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4L generation….
… 50 ans de bonheur !
C’est en Octobre 1961 que sortirent des chaines de fabrication de l’île Seguin les premières Renault 4 prenant la place de la 4 CV dans les lignes de montage de Billancourt. Bientôt 50 ans… déjà 50 ans…. Et bien oui, ça se fête un tel anniversaire, et dignement, car quand on peut s’enorgueillir d’être la troisième voiture la plus commercialisée au monde avec 8 135 000 exemplaires, d’avoir été fabriquée et assemblée dans 27 pays et d’être présente dans quasi le monde entier, on peut se permettre de faire la fête.
Et Renault ne se prive pas, avec un dossier de presse archi complet adressé à la veille de 2011. Un vrai cadeau de Noël qui nous en apprend beaucoup. Et pourtant, on la connait la Renault 4, ou plutôt la 4 L (L comme version Luxe dont le nom est passé à la postérité). Dans ma génération, et dans d’autres, tout le monde est monté au moins une fois et surement plus dans cette petite voiture, grande et généreuse pour l’époque, de couleurs tristounettes au début à des coloris plus hardis ensuite, blanche, rouge, jaune, grise, bleu ciel, il y en a eu des couleurs franches et vives qui égayaient les rues des villes.
L’époque était belle, en pleine trente glorieuses, le plein emploi, l’émancipation des femmes, les jeunes qui voyagent de par le monde… les femmes prennent enfin le volant, les gens de la campagne s’installent dans les banlieues à peine éloignées des villes… la 4 L est pratique, super pratique même, économe, vaste, polyvalente… oui, c’est surtout cela sa fonction principale, la polyvalence… On peut tout faire avec cette voiture. Grace à son plancher plat, sa carrosserie à deux volumes – un pour le moteur et un pour l’ensemble habitacle-coffre – son poids léger, et sa traction avant, pour la première fois de série chez Renault, elle peut rouler partout, faire voyager la famille, déménager les copains, traverser le désert, tenir sur la neige…. Toute cette ouverture au monde des années 60-70-80… les années hippies, les années yéyé… oh là… nostalgie, quand tu nous tiens….
Un vrai conte de fée donc cette 4L pour Renault et son tout nouveau patron Pierre Dreyfus qui lance le projet nommé « projet 112 » en 1956 et qui sera surnommé en interne « 350 » en référence à son prix qui ne devait pas dépasser 350 000 (anciens) Francs… (soit moins de 550 de nos chers euros… rêvons encore…). Pierre Dreyfus n’avait qu’une idée en tête, élaborer une voiture « blue-jean », polyvalente, économique, mondiale et adaptée à l’évolution de la société. Pari réussi, rêve réalisé. Promue par Sheila au début des années 60, véritable outil de travail pour les artisans grâce à la version fourgonnette, outil de travail également pour la gendarmerie qui la commande en bleu sombre, baba-cool et insouciante pour la jeunesse curieuse qui la décore « peace and love », c’est une petite qui a tout d’une grande.
On a connu différentes versions de la R4. La plus simple sortie en 1961 avec une version luxe (R4L) et la fourgonnette dans la foulée. L’année suivante, apparait la R4 Super (super confort) puis la R4L Super et « la Parisienne » lancée en partenariat avec le magazine « ELLE ». Vinrent ensuite la Plein Air dédiée aux loisirs, la Rodéo, la Safari très exclusive pour la jeunesse, la R4 GTL, puis des séries limitées comme la Sixties colorée, la Savane, la Clan. En 1988, arrêt de la commercialisation de la fourgonnette en France, puis lancement de la « Carte Jeune » en 1991dans des coloris très gais donc le public ciblé est évidemment la jeunesse. C’est le renforcement des normes anti-pollution qui obligera l’arrêt de production de la 4L en 1992 avec une dernière série limitée la « Bye Bye », basée sur le modèle Clan dont les 1000 derniers modèles sortis seront dotés d’une plaque numérotée de 1000 à 1.
Grande par son universalité également la 4L. Fabriquée ou assemblée dans 27 pays du monde, elle a permis à des pays en voie de développement de faire tourner leurs usines, à des pays pauvres de pouvoir acquérir une voiture pour un prix modique. Je ne citerai pas tous les pays qui ont vu passer dans leurs usines la 4L, mais je citerai quand même outre les pays européens, les pays du Maghreb, le Ghana, le Zaïre, l’Angola, tous les pays d’Amérique du sud et centrale hormis le Brésil, puis encore Ceylan les Philippines et l’Australie…. La mondialisation était en marche, même si ce mot n’existait pas encore et que les taxations pesaient un sacré poids. Fabriquée et montée dans 27 pays, bravo ! Commercialisée dans une bonne centaine de pays…. Chapeau. Seule l’Asie n’a pas mordu dans le gâteau. Dans ces pays où les deux et trois roues sont les rois de la route et où la concurrence locale est très forte, pas facile de s’implanter…
La notoriété de la R4 ne s’affiche pas seulement dans les rues des villes. Elle s’affiche également dans différents raids, rallyes, cross et autres compétitions sportives. Ainsi, on a pu la voir à Monte Carlo et au Tour de Corse, dans les déserts africains avec les frères Mareau, au Paris-Dakar toujours avec les frères Mareau qui devinrent des héros avec leur 3ème place en 1980, dans ce rallye où les amateurs pouvaient battre les pros ! Sans oublier qu’en 1965, 4 femmes partirent à l’assaut du grand continent américain, d’Ushuaïa à Anchorage, 40 000 kilomètres en 4 mois et demi avec 2 véhicules… la réputation de la Renault 4 fut démontrée : robustesse et agilité, adaptation à tout type de terrain… bravo les filles ! Aujourd’hui, c’est le 4L Trophy, épreuve baroudeuse et humanitaire qui prouve encore et toujours que la 4L n’est pas finie... loin de là. 6000 kilomètres de Paris au Sud Marocain avec des voitures datant d’avant 1992…. Magique.
Bref, la réputation de cette voiture mythique n’est plus à faire. Non, en fait je ne dirai pas mythique, mais plutôt passe partout, célèbre pour son originalité, sa fantaisie, sa faculté d’adaptation, sa polyvalence. On l’a connu dans les films, elle a été décorée aux plus grands noms des entreprises françaises, on la voit encore tous les jours annoncer la météo sur une de nos grandes chaines. Des pompiers aux gendarmes en passant par la Poste, Edf, voiture de police en Yougoslavie, ambulance au Mexique, assistance routière en Allemagne, taxi en Colombie, livraison de courrier au Danemark, on la croise encore tous les jours… d’ailleurs, mon voisin d’en face en possède une… un brave paysan d’un certain âge qui sort une fois par semaine sa 4L nickel chrome du garage pour aller faire les courses… 20 ans et 40 000 kilomètres au compteur ! Il a raison de la mettre sous clé… on ne sait jamais !
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