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édito - par Alain INIAL
C'est l'effet boomerang !
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Mercedes 300 SL......la voiture d'exceptionLes voitures d’exception, elles sont rares, ne peuvent être construites que par des marques d’exception et l’histoire de l’automobile, la petite comme la grande comporte des « coups de génie » qui ont permis l’élaboration de voitures en tous points remarquables. Ce fut le cas pour la Mercedes 300 SL qui, dès son arrivée sur le marché, surclassait déjà ses concurrentes.
La 300 SL est un coup de génie mais pas complètement le fruit du hasard. Plutôt le résultat de mûres réflexions, de longues années de recherche et d’une rigueur professionnelle, marque d’un pays qui entend se reconstruire au sortir du deuxième conflit mondial. D’abord un peu d’histoire. Karl Benz, nous sommes en 1886, obtient son brevet pour construire une voiture animée par un moteur (à pétrole à l’époque) et dans le même temps, Gottlieb Daimler entreprend des recherches similaires. Leurs chemins parallèles se rejoindront en 1926, date de la création de l’entité commune « Mercedes ». Ces recherches parallèles et cette fusion ont permis une avancée technologique importante et la marque allemande accroche à son tableau de chasse des domaines de compétence important comme l’adaptation de compresseurs, l’expérimentation du Diesel (merci Rudolph « du même nom » .), les synchro de boites de vitesse, etc … Ne soyons donc pas surpris d’apprendre que des ingénieurs tels que Wilhelm Maybach ou Ferdinand Porsche ont planché dans les bureaux d’étude de Mercedes.
Et puis la guerre est passée par là, la folie des hommes a fait que les usines Mercedes ne seront plus que ruines à la fin du conflit de 1939-1945, (rendons hommage aux destructeurs, les Usines Mercedes n’avaient pas construit que des voitures pendant la guerre !), et pour cette firme, résolument sportive, un des premiers objectifs sera de participer le plus rapidement possible à des compétitions. Résultat, en juin 1946, l’usine est à nouveau prête à produire des voitures de série et ce seront d’abord des voitures « utiles » à la reconstruction qui sortiront. De nouveaux modèles vont voir le jour et, en 1951, six années seulement après la guerre, c’est l’évènement, la présentation de la Mercedes 300, moteur 6 cylindres, qui préfigure déjà la 300 SL (SL pour Super Leicht - Super Légère). Il s’agit d’une voiture construite uniquement dans le but de courir et on ne parle pas, alors, de voiture de série. Rudolph Uhlenhaut s’en voit confier le projet et il prend seul des initiative qui feront le succès de la voiture, notamment le châssis en tubes légers compensant le poids du bloc moteur en fonte ou encore les carburateurs Solex qui « gavent » le moteur comme on le fait avec les canards, dans le Gers.
Début 1952, le prototype est prêt, la voiture est même prête à participer aux courses compte tenu de sa taille de guêpe (870 kg). Onze voitures sortent de l’assemblage et deux d’entre elles signeront le premier doublé des 24 heures du Mans (avec une moyenne de 156 km/h). Le doublé du Mans sera le révélateur car la 300 SL gagnera ses lettres de noblesse sur nombre de circuits, le Gand Prix de Berne en Suisse, le Nürburgring en Allemagne ou la PanAméricana en Amérique Centrale. Mercedes s’adjoint les services de Juan Manuel Fangio et elle vole de succès en victoires. Celle qui n’était alors qu’une voiture de sport va passer en production grâce à l’intervention de Max Hoffman, le représentant de la marque aux Etats-Unis. Il fait le pari de vendre d’en vendre un millier pour forcer la main des décideurs et il gagne. Non seulement on l’écoute et la 300 SL est mise en fabrication mais il dépasse le quota qu’il avait annoncé.
La première 300 SL est présentée au Salon de New-York en février 1954 et les premiers observateurs sont sous le choc. Ils découvrent les portes « papillon » ou plus exactement « gullwing ou ailes de mouette ». Seul la technique a été l’axe principal de l’élaboration de la voiture. On a penché le 6 cylindres en ligne sur la gauche pour la hauteur; le châssis reste le même et le seuil de porte (passage des tubes du châssis) est un peu gros, ce sera un des petits défauts de la 300 SL. Autre problème qu’on ne saurait laisser passer aujourd’hui, les portes « papillon » empêche la vitre de coulisser à la manivelle, alors on a résolu le problème en montant des vitres amovibles entièrement. S’il fait trop chaud (pas de clim à l’époque), on s’arrête, on déboulonne une vis d’arrêt et on démonte la glace pour la ranger dans un compartiment spécialement réservé. Autre contrainte, le conducteur doit « casser » le volant avant de s’installer et le remettre en position pour démarrer. A l’intérieur c’est le cuir qui prime et l’instrumentation est super complète. La production durera jusqu’en 1957, date à laquelle un cabriolet sera présenté à Genève. Un cabriolet qui sera beaucoup plus accessible (sur le plan physique) aux conductrices notamment celles qui conduisent en jupe. Sa remplaçante présentant des portes « normales » et un peu plus d’espace pour les jambes.
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Elle n’aura donc vécu que « l’espace d’un matin » comme le dit le poète mais elle vit encore dans le cœur des nostalgiques de la marque allemande, c’est d’ailleurs pour ça que la cote de ce bijou n’a pratiquement jamais baissé. A l’époque de sa sortie, une 300 SL coûtait 5 100 000 francs (soit la moitié d’une Ferrari ou le prix de 13 Citroën 2 CV) . Actuellement, si le collectionneur a le bonheur d’en trouver une, il lui faudra débourser la coquette somme de 200 à 250000 €, ça fait encore plus de Citroën 2 CV qu’au départ mais l’exception n’a pas de prix, …même le poète sait cela !
Lundi 22 Novembre 2010
par Alain Inial
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