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5 Mars 2010
eco green

LE VENT L’EMPORTERA

par Alain INIAL

Au temps des âges sans âge, au temps des âges farouches, la colère des dieux, donc celle du ciel paralysait les hommes (et les bêtes). Ils craignaient la pluie tout en l’implorant, le tonnerre et les éclairs et redoutaient par-dessus tout de voir la nuit tomber, symbole de mort. Les gaulois, plus proches de nous ne craignaient-ils pas de voir le ciel leur tomber sur la tête ?



LE VENT L’EMPORTERA
Au fil des siècles et du temps qui passe, de la simple couverture d’une grotte et d’une peau de bête à l’abri antisismique, les hommes ont appris à apprivoiser la nature, ou du moins l’ont-ils pensé. Ils en ont découvert les caprices, les colères et les répits. Ils ont appris à faire avec, et quelquefois à faire contre, à s’en protéger. Les hommes des cavernes d’avant-hier ont cédé la place aux savants d’hier qui ont eux-mêmes cédé leur place aux super techniciens d’aujourd’hui.

passage de Klaus en 1999 - phare de Biarritz
passage de Klaus en 1999 - phare de Biarritz
Tous ont tenté et tentent encore aujourd’hui de résister, de comprendre et d’anticiper les caprices de Dame Nature. Les esprits les plus orgueilleux sont même allés jusqu’à croire qu’ils avaient (ou allaient) dompter les éléments. S’ils ont réussi pour les phénomènes les plus courants,les plus ordinaires, ils doivent déchanter régulièrement dès que le ton monte et que les éléments se déchaînent. Les prévisionnistes les plus perspicaces ont beau avoir une armée de radars et d’appareils des plus sophistiqués qu’il soit, leur bulletin permet tout juste de ne pas être noyé par l’effet de surprise. Les spécialistes n’auront jamais le dernier mot face aux catastrophes et aux bouleversements climatiques. Les volcans se réveillent quand ils le veulent et le vent se lèvera quand et où il l’aura décidé. Le littoral français de l’ouest vient d’en faire l’amère expérience.

Xynthia - Vendée
Xynthia - Vendée
Or, si le bilan n’était pas aussi tragique, il serait plutôt amusant de constater que c’est au moment ou les pays se réveillent, où une bonne partie de la planète commence à se préoccuper de son sort que cette dernière est secouée de convulsions. Est-ce un hasard ou un simple règlement de compte ? La multiplication des coups de vent ne laisse pas indifférents les experts qui se penchent sur le sort de notre pauvre terre et ils ont déjà décidé que la bourrasque qui s’est levée la semaine dernière du coté des Açores n’a pas de lien avec le réchauffement climatique. Bravo messieurs d’avoir éclairé notre lanterne et d’avoir ravivé les bougies de ceux qui vivent dans le noir depuis huit jours.

En tout cas, la peur a ressurgit. Sur la côte atlantique, la mer se retire lentement en laissant une sale mare, une mer de boue et surtout un océan de questions qu’on aurait du se poser depuis des lustres. Les maisons seront nettoyées, les médias s’en iront vers d’autres horizons, les rescapés se remettront à la tâche … pour les autres, leurs yeux ne pleurent plus, cette tempête fut la dernière.
LE VENT L’EMPORTERA

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