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édito
7 Décembre 2011

Bande de coyotes !


par Alain INIAL



Bande de coyotes !
Voilà le cadeau de Noël avant l'heure, cadeau, vous l'aurez compris, qu'une fois de plus l'automobiliste fait aux finances de l'Etat, l'interdiction du boîtier avertisseur de radar ou plutôt son changement d'appellation. Car l'affaire est en fait plus compliquée qu'on ne peut le penser. Les chiffres sont ce qu'ils sont mais ils reflètent une situation à un instant précis de notre vie. Malheureusement on peut les interpréter de différentes façons et le rendre aussi précieux que menteurs. Ils sont la cible de toutes les pirouettes et le support idéal de tous les abus. Et c'est au nom de ces chiffres que des décisions sont prises sans état d'âme et dans des buts beaucoup moins avouables.

Alors que le nombre de tués sur les routes ne cesse de baisser de façon régulière depuis une dizaine d'années (il y eut même un « moins 20,9% en 2003 »), alors que le comportement routier s'est, en grande majorité, amélioré, les usagers ont clairement levé le pied, il a suffi d'une légère augmentation sur les quatre premiers mois de l'année pour que le gouvernement, bardé d'une kyrielle de conseillers ravis de voir la route enfin ouverte, s'engouffre, sirènes hurlantes sur le très fréquenté et très juteux boulevard de la répression. Pas d'analyse à froid, pas de concertation mais vite un nouveau texte confirmant la suppression des panneaux avertisseurs de radars. Une opération chiffrée à 4M€ mais c'est une babiole en face de ce que cela devait rapporter, les panneaux indélicats étant jugés responsables de délester le Trésor Public de quelques wagons d'argent frais.

Haro sur le texte de la part des élus (de tous bords), recul de Guéant et même si Fillon semble y tenir, le démontage des panneaux est déprogrammé. On leur substituera de très coûteux radars pédagogiques auxquels on ajoutera la mise « hors-la-loi » des avertisseurs de pièges assez répandus chez les gros rouleurs surexposés aux flashs des petites cabines. Las, le gouvernement n'avait pas vu l'ornière. Il ne s'attaquait plus à l'automobiliste « vache-à-lait » mais aux grandes sociétés fabricantes de ces avertisseurs et là, ça n'est plus du tout le même combat !.

Nouvelle marche arrière entre deux rangées d'oeufs de nos dirigeants plus vifs à augmenter les taxes qu'à s'attaquer aux industriels. Désormais, les petits boîtiers qui ne finiront donc pas à la poubelle n'auront plus le droit de nous signaler des zones de radars mais bien des zones dangereuses à la conduite, un détail qui est entré en vigueur cette semaine avec la parution du texte au journal officiel.

Ce qui prête à sourire dans cette histoire c'est l'appellation du petit boîtier (avertisseur de zones dangereuses et assistant d'aide à la conduite) car la plupart des cabines-flash sont implantées dans des lignes droites ou des zones de réduction de la vitesse (genre 50 ou 70 km/h) autrement dit dans des zones où rien ne peut nous arriver sauf, bien entendu de recevoir une photo que l'Etat nous envoie gracieusement (accompagnée du PV et du retrait de points). Autre détail de l'histoire, « n'oubliez pas de changer votre ancien méchant boîtier pour un gentil tout neuf » ! car, en cas d'utilisation de l'ancien, il pourrait vous en coûter jusqu'à 3750€. Eh oui ! Il faut bien financer les radars. Quelle merveilleuse invention que cette voiture. A Bercy , on doit prier tous les matins pour que les transports en commun ne prennent pas le dessus.

Quid des nouveaux boîtiers

Les nouveaux avertisseurs ne signalent plus les radars mais des « zones » dangereuses qui s'étendent sur 300 m. en ville, 2 km hors agglomération et 4 km sur réseau autoroutier. Ces zones sont établies à partir des données accidentogènes fournies par les services de l'état, ou des signalements des utilisateurs. Les dangers peuvent être un obstacle au trafic, un passage dangereux, une forte pente mais rien n'empêche les utilisateurs de signaler un … radar ! La nature du danger n'étant pas signalée, il conviendra donc de redoubler de vigilance.

Quant aux sanctions en cas d'utilisation de l'ancien boîtier elles ne seront officiellement connues que ce mois-ci. Utiliser l'ancien reviendrait à utiliser un 'avertisseur de radar » et ça, c'est puni ! La sanction serait alors de 3750€ , un retrait de 6 points (la moitié du permis de conduire) et la confiscation de l'appareil. Les fabricants proposent donc des mises en conformité des appareils anciens s'ils sont agréés par le ministère mais ils espèrent plutôt que les usagers profiteront de l'occasion et de la fin de l'année pour changer pour un nouveau boîtier, après tout ce peut-être un joli cadeau de noël.

Au ministère de l'intérieur comme à celui des finances on vous souhaite également de bonnes fêtes de fin d'année ...



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