Kia Rio 1.4 CRDi 90 Prenium...
...on y est presque
Ce n'est plus un secret pour personne: Kia est en pleine offensive et dégaine depuis quelques mois, des nouveautés remisant les productions d'antan au rayon des antiquités. Design, présentation, fabrication, motorisation, équipement, prix et surtout garantie 7 ans constituent des domaines face auxquels la concurrence commence à tirer la langue. Dernière venue: la nouvelle Rio, familiale compacte du segment B, désormais disponible en 3 et 5 portes, une coréenne aux yeux de moins en moins bridés.
QUELQUES GENERALITES
L'ancienne mouture n'avait pas fait un tabac dans nos contrées et sa diffusion restera anecdotique avec une moyenne tournant autour des 2000 unités par an: c'est peu, mais pour être honnête, ça ne valait pas mieux. Depuis, Kia s'est racheté une conduite en s'offrant un catalogue de mieux en mieux garni et le réseau a désormais, de quoi se battre pour imposer ses produits. Avec sa nouvelle Rio, Kia attaque bille en tête les vedettes du segment que sont Clio, 207 et autres C3 pour n'évoquer que les françaises, une nouvelle étape pour le coréen bien décidé à en découdre.
LE TOUR DU PROPRIO
C'est à coup sûr au niveau du style que l'on mesure l'évolution de cette famille coréenne. Style européanisé à souhait pour satisfaire les demandes du Vieux Continent, style moderne quasi al dente pour séduire les regards les plus exigeants. Compacte certes avec 4 m de long, mais élégante, fluide. On retrouve une calandre maison très dynamique, des flancs lissés, à peine façonnés et malheureusement dépourvus de protections latérales pourtant bien utiles pour affronter les péripéties urbaines. Pour la poupe, Kia a choisi une allure plus soft. La lunette arrière un brin rikiki est dominée par un becquet peu discret. Heureusement, les blocs optiques donnent un peu de couleurs à un ensemble bien sérieux. Au final, un peu ramassée sur elle même, la Rio séduit et c'est bien là, l'essentiel.
ESPACE INTERIEUR
Qualité des matériaux usités en très net progrès par rapport à la génération précédente, finition et assemblage itou, planche de bord plus conventionnelle, fonctionnelle et bien instrumentée, volant cuir multi fonctions de belle facture, habillage spécifique bi ton sur notre modèle d'essai haut de gamme, sellerie mixte tissu/simili cuir moka, ce serait presque Byzance. L'ensemble est agréable au regard et au toucher sans être ostentatoire comme certaines productions de là-bas... Un écran multimédia de belle dimension distille les infos nécessaires que ce soit pour le GPS ou les différentes fonctions qui lui incombent. L'allongement discret mais efficace de l'empattement (+7 cm) permet aux passagers de l'arrière de ne plus avoir les genoux dans les coudes, quant à l'avant, tout le monde a ses aises grâce à une implantation bien pensée. Le volume du coffre est bluffant, surtout quand on commence à jouer avec les sièges fractionnables.
ASPECT TECHNIQUE
On l'a dit et répété, à force de jouer les apprentis sorciers de l'écologie bon marché, les constructeurs prennent le risque d'appauvrir le plaisir de conduite de certains de leurs modèles dont la vocation est d'attirer le chaland par des taux de CO² mirobolants. Ainsi, il vous faudra oublier la version 1.1 CRDi 75 qui n'émet certes que 85g/km de ce fichu CO², ne consomme en théorie!!! que 3.2 litres aux 100, mais qui se traine dès qu'on avale le bitume. Et comme on doit jouer de la boîte, les consos s'envolent, c'est bien connu. En fait, la Rio est une familiale compacte, elle est appelée à franchir le seuil des villes pour affronter routes et autoroutes. On préférera donc notre variante 90, beaucoup plus à l'aise partout. Les suspensions ont été renforcées, les voies élargies, les trains roulants retravaillés et malgré cela, on n'atteint pas encore la précision et le dynamisme des françaises.
SUR LA ROUTE
Les réactions de la Rio sont sèches dès qu'on attaque des tronçons ordinaires et le confort de suspension n'est pas son fort. A son volant, on ressent quelques flous artistiques plus désagréables que dangereux, mais usants sur le terme. En fait, en y regardant de plus près, on s'aperçoit que les roues de 16 pouces, qui plus est flanquées des désagréables pneumatiques Kumho Solis KH17, sont une nouvelle hérésie esthétique, n'apportent rien d'autre qu'inconfort et surcoût injustifié. Une fois de plus, à bannir! A surveiller lors de la livraison éventuelle. Autre souci, lui aussi devenu malheureusement fréquent de nos jours, la visibilité arrière et 3./4 Ar amputée par des montants, des épaisseurs et des habillages imposés par l'octroi effréné des 5 étoiles du crash test. Le revers de la médaille, sans doute? Par contre, 2 points particulièrement positifs: l'insonorisation quasi parfaite de l'habitacle qui ne laisse passer que quelques rares mouvements d'humeur du bloc diesel et le freinage non seulement endurant, mais étonnamment efficace, précis, équilibré.
CONCLUSION
Sans toutefois atteindre les qualités dynamiques et structurelles de compactes européennes, la nouvelle Kio a puissamment revu sa copie en nous faisant oublier l'ancienne version. Désormais esthétiquement réussie et séduisante, parfaitement équipée, bien conçue, elle s'est enfin donnée les moyens d'accrocher les regards et de séduire. Son espace intérieur ne souffre aucune grande critique particulière, sa motorisation non plus. Reste que quelques déviances structurelles viennent dégrader le confort de suspension et la précision de conduite, sans jamais mettre en péril un niveau de sécurité optimal. Et puis, il y a le prix très compétitif sans pour autant jouer le lowcost, il y a aussi cette garantie 7 ans-150000 km qui fera souvent la différence.
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