Chevrolet Cruze 2.0 VCDi 163 LTZ+ 5 portes...
… robe en hayon
Voilà, nous y sommes. Chevrolet, longtemps parent pauvre de la nébuleuse GM, tourne définitivement la page de l'ère Daewoo. Ouf! Cette fois, le constructeur américain reprend du poil de la bête et structure son catalogue européen avec une dose de courage, 2 doigts de savoir-faire et un zeste de marketing intelligent. De la petite Spark à la surprenante Camaro, de l'Aveo à l'explosive Corvette en passant par le Captiva, l'Orlando…, Chevrolet s'offre un des catalogues les plus éclectiques du moment. En berline compacte, la Cruze enfin équipée de son hayon, va pouvoir semer le trouble dans le microcosme automobile.
QUELQUES GENERALITES
Le vieux continent que nous sommes est adepte de cette 5ème porte qui offre une polyvalence et un aspect utile apprécié à une clientèle dont le premier souci est d'emmener la petite famille au complet en RTT, après le bureau, l'école, la gym et le yoga, sans oublier les bagages et belle maman, quoiqu'au fond, belle maman, bien réfléchi… Soucieux de devenir un acteur majeur dans le paysage automobile européen, Chevrolet nous offre depuis peu une variante à hayon de sa Cruze qui devrait relancer la carrière de cette familiale aux multiples facettes.
LE TOUR DU PROPRIO
La gageure, sur ce genre d'exercice, est de ne pas coller un vulgaire sac à dos à la version 4 portes existantes. Et dans le cas de la Cruze, force est de constater que les stylistes ont bien négocié ce délicat virage. Tout en conservant l'esprit général, ainsi que la plate-forme et les ¾ avant, la nouvelle Cruze 5 portes affiche une allure plus fluide, plus stylée, mieux structurée. Outre le fait que le hayon est toujours plus pratique à l'usage qu'une malle souvent inaccessible et profonde, cette Cruze est beaucoup plus jolie que sa frangine 4 portes. Bien sûr, Chevrolet insiste et signe son identité visuelle en conservant une calandre à double étage que l'on aurait préférée plus discrète et plus fine, à l'image de la nouvelle Aveo, mais disons que globalement, cette Cruze a de quoi séduire.
ESPACE INTERIEUR
Pénétrer dans une Cruze, c'est entrer dans un univers connu. Un grand volant multi tout bien que l'on retrouve sur toute la gamme ou presque, une planche de bord clinquante, pas toujours parfaitement assemblée, avec des matériaux encore trop bas de gamme, du mobilier peu convaincant, une présentation superficielle, nous sommes bien dans une Chevrolet. Pourtant, on sent bien qu'une tendance a été engagée par le constructeur pour doter ses véhicules d'un engagement qualitatif réel. Sur cette finition LTZ+ par exemple, le tout cuir se retrouve sur l'habillage de la planche de bord et on note çà et là, un net progrès par rapport aux productions passées. Tout compte fait, on apprécie les sièges qui accueillent les passagers avec un certain savoir-vivre, mais on regrette que le dessin du pavillon interdise aux grandes tailles d'honorer les places arrière. Un point fort dans ce bilan intérieur: la capacité du coffre allant de 413 à 883 dm3, suffisant pour l'usage du quotidien.
ASPECT TECHNIQUE
Avec son moteur turbo diesel 2 litres développant 163 ch pour un couple de 360 Nm dès 1750 tr, notre Cruze offre des prestations routières plus que satisfaisantes et force est de constater que la boîte manuelle 6 relaie bien la puissance que distille le groupe. Un ensemble bien pensé qui ne pose aucun problème particulier à l'usage. Comme c'est trop souvent le cas sur les productions actuelles toujours en quête de satisfaire les impératifs imposés par la législation malus, les ingénieurs jouent aux apprentis sorciers. Des premiers rapports courts et dynamiques, puis une suite de rapports hyperlongs avec entre les deux, des niveaux 3 et 4 sans intérêt. Autre aspect technique de la Cruze: le châssis que l'on aurait aimé plus incisif et plus précis.
SUR LA ROUTE
Ce qui surprend le plus au volant de cette Cruze, ce n'est pas le freinage qui est tout à fait dans les normes usuelles, encore moins la direction bien assistée qui se révèle précise et douce en toutes circonstances, encore moins le confort de suspension qui nous a agréablement convaincu et au-delà de nos attentes, mais la précision du châssis et surtout l'envie du train avant de jouer les rebelles quand on sollicite la voiture. Est-ce parce qu'on arpentait des routes sinueuses, est-ce le poids du groupe diesel qui plombait ce train avant, toujours est-il qu'il est utile de faire appel à l'électronique embarquée pour corriger certains écarts intempestifs. Rien de rédhibitoire en vérité, mais suffisamment fréquent pour être ici souligné. Pour le reste du parcours, on saluera une fois de plus les énormes progrès de Chevrolet dans de nombreux domaines.
CONCLUSION
Quand on fait le bilan de cette escapade au volant de notre Cruze 5 portes animée de son 2 litres diesel de 163 ch, quand on mesure la consommation de moins de 6 litres en mixte, quand on jette un œil averti sur les grilles tarifaires et quand on prend en compte les performances et les prestations offertes par cette voiture, on se dit que Chevrolet ne va pas tarder à s'afficher comme un sérieux concurrent de certains segments bien en vue. Bien sûr, les assemblages, les finitions, le châssis n'ont pas encore atteint les meilleurs niveaux de la production actuelle, certes, mais telle qu'elle est, avec ses lignes européanisées et modernes, son équipement, son prix, la Cruze devrait s'inviter lors de nombreuses négociations ouvertes. A l'heure de son centenaire, le réseau Chevrolet a désormais tout ce qu'il faut pour représenter dignement ce constructeur revenu de loin.
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