Mitsubishi ASX 1.8 DI-D ClearTec Instyle 4WD
canada Dry oriental
Il se positionne dans la catégorie officielle des crossovers routiers compacts du segment C, il vient de son Japon natal pour seconder son grand frère Outlander et entre de plein fouet dans la turbulence d'un secteur en pleine évolution avec en ligne de tir, le Qashqaï, pas moins. Ce Mitsubishi ASX ne manque pas d'ambition, mais va devoir cravacher pour rattraper le retard de MMC, jusque là plus axée sur des 4x4 corpulents comme le Pajero ou le L200. Visite guidée…
QUELQUES GENERALITES
Avec l'importation de l'Outlander, Mitsubishi marquait déjà son nouveau territoire et initiait sa clientèle vers une nouvelle race de tout terrain ou de tout chemin selon que les modèles embarquaient ou non une transmission intégrale. Les franchisseurs de canions se faisant de plus en plus dispersés, tempête écologique oblige, les adeptes de ces caisses surélevées se sont judicieusement tournés vers des ersatz nettement moins onéreux tant à l'achat qu'au quotidien. Une sorte de 4x4 Canada Dry, juste l'aspect, à peine la couleur… L'ASX tombe à point pour se frotter à quelques copains de jeu venus occuper une niche de moins en moins confidentielle. Une opportunité pour Mitsu soucieux de développer son image.
LE TOUR DU PROPRIO
Fort heureusement, la ligne de cette nouvelle génération de crossovers est beaucoup plus élancée, personnelle, moderne que certaines horreurs cubiques rencontrées ici ou là. Pour sa part, l'ASX n'échappe pas à cette nouvelle donne et les stylistes ont su doter leur progéniture d'une esthétique générale réussie avec une mention pour la face avant qui a su adapter la griffe identitaire maison aux exigences plus cossues de ce genre de carrosseries hautes sur pattes. En un mot comme en 100, l'ASX affiche la couleur et montre les dents grâce à une calandre géométrique et rageuse, qui en dit long sur les intentions de la bête. Racé, équilibré, fluide, l'ASX se présente sous des allures de véhicule cossu. Ses flancs sculptés, sa ligne de caisse galbée, ses parties vitrées effilées et surteintées donnent du dynamisme à l'ensemble. Et puis, ce hayon dominé par le look travaillé des blocs optiques ou encore ces barres de toit profilées noires, peaufinent cette impression de travail soigné.
ESPACE INTERIEUR
Quand on pénètre dans l'habitacle de l'ASX, on entre dans du déjà vu. Partageant le "Project Global" de son grand frère Outlander dont il reprend 70% des composants (lui-même copie quasi conforme des cousins français 4007 et C-Crosser), l'ASX ne cherche pas à réinventer pas la roue. Cela nous donne une qualité de fabrication et un niveau de finition somme toute satisfaisant dans l'ensemble avec une planche de bord auréolée de ses 2 généreux compteurs cerclés et d'un grand écran multimédia 7 pouces, très lisible et très agréable à l'usage. Les sièges cuir sont accueillants et ce sera une autre bonne surprise de cet ASX que de pouvoir saluer son confort de suspension, suffisamment rare sur ce genre de véhicule pour être dûment souligné. Toit panoramique avec contour Moonlight éclairé par Led et rideau électrique, caméra de recul, clim' auto et boîte à gants réfrigérée, aide au démarrage en côte, sièges avant chauffants et aussi système audio Rockford Fosgate 9 HP 710W du meilleur effet. Dommage que les réglages électriques ne servent que le fauteuil passager… Mesquin!
ASPECT TECHNIQUE
Sous le capot de l'ASX, pas de relans franco français sauce HDi, juste un bon 4 cylindres bloc alu turbo diesel de 150 ch fait maison. Une des particularités de ce moteur reste son taux de compression très bas et le calage variable à l'admission de la distribution qui nous a quelque peu taquinés lors de notre essai. Une première mondiale dans cette catégorie. Derrière ce nouveau bloc, une boîte manuelle 6 rapports dont le maniement ne pose jamais de souci et qui seconde parfaitement la puissance soutenue qu'elle doit passer aux différentes roues motrices sélectionnées. Autre technologie présente: le ClearTec comprenant le Stop&Go, la direction assistée électrique trop virtuelle, le Generation Control System pour la récupération d'énergie au freinage, les pneus à faible résistance au roulement… Mitsubishi a beaucoup travaillé sur la sécurité active de son ASX.
SUR LA ROUTE
Même si les choses vont dans le bon sens, il arrive souvent que la conduite de ces crossovers nous réservent quelques surprises. Mais notre ASX se situe probablement parmi les plus agréables à conduire du moment. D'abord, il y a ce confort routier qui participe grandement à cette impression de bien-être, même si et c'est le roulis n'est pas toujours suffisamment contenu. On sait depuis longtemps que la plupart pour ne pas dire tous ces 4x4 civilisés ne traverseront jamais de chemins escarpés et ne grimperont jamais à flancs de coteaux. Ils préfèrent jouer les gros bras dans les fourmilières des villes et des banlieues qu'ils affectionnent particulièrement. D'où le sens de nos propos de privilégier leurs prestations routières à leurs capacités de hors piste. Et puis il y a cette mécanique 4 cylindres de 1.8 litre, ses 150 ch et ses 300 Nm et la boîte mécanique 6 bien étagée. Mais où est donc passée la boite auto? Cet ensemble anime notre 4x4 avec efficacité et sérénité. Tous les ingrédients sont réunis pour permettre à notre ASX d'aller se frotter aux branches rebelles des sous-bois ou gambader dans quelques petits gués gentillets sans trop rechigner bien qu'il préfère assurément d'aller bouffer du bitume, même sur de longues distances.
CONCLUSION
Longtemps enfermé dans une offre catalogue de tout-terrain purs et durs ou de sportive au grand cœur (j'oublie volontairement la Colt…), Mitsubishi nous gratifie de crossovers modernes et dignes des meilleures références du segment. Outlander d'un côté et ASX de l'autre, la boucle serait-elle bouclée? Toujours est-il qu'en ce qui concerne ce dernier, le résultat est bluffant. Bien sûr, le réseau n'est pas très dense et a parfois souffert par le passé d'importateurs ou de distributeurs indélicats qui ont sérieusement écorné l'image du constructeur Mitsubishi en France, évidemment qu'on aurait apprécié une boîte auto, moins de roulis et plus de petits rangements toujours utiles dans un véhicule de loisirs. Mais avec son ASX, le constructeur nippon peut de nouveau, affronter la clientèle avec sérénité. Le produit est beau, bien pensé, joliment stylé, hyper équipé et ses performances routières sont appréciables tout comme son confort de suspension. Avec son tarif très alléchant, il doit être une sérieuse alternative au moment de certains choix stratégiques…
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