Chevrolet Orlando 2.0 VCDi 130 LT+…
… au masculin plus qu'au féminin
Chevrolet, marque américaine que l'on ne présente plus et aujourd'hui division de General Motors, s'est spécialement distinguée avec la Corvette dont la septième génération est prochainement annoncée. Souvent utilisées dans les films américains, les Chevrolet font maintenant partie du paysage européen. Si la Spark connaît un réel succès, voici maintenant l'Orlando sur un tout autre segment, celui du crossover monospace familial 7 places….
Quelques généralités
Deux jours pour l'essayer, génial…. Je vais pouvoir le tester aussi bien sur voies rapides que sur les petites routes de campagne abimées par un hiver neigeux et glacé, routes étroites et ornières faisant partie du quotidien de ceux qui habitent en lointaine périphérie. Et dans la ville aussi où les places de parking ne sont pas si nombreuses… comment va-t-il se comporter ce faux SUV à l'allure quelque peu lourdingue, surtout vu de devant…. Car on ne peut le nier, de face, Chevrolet n'a pas fait dans la finesse, mais plutôt dans le genre " pousse toi d'là que j'm'y mette !! ". Comparé à la finesse du nez de mon Sharan… ça change de look… mais il faut reconnaitre un côté quelque peu sécurisant de savoir qu'à l'avant, c'est du costaud ! La calandre en deux parties badgée du nœud papillon nous rappelle que Chevrolet fait du Chevrolet.
Le tour du proprio
L'allure générale de l'Orlando n'est pas sans rappeler les jouets de notre enfance ou de nos enfants, ces petites voitures un peu carrées, un peu cubiques en plastique qui résistaient à tout. L'Orlando adopte une ligne de pavillon basse et fluide, fuyante même, mise en valeur par des arches de roues bien marquées renfermant des jantes 16'' pour notre modèle. Les surfaces vitrées donnent un dynamisme à l'ensemble. Les rétroviseurs sont étonnants. De taille inhabituelle, on les trouve un peu mastoc, esthétiquement. A l'usage, il s'avère qu'ils sont très pratiques et très agréables. A la réflexion, ils vont bien avec l'esprit général de la bête. Les feux sont aussi, à l'avant ou à l'arrière plutôt carrés. Pas de lignes fuyantes, juste un peu à l'avant, histoire de donner du dynamisme. A l'arrière, ils sont massifs, comme pour toute bonne voiture américaine…. La lunette arrière n'offre pas une très grande visibilité... il paraît que c'est pour la sécurité… je ne comprends pas bien. En tout cas, avec ses 4,65 mètres de long sur 1,63 de haut, l'Orlando a tout d'un crossover compact, moins haut qu'un Renault Espace ou un Volkswagen Sharan, et de longueur quasi identique.
Espace intérieur
Et malgré les 9 cm de moins en largeur que l'Espace de Renault, le volume intérieur de l'Orlando est tout à fait remarquable. Dès qu'on ouvre la porte, c'est une réelle bonne surprise…. Clarté, luminosité malgré des fenêtres plutôt étroites, espace, tout est là pour être agréablement surpris. Des fauteuils tout confort à l'avant en tissu anthracite, un habitacle bien fourni en rangements, une planche de bord équilibrée avec console centrale laquée, volant cuir, rétro éclairage bleu glacier pour l'instrumentation…chouette, la planche de bord un système de navigation bien placé, et une petite cache magique quand on bascule la façade de l'autoradio… chuuut, ne pas le dire à tout le monde ! Et c'est à l'arrière que la surprise est encore plus grande. Car oui, l'Orlando est un monospace Canada Dry de 7 places, 7 vraies places, 3 en 2ème ligne de dimensions très agréables, une banquette qui se rabat 2/3 - 1/3 et dont la bascule se fait aisément, et en 3ème ligne, l'Orlando offre la possibilité de deux sièges escamotables, faciles à faire disparaître ou à reprendre, et qui sont deux réelles places, même pour des adultes. Seul bémol, un manque de visibilité très net quand tout ce beau monde est à son poste et sachez tout de même que pour un long trajet, la place pour les jambes n'est pas idéale. Je parle ici des places du fond. Si vous utilisez les 7 places, plus de coffre comme c'est le cas sur la plupart des concurrents. Juste quelques sacs mous pourront trouver leur place, et encore. En version 5 places par contre, pas de problème, filles et garçons pourront emmener l'ensemble de leur garde-robe, 454 litres sont disponibles sous la ligne de vitrage. Et une fois les dossiers des deux rangs rabattus, vous bénéficierez de 852 litres. Presque un utilitaire….
Sur la route
Quand on s'assied dans le fauteuil en position conduite, on est de suite très à l'aise. Un coup d'œil dans le rétro et on s'aperçoit que la visibilité arrière est moyenne. Par contre, la taille des rétros extérieurs permet une vision très large. Ceci compense cela. Dès que l'on prend une route un peu cahoteuse, on peut reprocher à l'Orlando les amortisseurs un peu rudes. Manque de souplesse sur les routes abîmées et autres dos d'âne inondant nos routes qui traversent les villages. J'ai l'impression de me trouver dans une ancienne Golf " tape-cul ". Côté conduite, le moteur 2.0 VDCi de 130 chevaux tire facilement la 1,6 tonne de l'Orlando (poids à vide, donc facilement 1,8 tonne…) avec souplesse, finesse et aisance. Dans l'habitacle, le moteur n'est pas bruyant. La boite de 6 vitesses est un peu ferme, les vitesses, du moins les premières ne passent pas facilement. Soyons franc! La boîte méca n'est pas l'idéel de l'Orlando qui préfèrera la boîte auto plus appropriée et surtout mieux adaptée. Une fois lancé, l'Orlando permet des accélérations vives et des rétrogradations en douceur ou plus agressives si nécessaire. Vivacité rimant avec souplesse ici, un plaisir de conduite. Côté direction, là un peu trop de souplesse à mon goût mais une bonne précision. Malgré son gabarit, l'Orlando se faufile dans les moindres ruelles et se gare facilement. Il faut toutefois veiller à ne pas se laisser emporter. Notre véhicule d'essai avait tendance à tirer sur la droite, probablement quelques confrères passionnés d'escalade entre le Sacré Coeur et le Monument de la Victoire.... Le système de freinage m'a épaté. Souplesse dans la pédale et freinage efficace. J'ai aimé. Un plaisir de conduite, des accélérations étonnantes malgré son poids, cela n'est pas sans conséquence sur la consommation. Chevrolet annonce pour notre véhicule d'essai une consommation mixte de 6 litres…. Faux…. Et pourtant, sans faire de folies, on a tourné à plus de 8 litres… Presque 9 pour être franc... c'est trop ! Vraiment trop par les temps qui courent... Dommage!
Conclusion
Chevrolet annonce l'Orlando comme la fin d'un dilemme pour les pères de famille. Il est vrai que par son poids, ses dimensions, son look de crossover, son avant bien marqué, il a tout d'un véhicule pour hommes…. J'en convenais lors de mon premier jour d'essai… un peu rude dans les passages de vitesse, un peu abrupt dans les virages….. Mais on s'y fait facilement à ces grosses bêtes…. On s'y adapte aisément, et au bout de deux jours, je l'aurai bien adopté, ou alors… mais non, décidément, une telle consommation de carburant, ce n'est pas possible. Dommage….. car à l'achat, il est très intéressant. Maintenant, sans prime, trop, c'est définitivement trop…..
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