Lexus CT 200h Sensation
le fruit de la raison
Première Lexus à intégrer la cour de récré des compactes (enfin grandes compactes tout de même, faut rien exagérer...), Toyota ne pouvait pas passer à côté de sa technologie Full Hybrid pour animer le coeur de sa CT 200h. Très tendance auprès de quelques bobos écolos, cette architecture totalement hybride répond aussi à une clientèle...huppée qui fait de l'écologie une de ses priorités. Mais à plus de 30000 € et bien au-delà si affinités, le jeu en vaut-il la chandelle...?
QUELQUES GENERALITES
Ce qui est certain, c'est que cette technologie Full Hybrid est l'excellente et unique solution transitoire entre la génération thermique qui prend du plomb dans l'aile à cause d'un pétrole de plus en plus cher et le tout électrique utopique dans l'état actuel des recherches. Affichant 94 g de CO² pour 4.1 litres de conso, la CT200h offre de jolies performances tout en nous évitant le coup de la panne électrique rédhibitoire. Pour l'heure, embarquer un moteur thermique est une sage précaution pour continuer de profiter de sa voiture en toute liberté, sans se priver de clim', de radio, d'éclairage ou d'autoroute.
LE TOUR DU PROPRIO
La clientèle européenne aura quelques difficultés à intégrer la ligne arrière un rien perturbée de cette Lexus, surtout dans au niveau de la custode où des relans extrême-orientaux très seventies, n'ont pas fait table rase du passé. Pour le reste, par contre, rien à redire. Plus longue que sa concurrence (mais quelle concurrence?), plus basse et râblée aussi, plus large et plus cossue, la CT200h domine son sujet et prend sa pose, un brin impérieuse. On aime beaucoup la nouvelle face avant Lexus, travaillée dans le détail et raffinée, on a malgré tout quelques réserves sur la poupe très nipponne, mais force est de constater que l'ensemble puissant nous offre une allure générale imposante et haut de gamme.
ESPACE INTERIEUR
Pénétrer dans l'espace intérieur d'une Lexus CT200h, c'est entrer dans un univers décalé, certes premium, mais qui ne correspond pas aux codes usuels de l'automobile. C'est une position de conduite très basse, c'est un écran géant de 20 cm qui regroupe l'essentiel des informations, c'est un joystick au design unique en guise de levier de vitesses, c'est un style, un aménagement réfléchi, un univers de silence... Indépendamment de ces caractéristiques identitaires, cette Lexus surprend ses visiteurs en leur apportant une habitabilité généreuse grâce à une implantation judicieuse des assises, y compris sur l'arrière, beaucoup de soin dans l'habillage, les matériaux usités, les dessins... et c'est un équipement et une instrumentation de très haut vol avec la surprenante Remote Touch reliée au meilleur système de navigation du moment, le nouveau système audio haut de gamme Premium Surround Mark Levinson à 13 hauts-parleurs (hélas réservé à la version Passion) ainsi que toute la panoplie de ce qui se fait aujourd'hui en matière de sécurité active ou passive.
ASPECT TECHNIQUE
C'est bien entendu dans ce domaine que notre CT200h excelle grâce à une motorisation hybride de tout premier plan et un système unique de gestion de l'énergie. Cela fait plus de 10 ans maintenant que Toyota et donc Lexus maîtrise le 100% Hybrid dont c'est déjà la seconde génération. Moteur essence 1.8 VVT-i à cycle Atkinson d'un côté, moteur électrique synchrone de 82 ch avec générateur et répartiteur logés dans un même carter compact et batterie haute capacité de l'autre, cette architecture fonctionne en tandem dans une harmonie et une optimisation parfaite. C'est une transmission à variation continue qui se charge de passer la puissance. Pour ne pas perturber les avantages apportés par ce concept, la clim' utilise un compresseur à capacité variable, un système de recirculation de la chaleur des gaz d'échappement préserve la consommation du mode chauffage, l'éclairage est confiée à des diodes électroluminescentes moins gourmandes en énergie, l'ampli audio consomme moitié moins qu'un ampli analogique et pour pousser le bouchon plus loin au niveau de la performance écologique, on emploie des matériaux biosourcés et le charbon des hauts-parleurs est en...bambou!
SUR LA ROUTE
Tout cela mérite à coup sûr, une prise en main de cette Lexus très avant-gardiste pour un véhicule de vraie série. Calés dans les sièges, nous découvrons une planche de bord très raffinée. Un dessin multi galbe dont le revêtement cuir nous ravit. Ca change de certains intérieurs actuels. Chut! Silence! Malgré une touche start en action, tout est ready, mais rien ne parait. Normal, nous sommes dans une vraie hybride série/parallèle, ce qui veut dire que l'on peut démarrer sur l'électrique. Un rapide maniement du mini levier de vitesses, pied droit, la Lexus s'ébranle dans un silence total. Attention aux piétons surpris et hagards. Entre 30 et 40 km/h, le thermique se met en route sans grand vacarme. C'est que notre CT est bien insonorisé. Le grand écran nous informe en temps réel des échanges moteurs, batterie, dans un va et vient incessant entre flux électrique. Pendant les phases de décélération et de freinage, le système récupère l'énergie cinétique qui se stocke dans la batterie. Les accélérations peuvent être franches, les reprises moins évidentes car cette fichue transmission à variateur n'est pas un modèle du genre et n'a pas une réactivité exceptionnelle. Elle pénalise à coup sûr le plaisir de conduire en anesthésiant toute sensation tactile. La conduite d'une voiture hybride doit-elle sacrifier tout plaisir sur l'autel de l'écologie ou peut-elle apporter à son conducteur certaines fantaisies? Ce n'est pas la commande de frein de stationnement au pied qui nous ravira, ni le maniement très particulier et marginal du joystick de vitesses. Au fond, cette Lexus est bien pataude et lourde, peu agile et un rien duraille au niveau de son confort de suspension qui aurait mérité plus d'attention.
CONCLUSION
A force de rechercher l'excellence au niveau des recherches technologiques en matière écologique, les ingénieurs de chez Toyota en ont oublié le plaisir. Bien sûr, la Lexus CT 200h est une petite merveille d'ingéniosité en tout genre et l'on ne peut que se féliciter d'en arriver à ce stade de révolution. Mais doit-on pour autant priver cette voiture d'une âme et d'un tempérament? Doit-on pour autant sacrifier le plaisir de conduire sur l'autel de la rigidité environnementale? N'y aurait-il pas un juste milieu dans lequel chacun pourrait trouver une quelconque raison de trouver son compte. Bien sûr que cette Lexus mérite une attention particulière. Evidemment qu'elle suscite un intérêt formidable pour l'avancée de l'automobile? Mais elle est fade, ses réactions sont pataudes et parfois, elle manque de caractère. Certes, ces performances sur le papier sont réelles et sa fiche technique n'affiche aucune grosse lacune. Mais le premium, à ce prix, ça ne peut pas être que la raison, il y a faut aussi la passion... et là, on reste sur notre faim.
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