro. Pour le reste, on prend une page blanche et on dessine une auto nouvelle. Génial pour les amateurs d'art que nous sommes tous, quelque part, en vénérant l'automobile. Et puis, cette teinte jaune qui gratifiait notre véhicule d'essai va comme un gant à cette petite sportive qui nous invite à en savoir plus sur ses intentions.
ESPACE INTERIEUR
Quand on pénètre dans l'habitacle, c'est un peu "changement dans la continuïté". On aurait pu penser qu'en dotant l'Astra GTC d'une carrosserie résolument nouvelle, les braves gens du design veilleraient à donner à l'espace intérieur, l'identité nouvelle attendue. Une petite grosse déception donc avec une planche de bord déjà vue dans la berline 5 portes et même si son implantation, sa conception, ses matériaux et son look demeurent dans la mouvance moyenne, une planche typée sport aurait eu notre préférence. Puisqu'on est dans le chapitre des regrets, ajoutons tout de suite la mauvaise visibilité arrière générée par la présence d'une lunette minimaliste qui plus est, amputée par un becquet plus que généreux. Sportive la bougresse, mais tout de même. Par contre, un vaste habitacle eu égard au type du véhicule et même si les places arrière ne sont pas hyperconfort, à l'avant, grâce à de très bonnes assises, c'est Byzance y compris pour les gabarits généreux. Autre belle surprise, le coffre dont le volume de près de 400 litres autorise certaines fantaisies.
ASPECT TECHNIQUE
Le gros atout technique de cette auto reste son châssis exceptionnel, plus encore ses trains roulants sur lesquels il nous parait essentiel de revenir quelques instants. Vous vous souvenez de la merveilleuse Opel Insignia OPC de 325 ch essayée par ailleurs, de son comportement routier de tout premier plan et de son système HiPerStrut particulièrement sophistiqué, en net progrès par rapport à un MacPherson classique, moins bien adapté au comportement routier d'un coupé typé sport. Grâce à ce système qui impose de repenser pour bonne part le berceau avant, la variation du carrossage des roues avant est réduite, les effets de couple à l'accélération sont contenus, ce qui permet au conducteur de profiter pleinement de sa monture. Pour l'arrière, les ingénieurs ont misé sur un parallélogramme de Watt associé à un essieu de torsion intégré et des réglages adaptés pour une meilleure stabilité latérale. Du bien bel ouvrage à l'actif des concepteurs de ce coupé GTC dont les performances routières auraient mérité d'être magnifiées par une autre motorisation que ce 1.6 turbo de 180ch franchement pas adapté à la situation du moment et nettement moins véloce que le 2 litres CDTi déjà testé. Il est vrai que les rapports de la boite 6 sont tellement longuets, qu'il faut sans cesse jouer avec pour tenter de viser juste sans pour autant récolter les effets voulus. 220 km/h en pointe ok, 8,3s pour le 0 à 100, toujours ok, mais près de 8 litres de SP95 aux 100 km en normes stabilisées, ce qui n'est jamais le cas… Cette Astra GTC mérite nettement mieux que ce tandem moteur boîte inadapté.
SUR LA ROUTE
Du coup, cela se ressent inexorablement sur la route dès que l'on aborde les routes délabrées et piégeuses de l'Ile de Majorque. Entre les chèvres qui traversent au gré du vent et la boue qui bavasse les chaussées, le châssis rassure car notre GTC n'est jamais prise en défaut malgré quelques faits d'armes sympathiques. Bien calés dans des sièges au maintien anatomique étudié, on se surprend à profiter pleinement du bonheur qui nous est donné. Hélas ce moteur dont on se demande où sont passés ses canassons et dont la sonorité aurait pu être techniquement enjôlée, ces rapports de boîte qui n'en finissent pas de se bousculer entrainant des consommations réelles d'un autre temps, ne sont pas de la fête et noircissent le décor pourtant exceptionnel. Direction, freinage, équipement et toujours ce fabuleux châssis sont tous au rendez-vous pour donner le meilleur à ce GTC particulièrement bien né. La tenue de route, même en usage intensif, ne pose jamais le moindre problème. Ce coupé est l'un des meilleurs du crû… pour peu qu'on lui choisisse une vraie mécanique adaptée. Pour le reste, ce n'est que du bonheur, du vrai.
CONCLUSION
Après nous avoir fait très peur pour sa survie à travers la nébuleuse GM dont on se méfie toujours des intentions peu scrupuleuses qui sont les siennes à l'égard de ses marques, Opel signe depuis quelques mois un retour gagnant. Ouf! Opel ne subira pas les outrages réservés à Saab et c'est tant mieux. L'Allemagne aurait-elle été, disons plus …convaincante que la Suède, réputée passive sur ce dossier??? En tout état de cause, GM aurait peu lâché le lest nécessaire à un sauvetage de son label. Pour en revenir à notre GTC essence 180ch, tout est presque parfait sauf son moteur et sa boîte. Comme il en existe d'autres au catalogue, personne ne stresse, car ce GTC est probablement l'un des tout meilleurs coupés du moment. Doté d'un châssis technologiquement abouti et d'une excellence reconnue avec les qualités routières qui l'accompagnent, d'une ligne de carrosserie à faire pâlir de jalousie le plus génial des stylistes en vogue avec le pouvoir de séduction qui va avec, affichant un prix de vente très mesuré par rapport à la concurrence ébahie, on se dit que cette Astra GTC est une excellente affaire pour peu qu'on la considère strictement pour le coupé sportif qu'il est et qu'on lui choisisse le bon moteur et la bonne boîte…
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