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21/05/2012
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16/05/2012
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Jaguar Type E ...
... ta "pelleteuse à minettes" !
Je n’oublierai jamais le jour où, de chez moi, j’ai entendu ce bruit si particulier, si différent, si agréable.... et je me suis dis « ça y est, elle est arrivée, et il vient nous la montrer ».
Un vrombissement, deux coups de klaxon.... plus rien. Je sors et tu en descends, fier et heureux, tes yeux bleus si brillants, tes cheveux un peu en bataille, sans doute à cause du vent. J’étais la première personne à qui tu la présentais, ton rêve de toujours, ton cadeau de Noël, ton vœu réalisé, ta Jaguar Type E.....
Ta pelleteuse à minettes - Le Mans 1997
Et cabriolet qui plus est.... « primerose yellow » longue, racée, élégante, que tu étais fier et heureux..... Tu m’as proposé de faire un tour. A cette époque j’avais la chance de vivre en pleine forêt. Peu de monde circulait. Et nous avons profité, tous les deux, cheveux au vent, à l’ombre des grands arbres, dans les lignes droites une accélération vertigineuse, un vrombissement incroyable, puis un virage à angle droit que tu négociais si bien.... vertigineux…. Et puis tu m’as raconté, tu m’as enseigné Jaguar, Type E, les 24H du Mans, son histoire, sa vie, sir William Lyons et Malcom Sayer. Quel passionné tu étais des voitures en général, de celle-ci en particulier. Tu étais intarissable. Celle-ci provenait des Etats-Unis, importée par un ami Français ; tu l’as attendue un certain temps, tu avais sa photo, ses photos, extérieur, intérieur, moteur, châssis, gros plan sur les phares, tu la connaissais déjà par cœur. C’était une Série 2, plus confortable et plus sécurisée que la série 1. Des sièges inclinables plus confortables que les sièges baquets des premières, un tableau de bord non plus en alu martelé mais recouvert de vinyle noir avec ses commutateurs de type aviation. Les phares malheureusement ne sont plus recouverts de globes, mais la vision en est meilleure. Quant au moteur, 6 cylindres en ligne alimentés par 2 carburateurs, rien à dire, malgré une boite de vitesse Moss d’origine. Tu venais de la recevoir, mais elle vibrait déjà en toi (ou peut-être est-ce toi qui vibrait en elle).
Genève 1961
Et puis tu m’as parlé de l’origine de cette voiture, sa présentation au Salon de Genève le 15 mars 1961, l’enthousiasme du public, le choc pour les journalistes, une vrai bombe cette sportive, découlant pour la coque de la Jaguar E2A engagée aux 24 H du Mans, une boite de vitesse déjà amortie pour le constructeur, et donc un prix incroyablement bas pour une telle sportive. Des performances de Ferrari pour la moitié du prix ! avec une telle esthétique.... que du bonheur... Le modèle de 1961 (série 1) était le plus pur, le plus racé, le plus dynamique, le plus fluide et a lancé l’ère des voitures de sport modernes. Un capot immensément long et plat, une version coupée et une version cabriolet, quel magnétisme sur les foules.... Les premiers modèles ont un « flat floor » ou plancher plat et sont de nos jours les plus recherchés quoique très inconfortables pour les jambes car l’espace est restreint. Ils sont équipés d’une boite à 4 vitesses dont la première est non-synchronisée, et leur ventilation n’est vraiment pas adaptée à la circulation moderne. Les phares sont recouverts de vitre et elle se caractérise par des demi-pare-chocs antérieurs et postérieurs. Que de charme et de féminité dans ce design…
Genève 1961
Puis en 1967, la série 2, celle de la tienne avec une entrée d’air plus grande afin d’améliorer le refroidissement, des freins à disques plus sûrs et 2 carburateurs Stromberg pour les modèles américains. Le tour est joué, la voiture est nettement plus fiable et plus facile à conduire dans une circulation qui se densifie. Ensuite vint la série 3 de 1971 à 1975. Mise en place d’un moteur V12 de 5.3 l, mais elle ne fut fabriquée qu’en version 2+2, toujours pour le marché américain qui en était friand. Bien dommage, car les places à l’arrière sont réellement étroites... malgré un empattement allongé Pas de quoi emmener toute une famille... De plus, il a fallu surélever le toit et le pare-brise... design sacrifié... mais le succès commercial fut eu rendez-vous.
Tu étais si fier de ta voiture, tu jouais (tu étais) le beau gosse, le play boy, lunettes Ray Ban , cheveux argentés, sachant qu’on te regardait... toi ? La Voiture ? Peu importe, tu aimais lire dans les yeux l’étonnement, la surprise, l’enthousiasme des gens pour une si belle mécanique... un peu frimeur aussi, des virages en faisant vrombir le moteur et crisser les pneus, des longues pointes en tirant quelque peu sur le moteur (220 km/h ??) pour le faire rugir, mais aussi une réelle fascination pour un tel bolide si soigné, si pur, si racé..... Un aérodynamisme d’exception. En témoigne cette photo prise en 1997 au 24 H du Mans. Tu as malheureusement du t’en séparer assez rapidement, tu l’as remplacé par une Ferrari plus confortable pour toi... ce fut une immense tristesse, mais tu n’as jamais regretté d’avoir réalisé ton vœu et je suis sûre que de là haut, tu la vois encore... ta belle blonde sexy, ta petite bombe racée!
Jaguar type F
Aujourd’hui, on peut lire dans les journaux que Jaguar (racheté par Tata) s’apprête à sortir un roadster bi-place cabriolet, qui pourrait s’appeler Type F. Peu d’information filtrent de Bombay, comme au temps de la Type E malgré le développement des médias... mais elle pourrait voir le jour en 2011... Les amoureux de la marque et les passionnés en général sont dans l’attente... Mais pourra-t-elle surpasser l’engouement connu par la Type E de 1961 à nos jours.... les collectionneurs vous le diront... un jour......
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