Honda Jazz 1.3 i-VTEC Hybrid Executive…
… du jus dans le moteur !
Les dernières évolutions technologiques en matière de motorisation nous ont livré leur surplus d'innovations plus ou moins kiffantes et si quelques unes ressemblaient plus à des bidouilles de supermarché qu'à de sérieux concepts novateurs, d'autres vont permettre à l'industrie automobile de retrouver une certaine virginité écologique très tendance. Ce n'est un secret pour personne: nous ne croyons pas au tout élec, car nous pensons que le fil à la patte imposé par les recharges fastidieuses des batteries demeurera encore longtemps un handicap majeur. Nous préférons de loin l'Hybridation avec ses multiples évolutions à venir. Longtemps chasse gardée de Toyota qui conserve l'avantage, ce mix thermique au jus électrique fait des émules. Chacun y va de sa variante pour occuper ce qui reste encore une niche, une sorte de laboratoire du réel. Depuis une douzaine d'années, Honda livre ses Insight en Europe et confie la gestion de son Hybridation parallèle à une technologie IMA. Première différence avec le rival Toyota: ici, impossible de démarrer en silence… Dommage!
QUELQUES GENERALITES
Quand on essaie ce genre de véhicule conçu avant tout pour satisfaire quelques appétits écologiques, on a le choix du parti pris. Ou on joue le jeu de la parfaite zénitude en usant de tous les artifices pour traquer le CO² ou on profite à fond du modèle d'essai pour en extraire la substantifique moelle. En intégrant discrètement son petit moteur électrique entre la boîte CVT (le retour) et le 4 cylindres essence, Honda donne à ses Hybrid le petit supplément d'âme inhérent à ces mariages de raison. En utilisant cette technologie rationnelle et pour tout dire un rien économique, Honda permet à sa Jazz de conserver l'esprit pratique de la petite citadine en lui offrant au passage quelques améliorations inattendues.
LE TOUR DU PROPRIO
Extérieurement, Honda n'a pas jugé bon de lancer une révolution culturelle esthétique pour habiller sa nouvelle Jazz Hybrid. Une simple revue de détails, histoire de marquer l'évènement comme le cerclage azuréen des optiques avant, un zeste bleuté sur le chrome de la calandre, des pare-chocs remaniés ou du cristal sur les feux arrière… pour un peu, j'oubliais l'insert du hayon façon chrome! A part ça, rien de bien nouveau. On retrouve l'allure un brin monospace de la Jazz qui revendique toujours son esprit pratique. Bien proportionnée, son allure ne choque pas et on demeure ici dans les standards européens. Les jantes sont en tôle avec des enjoliveurs d'un autre temps. Pour le reste, on a connu pire. Cette Jazz auréolée de sa robe spécifique Citron Vert Métal nous accroche. Banco, on va jouer… Musique!
ESPACE INTERIEUR
On aurait pu s'attendre au pire pour l'espace intérieur, mais comme notre Jazz a, d'entrée de jeu, été conçue en vue de cette Hybridation, les ingénieurs japonais ont pu loger le surplus inhérent à ce type de motorisation aux endroits propices, d'autant que sur cette technologie parallèle, on ne déborde pas d'équipements multiples. Le pack batterie se loge sous le plancher du coffre qui ne perd au passage qu'une petite centaine de litres et le réservoir d'essence trouve sa place sous le plancher des sièges. Avec l'ensemble moteur (1.3 litre essence, groupe électrique et boîte CVT accolée) sous le capot, cela nous donne une répartition des masses optimisée avec un centre de gravité suffisamment abaissé pour changer la donne et offrir à cette Jazz Hybrid, un comportement routier en net progrès. Du coup, on découvre un espace intérieur généreux avec des parties vitrées importantes dont un toit vitré très large du meilleur goût. Les sièges sont bien dessinés, les réglages sont multiples, ils sont même chauffants! et accueillent leurs hôtes avec beaucoup de savoir vivre. Devant nos yeux, la planche de bord un rien torturée, grise très foncée, un grand volant taillé à la serpe, habillé de contacteurs en tout genre… Tiens! des palettes… génial! Derrière le volant, un bloc compteurs généreux, bien instrumenté dont on découvrira les secrets des ambiances et des alertes éco le soir venu. Mais kézako? Ce petit écran monochrome… multifonction… et rikiki! Il regroupe toute une floppée d'informations aussi diverses que la gestion de l'Hybridation, les conso, les kilomètres, les autonomies… On aurait préféré retrouver ces informations sur un écran couleur multimedia avec GPS sur la console… De GPS, il n'y a point, même en option… Parait que pour la France, Honda compte remplacer le grand bloc radio par un bloc media plus agréable… Parce que, là, franchement, c'est un loupé… Même les instrumentations moto sont de meilleure facture… A revoir!
