Citroën DS4 HDi 160 FAP So Chic...
…le retour des démons
En lançant sa ligne DS, Citroën nous en mettait plein la vue. De l'extra, du super, raffiné, luxueux, haut de gamme, rien n'était trop beau pour qualifier cette gamme dont personne ne comprenait l'existence. Mais la DS3 est passée par là, se payant même le luxe d'aller titiller la Mini en mettant à mal la petite A1. Mais avec l'Opus 2, Citroën ne surprend plus. Pire, on est un brin déçu...
QUELQUES GENERALITES
Peut-être avons-nous trop attendu de cette lignée de niche que devait être la gamme DS? Et franchement, après tout le bien mérité que l'on pense de la fantastique C4, on reste franchement sur notre faim en ce qui concerne la DS4 dont la silhouette de coupé surélevé heurte nombre de sensibilités. On croyait les chevrons assagis avec le temps, on se rassurait avec les C3 et C4 dernières générations, C5 au niveau des allemandes. On pensait que la C6 n'était qu'un mauvais souvenir, mais les démons du Quai de Javel semblent encore hanter certains bureaux d'études dont certains coups de crayon hasardeux ont souvent mis en péril ce constructeur visionnaire.
LE TOUR DU PROPRIO
Surprise au premier coup d'oeil , cette DS4 dérange quelque part et on ne comprend pas, d'entrée de jeu, le but de la manoeuvre. D'accord, on nous évoque une création unique, une conjugaison de créativité, de dynamisme et d'exclusivité, mais cette silhouette ne fait pas l'unanimité. Et pourtant, cette DS4 a été élue "plus belle voiture de l'année", mais au mag', on est tous plus ou moins sceptique sur les titres ronflants, à commencer par la "voiture de l'année" dont on peut se demander les réelles motivations. Bref, loin d'être une laideur, la DS4 casse le regard. Probablement un effet de ses faces latérales, car poupe et proue sont savamment élaborées. Faux SUV ou semi coupé, surchargée à souhait par des artifices de carrosserie dont on se passerait volontiers, notre DS4 ne nous a pas convaincus et c'était bien avant d'avoir ouvert cette horrible portière arrière...et son odieuse et dangereuse découpe.
ESPACE INTERIEUR
Une fois encore, comme pour la DS3, on se demande pourquoi Citroën n'a pas jugé utile de créer une planche de bord spécifique au lieu de reprendre celle de la C4 au demeurant fort intuitive et bien conçue. Il n'empêche que le luxe et le raffinement que les chevrons veulent insuffler sur sa ligne DS4 passe aussi par des éléments novateurs. Pour le reste, il n'y a vraiment rien à redire et la qualité de finition et d'assemblage est au top. Pour le coup, on se situe une fois encore au niveau des fabrications d'outre-Rhin, championnes référentes en la matière, avec une touche d'exotisme et de fantaisie absente chez les Teutons. Les sièges accueillent les passagers avec un confort et un maintien parfaits, les instruments sont idéalement situés et l'aménagement de l'habitacle a été réalisé avec beaucoup de soin et de goût. Cette variante So Chic un poil plus prolo que la Sport Chic est un bon compromis et offre des prestations fort honorables pour un tarif moindre. Tout est cependant très relatif...
ASPECT TECHNIQUE
Les mécaniques HDi du Groupe PSA se situent parmi les meilleures de la production mondiale et le 4 cylindres 2 litres de 160 ch qui trône sous le capot de notre DS4 magnifiquement secondé par une boîte méca à 6 rapports ne s'en laisse pas conter. Performances de tout premier plan, consommations bien maîtrisées avec une moyenne normalisée à 5.1 litres pour 134 g de CO², rien à redire sur ce sujet. Il faut dire que ce moteur officie aussi sur la C5, inutile de dire qu'il est à son affaire dans la DS4... Un filtre à particules complète la panoplie. Pour la DS4, les trains qui proviennent de la C4, ont été optimisés tandis que la plate-forme a, elle aussi, été empruntée à cette même C4. Pour typer différemment sa direction électro-hydraulique, la DS4 bénéficie d'un calibrage particulier de son assistance. Côté freinage, on a redimensionné les différents organes pour satisfaire les plus exigeants.
SUR LA ROUTE
Et c'est vrai que les ingénieurs ont bien travaillé pour obtenir un comportement de la DS4 au dessus de tout soupçon. La voiture est très sûre, toujours très saine, son châssis incisif lui permet de tenir son cap en toutes circonstances et l'on ressent à son bord un plaisir de conduite réel. La tenue de route est surprenante, pas de roulis particulier malgré la hauteur de caisse relativement importante, on se surprend même à enchainer quelques virages avec beaucoup d'optimisme. Une fois de plus, n'en déplaise à certains puristes adeptes des motorisations essence, mais pour avoir tester les 2 variantes, ma préférence va vers la version HDi dont le couple nettement supérieur (340 Nm contre 275 pour la 200 THP au régime quasi similaire) apporte un dynamisme et des performances nettement supérieures pour une consommation moins coûteuse. Au fond, la vitesse maxi, aujourd'hui, tout le monde s'en fiche éperdument... Je sens que je vais me faire des potes sur ce coup là... Autre bonne surprise de la DS4, son confort de suspension. Bien calés dans nos sièges, nous ne ressentons aucune agression particulière et dans ce domaine comme dans bien d'autres, on mesure le chemin parcouru par Citroën pour offrir à sa clientèle, des modèles dignes des meilleures du moment. Efficace, le freinage? Certes, attention aux effets de l'assistance, un brin surdosée... A l'usage, la DS4 se révèle être une compagne agréable... de l'intérieur. Dommage pour les vitres désespérément fixes à l'arrière! Là, c'est un vrai flop que Citroën doit reprendre sans délai... Inconcevable et pourtant, Citroën le fait! Tout comme cette découpe de portière pointue que l'on a envie de tronçonner...
CONCLUSION
C'est vrai qu'on attendait mieux de la DS4. Probablement par ce que sa petite soeur C4, plus sobre, avait déjà placé la barre très haut. Mais, si l'on jette un coup d'oeil dans le rétro des chevrons, on s'aperçoit, que les désastres de la production Citroën ont souvent été provoqués par des modèles trop décalés par rapport aux marchés du moment. Je pense à la GS, à la XM ou plus près de nous, à la C6. Avec les nouvelles C3, C4 et C5, Citroën avait retrouvé le chemin du succès et du profit au point de venir titiller le lion. A trop vouloir se démarquer et flirter avec ses anciens démons du design, Citroën prend le risque de se marginaliser à nouveau. Ce serait dommage, d'autant que la DS4 est un bon produit, mais peut-être pas suffisamment bon pour s'enorgueillir de la griffe DS.
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