Pour faire court, disons que même dans les salons parisiens les plus huppés, on dit bonjour, s'il vous plait et merci au PDG de Total. Point.
Pour montrer une certaine déférence au Président et jouer le Grand Seigneur qu'il n'est pas, Big Moustache s'est fendu, pendant quelques semaines, de quelques centimes à la vente de chacun de ses litres de carburant. Juste quelques semaines... Faut pas pousser! On ne fait pas 10 milliards de bénéfices sans stratégie opportuniste. Du coup, ce matin, c'était la revanche, le coup de grâce, la montée au filet...
Participant allègrement au yoyo ascensionnel du coût des carburants à la pompe, Big Moustache menace et interpelle. Si l'on n'augmente pas le litre de quelques petits centimes, Total va disparaître... Enfin, j'exagère, je sais, mais c'est l'esprit de la lettre qui est important, pas le contenu du baril.
Alors, à l'Elysée, puis à Matignon, (à moins que ce ne soit l'inverse!), ça gesticule, ça conciliabule, ça vocifère... Va falloir calmer l'opinion... celle de la rue, des estivants, des vacanciers, des quelques-uns qui bossent, celle qui va voter dans quelques mois...
Big Moustache sait qu'il roule sur du velours. Les écologistes ont nettoyé, sans le savoir, le chemin de Total. En condamnant l'énergie fossile dont on sait malgré les dires, qu'elle peut encore officier pendant quelques lustres, en mettant au pilori les pôles nucléaires jugés dangereux, les écologistes ont inconsciemment facilité la tâche de géants pétroliers comme Total dont la 1ère capacité est celle de s'adapter aux exigences du moment tout en privilégiant les actionnaires qui la protègent. Plus de gaz, plus de pétrole, plus de nucléaire, et au moment opportun, choisi par eux-mêmes et eux seuls, ils dégaineront leurs trouvailles dans le vent, l'air, le feu, l'eau, mais ils gagneront toujours et encore parce qu'ils en ont les moyens et qu'ils ont savamment oeuvré pour devenir incontournables.