SUR LA ROUTE
C'est ici que notre Jazz Hybrid va montrer son allant. Nous l'avons évoqué d'entrée de jeu, la technologie parallèle retenue par Honda ne permet pas à notre Jazz de s'extirper de son parking sans faire appel à son bon vieux 4 cylindres essence. Et franchement, contrairement à la Prius ou à l'Auris Hybrid, l'esprit "rouler électrique" ne nous apparait pas ici comme une évidence, sauf à suivre les flux avec le léger filet qui va bien, suivre les descentes et lâcher l'accélérateur… La force de notre Jazz Hybrid ne résidera pas spécialement sur le silence de fonctionnement de la traction électrique. D'ailleurs, on entend bien le moteur thermique… un peu trop parfois!
En fait, force est de constater qu'il ne faut pas prendre la Jazz Hybrid pour ce qu'elle n'est pas. Il faut surtout retenir les bienfaits de l'effet immédiat de l'électrique dans les accélérations qui deviennent alors franches et vives pour peu qu'on ait oublié volontairement de basculer en mode Econ et qu'on utilise le programme Sport de la boîte robotisée. Là, à ces conditions, on se surprend à s'amuser au volant de cette Honda qui profite alors des nouveaux réglages de châssis imposé par le surpoids de l'hybridation, de la nouvelle tenue de cap très saine. Jouant des palettes pour le plaisir, on distille les kilomètres de bitume avec une joie retrouvée. Et on se plait à considérer cette voiture comme autre chose qu'une version écolo dénuée d'intérêt de la Jazz. Car notre Hybrid apporte bien plus qu'une évolution complémentaire de la gamme. Son style de conduite, son équilibre, ses conso lui servent de bien succulents arguments. De quoi faire passer la pilule du surcoût financier de quelques 4000 euros à équipements identiques, moitié moins si l'on tient compte des 2000 euros généreusement alloués par notre Etat Providence pour les versions Hybrides. 2000 euros... pour le moment...!
CONCLUSION
Quand on essaie ce genre de véhicule, on reste souvent sur notre faim. On peut trouver le pire et franchement, on n'a jamais, pour le moment, rencontré le meilleur. Honda aurait pu passer à côté de l'essentiel. Ce n'est pas le cas. Plus qu'une banale citadine ordinaire, la Jazz, dans cette nouvelle variante Hybride cloue au piloris un certain nombre d'idées reçues comme l'absence de plaisir ou la passivité écologique. Bien sûr, qui peut le plus peut le moins et la Jazz Hybrid est capable de correspondre à la plus monotone des conduites vertes avec sa fonction Econ et le programme anesthésiant de sa boîte. Mais elle peut aussi offrir un peu de peps à son conducteur pour peu qu'il soit joueur. Car plus qu'une simple citadine cantonnée aux feux rouges et aux parcmètres, la nouvelle Jazz Hybrid aime à avaler les kilomètres. Le confort de ses suspensions ne souffre aucune critique majeure et l'excellente répartition de ses masses lui donne une tenue de route très digne. Ajoutons à cela une habitabilité surprenante eu égard au gabarit, un équipement satisfaisant (hormis l'écran multimédia honteusement absent), un bonus éco de 2000 compensant un surcoût certain, un aspect pratique et généreux toujours utile et on se dit que cette petite Jazz pourrait bien emporter quelques suffrages au moment de certains choix.
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